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Guerre au Moyen-Orient : le bilan s’alourdit au Liban, inquiétude sur la sûreté nucléaire en Iran

Un bâtiment lourdement endommagé à Beyrouth après de récentes frappes aériennes au Liban.
© WFP/Alfredo Zuniga
Un bâtiment lourdement endommagé à Beyrouth après de récentes frappes aériennes au Liban.
La guerre au Moyen-Orient s’intensifie avec des frappes continues et une crise humanitaire qui s'emballe. Un projectile a touché la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, sans victimes signalées, alors qu’au Liban le bilan s’alourdit, avec des centaines de morts et plus d’un million de déplacés.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué que l'Iran l'avait informée qu'un projectile avait touché l'enceinte de la centrale de Bouchehr mardi soir.

Selon l'AIEA, aucun dégât matériel ni blessure parmi le personnel n'ont été signalés. La centrale est située à environ 750 kilomètres au sud de Téhéran, la capitale, sur la côte du golfe Persique.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, a réitéré son appel à la plus grande retenue durant le conflit afin d'éviter tout risque d'accident nucléaire.

Une centrale nucléaire iranienne en construction, avec un grand bâtiment de réacteur en forme de dôme, entouré de clôtures de sécurité et de tours de surveillance.
© IAEA/Paolo Contri
Une vue de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran.

Besoins humanitaires en hausse en Iran

De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) soutient les efforts visant à rétablir les services de santé essentiels pour les enfants et les familles en Iran, alors que les besoins augmentent en raison des bombardements américano-israéliens, qui ont débuté le 28 février.

En coordination avec les autorités sanitaires nationales, des unités mobiles de santé, des tentes de soins de santé primaires et des trousses médicales d'urgence ont été déployées, et des fournitures supplémentaires sont en cours d'acheminement. Cette intervention devrait bénéficier à au moins 226 000 personnes.

L'UNICEF renforce également son soutien psychosocial aux enfants touchés par l'escalade du conflit, insistant sur le fait que les enfants doivent être protégés et avoir accès à des soins urgents.

La crise au Liban s'aggrave

Une famille de réfugiés avec des bagages attend au poste frontalier de Masnaa au Liban pour entrer en Syrie, fuyant les bombardements israéliens.
© UNHCR
Des gens attendent au point frontalier de Masnaa entre le Liban et la Syrie pour échapper aux bombardements israéliens et aux ordres d'évacuation.

Au Liban, où le Hezbollah pro-iranien affronte Israël, des centaines de morts et plus d'un million de déplacés ont été signalés depuis le début de la guerre, alors que les frappes aériennes se poursuivent et que les ordres de déplacement se multiplient.

L'escalade des hostilités et les ordres d'évacuation ont déplacé plus d'un million de personnes à travers le Liban, dont beaucoup ont fui vers Beyrouth et le Mont-Liban, mettant à rude épreuve des services et des capacités d'hébergement déjà saturés.

Les partenaires humanitaires alertent sur la hausse des risques en matière de protection, notamment pour les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées. La surpopulation des abris, le manque d'intimité et l'accès limité aux services accroissent l'exposition aux violences sexistes, à l'exploitation et aux traumatismes psychologiques.

Les équipes de protection ont renforcé leur soutien, apportant une aide psychosociale et une assistance d'urgence à des milliers de personnes. Toutefois, les difficultés d'accès, le manque de places dans les abris et l'insuffisance des financements continuent d'entraver les efforts déployés, exposant les groupes vulnérables à des risques accrus.

Forte pression sur les télécommunications

L'infrastructure des télécommunications au Liban est soumise à une forte pression en raison de l'escalade du conflit. Les dommages causés aux réseaux fixes, de fibre optique et mobiles sont aggravés par les pénuries d'électricité et les approvisionnements limités en carburant.

Un expert en télécommunications a été déployé par l'équipe d'intervention humanitaire et des préparatifs sont en cours pour améliorer la connectivité par satellite, obtenir les autorisations nécessaires pour le réseau Starlink (fournisseur d'accès à Internet haut débit appartenant à SpaceX) et renforcer la coopération inter-agences.

Des personnes déplacées, y compris des femmes et des enfants, dorment sur des couvertures au sol dans la zone côtière d'Ain El Mreisseh à Beyrouth, au Liban, le 11 mars 2026.
© WFP/Alfredo Zuniga
Des personnes déplacées dorment dans la zone côtière d'Ain El Mreisseh à Beyrouth, au Liban.

Intenses échanges de tirs le long de la Ligne bleue

La mission de maintien de la paix des Nations Unies au Liban (FINUL) qualifie la recrudescence des violences survenue pendant la nuit de « détérioration inquiétante » de la situation entre le Liban et Israël, évoquant d'intenses échanges de tirs et une intensification des activités militaires.

La mission s'inquiète également des nouveaux ordres d'évacuation qui touchent les civils des deux côtés de la Ligne bleue, qui sépare le Liban et Israël, et de l'escalade verbale.

La FINUL exhorte toutes les parties à réaffirmer leur engagement envers la résolution 1701 du Conseil de sécurité et à un cessez-le-feu total, soulignant qu'il s'agit de la seule voie vers la stabilité. Des Casques bleus restent déployés dans le sud du Liban, surveillant les violations et facilitant l'accès humanitaire lorsque cela est possible.

Aggravation de l'urgence sanitaire régionale

De son côté, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que l'escalade du conflit au Moyen-Orient engendre une « urgence de santé publique à plusieurs niveaux », avec une augmentation du nombre de décès, de blessés et de déplacements de population dans plusieurs pays.

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En Iran, on dénombre plus de 1 440 morts et plus de 18 700 blessés, tandis qu'au Liban, on compte au moins 886 morts et plus de 2 100 blessés. Les déplacements de population augmentent rapidement, notamment au Liban.

L'OMS a recensé des dizaines d'attaques contre des établissements de santé ces dernières semaines, faisant des victimes parmi le personnel soignant et perturbant davantage des services déjà sous tension.

L'agence a averti que l'accès aux soins devient de plus en plus difficile, tandis que les dommages environnementaux causés par les frappes aériennes contre les infrastructures énergétiques accroissent les risques sanitaires.

L'accès aux soins de santé se détériore également, avec la fermeture d'établissements et des retards affectant les ambulances, les orientations de patients ainsi que les livraisons de médicaments.

« Les blessés, les familles déplacées, les patients atteints de maladies chroniques, les femmes enceintes et toutes les personnes âgées doivent pouvoir accéder à des services de santé vitaux », a souligné le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Il a averti que la fermeture de l'espace aérien et la congestion du trafic maritime perturbaient l'acheminement des fournitures médicales.

L'agence a activé des plans d'urgence — notamment en identifiant des itinéraires alternatifs et en envisageant le recours à des vols affrétés — tout en débloquant 2 millions de dollars de fonds d'urgence pour soutenir ses opérations.

« [Nous] faisons tout notre possible pour sauver des vies et prévenir la souffrance », a-t-il déclaré, ajoutant que « le meilleur remède est la paix ».