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Guerre en Ukraine : l'ONU met en garde contre une escalade dangereuse et appelle à la reprise des négociations

Destruction causée par une attaque de missiles et de drones russes à Kiev le 14 mai.
ONU Ukraine
Destruction causée par une attaque de missiles et de drones russes à Kiev le 14 mai.
Le chef des droits de l’homme de l’ONU a mis en garde jeudi contre une nouvelle escalade des hostilités entre la Russie et l’Ukraine, alors que Moscou menace une nouvelle fois d’intensifier ses attaques. 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exhorté les deux parties à « reprendre les négociations et à mettre fin aux souffrances » des civils.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), une dangereuse escalade des hostilités a entraîné un nombre élevé de victimes civiles. 

Au cours des quatre premiers mois de 2026, le nombre de civils tués ou blessés en Ukraine a augmenté de plus de 20 % par rapport à la même période en 2025 (815 morts et 4 174 blessés en 2026, contre 682 morts et 3 453 blessés en 2025). La grande majorité des victimes se trouvait sur le territoire contrôlé par l’Ukraine.

24 civils tués à Kyïv les 13 et 14 mai

Lors de l’une des nombreuses attaques à grande échelle lancées par la Russie ces dernières semaines et ayant fait un nombre considérable de victimes civiles, un immeuble résidentiel de plusieurs étages à Kyïv a été touché les 13 et 14 mai dernier, tuant 24 civils et en blessant des dizaines d’autres. 

Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a également condamné les attaques menées par la Russie contre le personnel et le matériel humanitaires ces dernières semaines.

« Le droit international humanitaire exige que les parties à un conflit prennent toutes les précautions possibles pour éviter de causer des dommages aux civils - il ne s’agit pas simplement de suggestions ou de recommandations, mais d’obligations contraignantes engageant la responsabilité juridique des parties concernées », a déclaré le Haut-Commissaire Volker Türk.

Des morts parmi la population civile en Russie aussi

Lors d’une attaque de grande ampleur menée par les forces armées ukrainiennes, un complexe scolaire situé à Starobilsk, en territoire occupé, a été touché les 21 et 22 mai. Selon les autorités russes, 21 personnes ont été tuées et 44 autres blessées. 

Le HCDH a procédé à un examen approfondi des informations accessibles au public, qui indiquent que les établissements scolaires étaient en activité au moment de l’attaque et que des civils - dont beaucoup d’étudiants – ont été tués ou blessés. Parmi les personnes tuées, 18 étaient des femmes. 

« Et comme si tous ces chiffres sur les victimes n’étaient pas déjà suffisamment effrayants en eux-mêmes, à la suite de ces attaques, des responsables russes ont publiquement menacé d’intensifier les attaques dans toute la région de Kiev », a regretté le Haut-Commissaire.

Des attaques menées par les forces armées ukrainiennes ont également fait des morts et des blessés parmi la population civile en Russie même.

« J’appelle les autorités russes et ukrainiennes à mener des enquêtes rapides, indépendantes et efficaces et à traduire les responsables en justice », a conclu M. Türk.

Un bâtiment municipal en ruine à Zaporizhzhya, dans le sud-est de l'Ukraine.
© UNOCHA/Yurii Veres Un bâtiment municipal en ruine à Zaporizhzhya, dans le sud-est de l'Ukraine.

Inquiétudes autour de la sûreté nucléaire

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait part jeudi de nouvelles inquiétudes concernant la sûreté nucléaire en Ukraine après une panne de communication de près de 12 heures mercredi à la centrale nucléaire de Zaporijjia (ZNPP), la plus longue interruption de ce type depuis le début de la guerre.

Selon l’AIEA, la centrale a été privée de connexion internet et de lignes téléphoniques fixes, au moment où des attaques étaient signalées dans la ville d’Enerhodar, où résident la plupart des employés du site. Le Directeur général de l’agence, Rafael Grossi, a qualifié l’incident de « très préoccupant » pour la sûreté et la sécurité nucléaires.

L’AIEA a également indiqué qu’un incendie s’était déclaré le 22 mai dans une sous-station électrique après une attaque militaire, entraînant la déconnexion d’une ligne électrique liée à la centrale nucléaire du sud de l’Ukraine. Par ailleurs, 20 drones ont été détectés ces derniers jours dans la zone de surveillance du site de Tchernobyl.