Aller au contenu principal

Discrimination raciale : un fléau enraciné, amplifié par les algorithmes et les discours politiques

Des gens participent à une manifestation contre le racisme.
© Unsplash/Jason Leung
Des gens participent à une manifestation contre le racisme.
Vingt-cinq ans après l’adoption du Programme d’action de Durban, l’ONU constate l’écart persistant entre les engagements internationaux et la réalité des victimes du racisme alors que l’amplification du phénomène par les algorithmes et les discours politiques, nourrissant une injustice toujours présente.

La discrimination raciale s’exprime aussi dans le silence de ceux qui traitent l’antiracisme comme un engagement rhétorique plutôt que comme une priorité gouvernementale, a déclaré la cheffe de la Section des droits civils, politiques, socio-économiques et culturels au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), à l’ouverture de la 117e session du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).

Or « la discrimination raciale est une injustice bien vivante, présente dans les salles d’audience et les salles de classe, dans les décisions d’embauche et les services hospitaliers, de plus en plus alimentée par des algorithmes qui trient les êtres humains et par des discours politiques qui en font des boucs émissaires », a déclaré Wan-Hea Lee.

« La race, première source de discrimination dans le monde »

Cet avertissement survient près d’un mois après la mise en garde du Secrétaire général de l’ONU lors de la séance commémorative de l’Assemblée générale organisée à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. 

« La discrimination raciale alimente bon nombre des problèmes auxquels nous sommes confrontés, notamment les inégalités économiques, sociales et politiques, les politiques et pratiques discriminatoires, ainsi que les conflits ouverts », avait déploré António Guterres.

En écho, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, avait affirmé que « la race reste le motif de discrimination le plus courant à l’échelle mondiale, causant une véritable souffrance à des millions de personnes ».

Ces derniers développements interviennent dans un climat de réduction budgétaire, mettant en jeu le fonctionnement du système des organes conventionnels dans son ensemble. 

Réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.
© OHCHR
Réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

Crise budgétaire persistante impactant sur les travaux des Comités

Le HCDH s’attend à nouveau à une année sous forte contrainte de ressources. À ce stade, les services du Haut-Commissaire Türk n’ont toujours pas de confirmation concernant une deuxième session du CERD.

Le Directeur de la Division des mécanismes relevant du Conseil des droits de l’homme a ainsi relevé que la situation financière difficile à laquelle l’ONU est confrontée ne devrait pas s’améliorer en 2026, ce qui affectera les travaux du Comité contre la torture. 

« Pour le moment, nous ne savons pas encore si les deuxièmes sessions prévues cette année pourront être organisées », a affirmé Mahamane Cissé-Gouro.

Plus largement, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a averti que, si la tendance à la diminution des ressources se poursuit, le système des organes conventionnels risque d’atteindre « un point de rupture ». Outre le fait de souligner la nécessité de combler les graves déficits de ressources, le HCDH a appelé les États membres, les organes conventionnels, les organisations de la société civile et les autres parties concernées à rechercher des solutions innovantes pour renforcer le système des organes conventionnels, notamment dans le cadre du processus « UN80 », afin de rendre ce système plus durable et plus efficace.

Dans le même temps, le Haut-Commissariat indique tout mettre en œuvre pour soutenir les organes des traités, notamment en soulignant, à chaque occasion, l’impact négatif direct que les contraintes budgétaires ont sur la protection des droits de l’homme sur le terrain.