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Cuba : des milliers d’interventions chirurgicales et de soins intensifs perturbés par le blocus

Près de 100.000 interventions chirurgicales et des programmes de vaccination reportés en raison en raison du manque d’électricité à Cuba.
Proyecto Naturaleza Secreta
Un patient atteint de la Covid-19 est traité pendant la pandémie à l'hôpital Mario Muñoz Monroy, à Matanzas, à Cuba.
Alors que les Nations Unies ont proposé un plan d’aide d’urgence pour Cuba incluant la livraison de carburant, l’agence sanitaire mondiale de l’ONU (OMS) est profondément préoccupée par la situation sanitaire dans l'île des Caraïbes. 

Selon l’OMS, la situation est extrêmement inquiétante, car Cuba peine à maintenir la prestation des services de santé à « un moment de turbulences immenses, entraînant des pénuries d’énergie qui affectent la santé ». 

Le chef de l’OMS évoque ainsi des informations de presse selon lesquelles des hôpitaux cubains ont du mal à maintenir leurs services d’urgence et de soins intensifs. 

« Des milliers d’interventions chirurgicales ont été reportées au cours du mois écoulé, et des personnes ayant besoin de soins, des patients atteints de cancer aux femmes enceintes se préparant à l’accouchement, ont été mises en danger en raison du manque d’électricité pour faire fonctionner les équipements médicaux et assurer la chaîne du froid pour les vaccins », a déclaré sur le réseau social X, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Depuis la capture, le 3 janvier, par les États-Unis, du président vénézuélien Nicolás Maduro — principal allié et fournisseur de pétrole de Cuba — l’économie de l’île s’est encore détériorée, alors que Washington maintient un blocus pétrolier de facto.

Le coordinateur résident de l'ONU, Francisco Pichon, vêtu d'un gilet bleu de l'ONU, montre une carte de Cuba alors qu'il discute avec un fonctionnaire local en uniforme militaire.
ONU Cuba
Le Coordinateur résident de l'ONU à Cuba, Francisco Pichón, parle aux autorités de la défense civile à Santiago de Cuba.

La santé ne doit jamais dépendre de la géopolitique

Aucune cargaison de pétrole n’a été importée sur l’île depuis le 9 janvier, ce qui frappe le secteur de l’électricité et impacte le secteur de la santé. Or la vétusté du système cubain de production d’électricité provoque des coupures de courant quotidiennes pouvant durer jusqu’à 20 heures. 

« La santé doit être protégée à tout prix et ne jamais être à la merci de la géopolitique, des blocus énergétiques et des coupures de courant », a affirmé le chef de l'OMS, insistant sur la nécessité de garantir la continuité des services de santé, malgré les contraintes pesant sur l’approvisionnement en électricité.

« Bien que je sois encouragé par les efforts déployés par Cuba pour rétablir l’électricité afin de soutenir les services, la santé des personnes et les services qui les soutiennent ne peuvent être laissés à la merci des fluctuations de l’approvisionnement en électricité et de la géopolitique », a insisté le Dr Tedros, relevant que « les hôpitaux, les cliniques et les ambulances cubains doivent être soutenus pour accomplir leur travail vital ».

Les autorités cubaines ont maintes fois évoqué de graves préjudices dans le secteur de la santé, notamment près de 100.000 interventions chirurgicales reportées, des retards dans les programmes de vaccination et un manque d’accès à un approvisionnement stable en médicaments pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

Un plan d’aide d’urgence de 94,1 millions de dollars

Face à cette situation, les Nations Unies ont proposé un plan d’aide d’urgence à Cuba, incluant notamment la livraison de carburant et se concentrant sur six secteurs : logistique, santé, eau et assainissement, sécurité alimentaire, logement et protection, et éducation.

Selon l’ONU, ce plan de 94,1 millions de dollars vise à répondre aux besoins urgents et à maintenir les services essentiels pour une population de 2 millions de personnes, réparties dans 63 communes et 8 provinces de l’île. 

Pour le Coordinateur résident des Nations Unies à Cuba, la disponibilité du carburant est indispensable pour garantir la viabilité de l’intervention.

« Nous travaillons avec nos partenaires et les États membres pour identifier toutes les solutions possibles. Nous devons acheminer des fournitures vers les provinces touchées, garantir les opérations de transport, veiller à ce que les personnes dans le besoin soient approvisionnées en eau potable et poursuivre les visites sur le terrain pour assurer le suivi de nos opérations », a affirmé Francisco Pichón.

A ce jour, les besoins financiers sont couverts à hauteur de 27 %.