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Une désescalade dans le détroit d'Ormuz est urgente, déclare le chef de l'ONU

Le détroit d'Ormuz relie le golfe Persique au golfe d'Oman.
© Unsplash
Le détroit d'Ormuz relie le golfe Persique au golfe d'Oman.
Alors que la crise dans le détroit d’Ormuz continue de s’aggraver et que l’impasse persiste entre l’Iran et les États-Unis, les prix du pétrole ont de nouveau grimpé lundi matin. Face au risque d’un embrasement régional et de répercussions économiques croissantes, notamment en Afrique, le Secrétaire général de l’ONU a appelé à une désescalade immédiate et à une résolution pacifique du conflit.

« Mon appel pressant est que les négociations se poursuivent jusqu’à ce qu’une solution diplomatique soit trouvée, que le cessez-le-feu soit maintenu et que, dans l’intervalle, le détroit d’Ormuz reste totalement ouvert… Toute reprise des combats aurait des conséquences terribles », a déclaré António Guterres.

S'exprimant à Nairobi en amont du sommet Africa Forward, le chef de l'ONU a insisté sur le fait que l'urgence au Moyen-Orient ne constituait pas une « crise lointaine », étant donné qu'environ 13 % des importations africaines — composées en grande partie de pétrole et d'engrais — transitent par cette voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au reste du monde.

« Il est absolument essentiel — et nous avons lancé un appel aux deux parties en ce sens — d'ouvrir totalement le détroit d'Ormuz, sans aucune restriction… [C'est] une nécessité impérieuse du point de vue des intérêts de la communauté internationale dans son ensemble », a-t-il affirmé aux journalistes présents dans la capitale kényane.

« C'est le seul moyen de ramener les prix de l'énergie et des engrais aux niveaux qui prévalaient avant la guerre ».

Un homme utilise une motocultrice verte dans un champ sec et labouré sous un ciel bleu. Cette image illustre l'assistance technique en matière d'agriculture durable fournie par le Fonds supplémentaire pour la nutrition du gouvernement norvégien par l'intermédiaire du FIDA.
© FIDA/Didor Sadulloev La flambée des prix du carburant et des engrais menace les rendements des cultures et les récoltes futures (photo d'archives).

La saison des semis

Le Kenya se trouve dans une position moins vulnérable car l'essentiel de sa saison des semis est déjà terminé ; toutefois, de nombreuses autres nations africaines attendent encore de recevoir les engrais et autres intrants agricoles produits dans la région du Golfe, a mis en garde M. Guterres.

À l'heure actuelle, le prix de l'urée — un engrais à forte teneur en azote figurant parmi les plus utilisés au monde — a bondi de plus de 35 % en l'espace d'un mois, et ce, en pleine saison des semis.

« Sans engrais, vous pouvez imaginer que nous risquons de faire face à un grave problème de sécurité alimentaire l'année prochaine », a-t-il expliqué.

Liban : une activité militaire toujours intense

Un immeuble d'appartements de plusieurs étages à Beyrouth, au Liban, sévèrement endommagé par des frappes aériennes, montrant des étages effondrés, des fenêtres brisées et de la fumée contre un ciel bleu.
© HCR/Houssam Hariri Un immeuble résidentiel à Beyrouth, au Liban, est partiellement détruit à la suite de frappes aériennes (photo d'archives).

Au Liban où s'affrontent Israël et le Hezbollah pro-iranien, la mission de paix de l’ONU, la FINUL, a continué d’enregistrer entre vendredi et lundi « une activité militaire intense dans l'ensemble de sa zone d'opérations » dans le sud du pays. 

Au cours de cette période, les Casques bleus ont observé plus de 1 296 trajectoires de projectiles attribuées à l’armée israélienne et 64 trajectoires de projectiles attribuées au Hezbollah, a précisé le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, Farhan Haq, lors d’un point de presse, lundi, à New York.

Des incidents impliquant des entraves à la liberté de mouvement des Casques bleus de la FINUL continuent de se produire quotidiennement, a-t-il ajouté, réitérant « la responsabilité de tous les acteurs de garantir à la FINUL une liberté de mouvement totale dans l'exercice des fonctions qui lui ont été confiées par son mandat ».

Détérioration de la situation humanitaire

De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) signale que la situation humanitaire continue de se détériorer, en dépit du cessez-le-feu annoncé le 17 avril.

Plus de 100 frappes ont été signalées au cours des seules dernières 24 heures, tandis que 87 personnes ont été tuées durant le week-end. Lundi, le ministère de la Santé publique a fait état de la mort de deux ambulanciers affiliés au Comité de santé islamique, et de plusieurs blessés, lors de frappes aériennes ciblant des sites liés au secteur de la santé dans les localités de Qalaway et Tibnin, dans le sud du Liban. Les ambulanciers intervenaient sur des incidents survenus antérieurement au moment où ils ont été tués.

« Les attaques contre le personnel humanitaire et médical sont inacceptables ; elles fragilisent davantage un système de santé déjà mis à rude épreuve, ainsi que l'accès des civils aux soins d'urgence », a dit M. Haq.

Au cours du week-end, de nouveaux ordres de déplacement ont également été émis pour plusieurs villes et villages du sud du Liban et de la région de Nabatieh. Cette situation a provoqué de nouveaux déplacements de population et exercé une pression supplémentaire sur les abris collectifs et les communautés d'accueil.