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Moyen-Orient : Guterres appelle à arrêter une guerre « hors de contrôle »

Le Secrétaire général António Guterres s'adresse à la presse sur la situation au Moyen-Orient.
Photo de l'ONU/Eskinder Debebe
Le Secrétaire général António Guterres s'adresse à la presse sur la situation au Moyen-Orient.
Plus de trois semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, tire la sonnette d’alarme : le conflit « est hors de contrôle » et menace de déclencher une escalade régionale aux conséquences incalculables.
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Dès les premières heures des hostilités, il avait averti du risque d’une réaction en chaîne, a-t-il rappelé mercredi, lors d'un point de presse à New York. 

Aujourd’hui, il estime que « les limites même inimaginables ont été franchies », tandis que le monde fait face à une possible guerre élargie, une aggravation des souffrances humaines et un choc économique mondial.

Privilégier la diplomatie

Face à cette spirale, M. Guterres appelle à « cesser l’engrenage de l’escalade » et à privilégier la diplomatie, en revenant au plein respect du droit international. Plusieurs initiatives de dialogue sont en cours, a-t-il indiqué, soulignant qu’elles « doivent réussir ».

Dans ce contexte, il a annoncé la nomination du diplomate Jean Arnault comme Envoyé personnel pour coordonner les efforts de l’ONU visant à mettre un terme au conflit. M. Arnault travaillera « plus directement sur le terrain… afin de soutenir tous les efforts de médiation », en dialoguant avec toutes les parties et en évaluant les répercussions du conflit.

Le chef de l’ONU a exhorté les États-Unis et Israël à mettre fin à la guerre, alors que les pertes civiles augmentent. Il a également appelé l’Iran à cesser ses attaques contre des pays qui ne sont pas parties au conflit, rappelant la condamnation du Conseil de sécurité.

Il s’est aussi inquiété des perturbations autour du détroit d’Ormuz, dont la fermeture prolongée entrave les flux essentiels de pétrole, de gaz et d'engrais, en pleine saison agricole.

Un homme tenant un bébé se tient à l'extérieur d'une tente bleue installée à l'intérieur d'un bâtiment en béton, qui est utilisé comme abri pour les familles déplacées à Beyrouth, au Liban.
© UNICEF/UNI965203/Fouad Choufa
Des personnes ayant fui leur foyer en raison du conflit vivent désormais sous des tentes, dans un stade à Beyrouth, au Liban.

Mettre fin à la guerre au Liban

Au Liban où Israël affronte le Hezbollah pro-iranien et où il s’est récemment rendu, « la guerre doit aussi cesser », a dit M. Guterres, avertissant que « le modèle de Gaza ne doit pas être reproduit ».

Alors que les marchés vacillent et que les opérations humanitaires sont entravées, il a insisté : « la meilleure façon de limiter ces conséquences est claire : mettre fin à la guerre immédiatement ». « La diplomatie est la seule issue. La paix est la seule issue ».

Le Secrétaire général a tenu ces propos alors que la guerre au Moyen-Orient dure depuis 26 jours. L'armée israélienne a intensifié ses frappes contre l'Iran et contre le Hezbollah au Liban, tandis que des troupes américaines font route vers la région, a confirmé l'armée américaine.

Au Liban, les besoins urgents persistent, selon l’équipe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) présente dans le pays. De nombreuses personnes n’ont accès qu’à un seul repas par jour, disposent d’un accès limité à l’eau chaude et manquent de produits d’hygiène menstruelle. Les étudiants sont privés d’accès à Internet et l’aide financière d’urgence se fait cruellement sentir.

Le détroit d'Ormuz

Parallèlement, l’Organisation maritime internationale (OMI) a confirmé s’être entretenue avec l’Iran afin de déterminer quels critères sont appliqués pour autoriser le passage des navires à travers le détroit d’Ormuz, une voie maritime d’une importance stratégique majeure.

Mardi, dans une lettre adressée à l’OMI, les autorités iraniennes ont déclaré que le détroit demeurait ouvert et que le passage en toute sécurité serait garanti à tous les navires « non hostiles ».

L’agence onusienne a indiqué que sa priorité absolue restait l’évacuation des 20.000 marins actuellement bloqués à l’ouest du détroit d’Ormuz.