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Le Conseil des droits de l’homme marque la Journée internationale des femmes et achève son débat général sur les rapports du Haut-Commissaire et du Haut-Commissariat

Compte rendu de séance

En ce 8 mars, « la Journée internationale des femmes nous rappelle les dynamiques de pouvoir patriarcales, anciennes et nouvelles, qui empêchent notre monde de réaliser les droits de toutes les femmes et de toutes les filles et de réaliser le plein potentiel de l'humanité », a déclaré ce matin M. Volker Türk devant le Conseil des droits de l’homme. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme a en outre mis en garde contre le fait que « si les femmes et les filles n’ont pas accès, dans des conditions d’égalité, à l'éducation, à l'emploi, à la prise de décision et à la vie publique, alors toute l'économie du pays et toute la société sont paralysées ».

Le Haut-Commissaire a réfuté l’idée que l'égalité des femmes puisse détruire l'institution du mariage, la famille ou la religion, comme certains le prétendent : « au contraire, elle enrichit tous les aspects de la culture et de la société », a-t-il souligné. M. Türk a rendu hommage à la lutte pour les droits humains menée par des générations de femmes et de jeunes filles.

Toujours à l’occasion de la célébration de cette Journée internationale des femmes, le Mexique, au nom d’un groupe de pays, a notamment recommandé aux États de s’attaquer aux formes croisées et multiples de discrimination, ainsi que de dégager des moyens adéquats pour permettre aux femmes d’exercer leurs droits dans le domaine procréatif et sexuel.

Quant au Center for Reproductive Rights, au nom de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), il a indiqué soutenir « la lutte des femmes transgenres, des femmes handicapées, des femmes noires, des femmes de couleur, des femmes autochtones, des femmes migrantes et des réfugiées, et de toutes les personnes qui sont marginalisées par des systèmes de discrimination et d'oppression ».

De nombreuses délégations** ont ensuite pris la parole dans le cadre du débat général, entamé hier, autour des rapports et de la mise à jour présentés hier par le Haut-Commissaire. Les pays suivants ont en outre exercé leur droit de réponse au sujet de déclarations faites dans le cadre de ce débat général : Soudan du Sud, Inde, Bélarus, Azerbaïdjan, Cuba, Égypte, Maroc, Arménie, Venezuela, Fédération de Russie et Chine.

 

Poursuivant ses travaux cet après-midi, à 15 heures, le Conseil engagera notamment son dialogue avec la Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants.

 

Célébration de la Journée internationale des femmes

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, ce 8 mars, M. VOLKER TÜRK, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a rappelé devant le Conseil que l'égalité des femmes était le fondement de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui s'ouvre sur cette simple affirmation : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Et pourtant, a relevé le Haut-Commissaire, « faire respecter cette égalité qui semble aller de soi est un défi apparemment sans fin ». La Journée internationale des femmes, a ajouté le Haut-Commissaire, « nous rappelle les dynamiques de pouvoir patriarcales, anciennes et nouvelles, qui empêchent notre monde de réaliser les droits de toutes les femmes et de toutes les filles et de réaliser le plein potentiel de l'humanité ».

L'égalité des femmes est essentielle pour la justice, pour le développement et pour la paix, a poursuivi M. Türk. Si les femmes et les filles n’ont pas accès, dans des conditions d’égalité, à l'éducation, à l'emploi, à la prise de décision et à la vie publique, alors toute l'économie du pays et toute la société sont paralysées, la violence et l'instabilité progressent. « Les sociétés qui oppriment les femmes sont sous-développées et davantage exposées aux conflits et au chaos, et cette corrélation n'est pas une coïncidence », a affirmé le Haut-Commissaire : « aucune société ne peut en effet prospérer si elle retient la moitié de sa population et étouffe la moitié de ses talents ». Les femmes et les jeunes filles sont des agents actifs et puissants du changement, et la pleine réalisation de leurs droits profite à tous, a insisté M. Türk.

Le Haut-Commissaire a mis en garde contre les efforts visant à faire reculer les droits des femmes dans toutes les régions, efforts soutenus par des discours autoritaires ou patriarcaux qui normalisent la misogynie et affirment que les femmes et les jeunes filles doivent être essentiellement cantonnées aux soins, à la reproduction et à la famille. Le Haut-Commissariat observe, au quotidien, de nombreux efforts déployés pour contrôler la sexualité des femmes en restreignant, voire en criminalisant, les droits sexuels et génésiques, en particulier l'accès à une interruption de grossesse sûre et légale, a souligné M. Türk.

Dans le même temps, les technologies numériques sont devenues des vecteurs d'abus particulièrement vicieux et haineux à l'encontre des femmes et des filles : « l'espace numérique n'a pas encore connu la révolution féministe dont il a impérativement besoin », a regretté M. Türk.

Le Haut-Commissaire a réfuté l’idée que l'égalité des femmes puisse détruire l'institution du mariage, la famille ou la religion, comme certains le prétendent : « au contraire, elle enrichit tous les aspects de la culture et de la société », a-t-il souligné.

Le Mexique (au nom également de la Finlande et de soixante-trois autres pays) a déclaré que le moment était venu de voir ce qui a été fait pour que les femmes et les filles puissent exercer véritablement leurs droits humains. La Déclaration universelle des droits de l’homme établit clairement que chacun a le droit à l’éducation, à une rémunération égale pour un travail de même valeur, à la liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de conscience et de religion, entre autres. Or, soixante-quinze ans après l’adoption de cette Déclaration, les droits des femmes sont encore contestés : il reste donc à montrer pourquoi l’exercice des droits des femmes et des filles est une conditions sine qua non de la paix durable et du développement.

Ni les situations de crise et d’urgence sanitaire, ni les conflits ne devraient aggraver la violence et la discrimination sexistes. Les États doivent maintenant redoubler d’efforts pour respecter leurs obligations dans le domaine des droits humains : ils doivent commencer par transformer leurs structures et leurs cadres politiques et juridiques, investir dans des systèmes qui valorisent les activités de soins et redistribuer les tâches dans ce domaine afin que les femmes et les filles puissent exercer pleinement leurs droits.

Il faut, de plus, s’attaquer aux formes croisées et multiples de discrimination ; s’attaquer au fossé numérique entre les genres et faciliter l’accès des femmes et des filles aux nouvelles technologies ; et dégager des moyens adéquats pour leur permettre d’exercer leurs droits dans le domaine procréatif et sexuel. Enfin, les États de doivent pas permettre que la discrimination, l’infox et la peur fassent reculer les droits des femmes et des filles, a souligné le Mexique.

Centre for Reproductive Rights (au nom de plusieurs autres organisations de la société civile) a rappelé pour sa part que la Journée internationale des femmes trouvait son origine dans la lutte des femmes pour leurs droits en tant que travailleuses et dans leur mobilisation pour garantir leur droit à l'autonomie corporelle et à vivre à l'abri de la violence et de la discrimination. Aujourd'hui, a souligné l’ONG, dans le monde entier, les féministes et les militants des droits de la femme marcheront, manifesteront et entameront une grève mondiale pour revendiquer leurs droits humains.

L’ONG a rendu hommage aux femmes défenseures des droits humains prises pour cible, diffamées et parfois tuées parce qu'elles sont des femmes et pour le travail qu'elles accomplissent. « Nous sommes solidaires des femmes et des filles qui, partout dans le monde, sont confrontées à la discrimination intersectionnelle. Nous partageons et soutenons la lutte des femmes transgenres, des femmes handicapées, des femmes noires, des femmes de couleur, des femmes autochtones, des femmes migrantes et des réfugiées, et de toutes les personnes qui sont marginalisées par des systèmes de discrimination et d'oppression, » a déclaré l’ONG. Elle a conclu son allocution par une mise en garde de Simone de Beauvoir : « Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante. »

Débat général au titre du rapport annuel du Haut-Commissaire et des rapports du Haut-Commissariat et du Secrétaire général

Poursuivant le débat général entamé hier, les intervenants de ce matin ont soulevé peu ou prou les mêmes sujets de préoccupation que ceux évoqués hier.

D’aucuns ont notamment dénoncé un déséquilibre dans le traitement de tous les droits de l’homme par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, qui mettrait davantage l’accent sur les droits civils et politiques au détriment des autres droits, en particulier économiques et sociaux, et ignorerait par ailleurs les effets des mesures coercitives unilatérales sur les droits de l’homme. A également été dénoncée une manipulation de la question des droits de l’homme à des fins politiques par un groupe d’États qui – a-t-il été affirmé – se prétend démocratique et recourt à la désinformation, au risque de polariser le Conseil et de voir s’écrouler le principe de la coopération internationale dans le domaine des droits de l’homme.

Des délégations ont voulu attirer l’attention du Conseil sur des situations d’occupation qui se poursuivent, avec des violations des droits de l'homme commises par les puissances occupantes. Ont également été évoquées un certain nombre de situations particulières, s’agissant notamment des exactions commises à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des opposants politiques dans plusieurs pays.

*Liste des intervenants : Türkiye, République arabe syrienne, Namibie, Bélarus, Lesotho, Yémen, Botswana, Nigéria, Azerbaïdjan, République démocratique populaire lao, Hongrie, République islamique d’Iran, Uruguay, Vanuatu, Burundi, Mauritanie, Liban, El Salvador, Arabie saoudite, Cambodge, Pérou, Danemark, Panama, Nicaragua, Defensoria de los pueblos de Colombia, WILPF, East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project, China NGO Network for Internal Exchanges, Human Rights Watch, United Nations Associations of China, Al-Salam for Peace and Human Rights Association, Il Cenacolo, Amnesty International, China Foundation for Peace and Development, International Fellowship for Reconciliation (IFOR), OIDHACO, Mouvement national des jeunes patriotes du Mali, Franciscan InternationalChinese Association for International understanding, Justice for Iran, Press Emblem Campaign, Africa Culture international, World Evangelical Alliance, Congrès juif mondial, Iraqi Development Organization, Center for Global Non-Killing, Fundación-Abba Colombia, Rights Livelihood, Human Rights information and Training Center, Commission colombienne des juristes, Asian Forum for Human Rights and Development, American Association of Jurists, Peace Truck Inititiative, Iuventum, Organisation internationale pour les pays les moins avancés, Comité pour la consultation mondiale,International Service for Human Rights, OCAPROCE, Advocates for Human Rights, Associazione Comunità Papa Giovanni XXIII, Congrès du monde islamique, Association pour le développement et l’autonomisation de la communauté tamoule, Organisation pour la paix et le développement international, Promotion du développement économique et social, Commission internationale des juristes, Al-Ahq Law in the service of Man, Peace Brigade international, Conscience and Peace Tax International , CIVICUS, Conectas Humanos, Association internationale des droits de femmes, International Youth and Student Movement, Association des étudiants tamouls de France, Association culturelle des Tamouls en France, Raisons d’agir pour le développement de la Mauritanie, Comité international pour le respect et l’application de la Charte africaine des droits de l’homme, Maloca internationale, Community rights and advcoates Center et International muslim women union.

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