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Soudan : le Conseil de sécurité appelle les belligérants à cesser immédiatement les combats

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et beaucoup d'autres déplacées du Darfour, au Soudan, en raison du conflit entre les forces armées soudanaises et les paramilitaires des Forces de soutien rapide.
UNAMID/Mohamad Almahady
Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et beaucoup d'autres déplacées du Darfour, au Soudan, en raison du conflit entre les forces armées soudanaises et les paramilitaires des Forces de soutien rapide.
Inquiets de la poursuite des violences au Soudan, notamment dans les régions du Kordofan et du Darfour, les quinze membres du Conseil de sécurité ont appelé les belligérants à « cesser immédiatement les combats ».

Depuis avril 2023, les forces armées soudanaises affrontent les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dans une guerre fratricide qui a entraîné une crise humanitaire catastrophique.

Dans une déclaration à la presse publiée mardi soir, le Conseil de sécurité a condamné les informations faisant état « d’attaques répétées de drones contre des civils, des infrastructures civiles et du personnel, des locaux et des biens humanitaires, y compris de multiples attaques ayant touché le Programme alimentaire mondial (PAM) depuis début février 2026 ».

« Les attaques délibérées contre le personnel humanitaire, ses locaux et ses biens peuvent constituer des crimes de guerre », ont rappelé les membres du Conseil, demandant à toutes les parties au conflit à respecter et à protéger le personnel humanitaire, ainsi que ses locaux et ses biens.

Mercredi, lors d’un point de presse à New York, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, s’est fait l’écho de ces inquiétudes, notamment concernant « l'aggravation des souffrances des civils à mesure que les combats s'intensifient dans l'État du Darfour du Nord ».

L’Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM) a signalé que près de 2 700 personnes ont été déplacées à la suite d’attaques perpétrées ces derniers jours dans la localité de Kabkabiya. Une organisation locale, le Réseau des médecins du Soudan, indique que 28 civils ont été tués et 39 autres blessés lors de ces attaques.

Les enfants assistent à une leçon dans un espace d'apprentissage sûr à Tawila, dans le Darfour du Nord, au Soudan, avec le soutien de l'UNICEF dans le cadre de l'éducation d'urgence pour les enfants déplacés.
© UNICEF/Mohammed Jamal
Des enfants assistent à une leçon dans un espace d'apprentissage sûr à Tawila, dans le Darfour du Nord.

Protéger les civils

« Nous appelons une nouvelle fois à la protection des civils et des infrastructures civiles, et demandons aux parties au conflit de respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire », a dit M. Dujarric.

Dans leur déclaration à la presse, les membres du Conseil de sécurité ont condamné la poursuite de l’offensive menée par les paramilitaires des FSR dans la région de Kordofan.

Ils ont fermement condamné toutes les formes de violations et d’exactions commises contre la population civile, notamment les informations faisant état de détentions arbitraires et de violences sexuelles, soulignant que « de tels actes peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ».

Ils ont également condamné toutes les atrocités, y compris celles qui auraient été perpétrées par les FSR à El Fasher, au Darfour, notamment « les massacres systématiques, les déplacements massifs de population, les exécutions sommaires, les détentions arbitraires et les attaques à caractère ethnique ». Les membres du Conseil ont appelé à ce que tous les auteurs d'abus et de violations soient tenus responsables de leurs actes.

La famine risque de s'étendre

La famine et l’insécurité alimentaire extrême qui sévissent dans certaines régions du Soudan et « qui risquent de s’étendre », sont un autre sujet de préoccupation.

Les membres du Conseil de sécurité ont exigé des belligérants qu'ils autorisent et facilitent un accès humanitaire sûr et sans entrave, et qu'ils permettent aux civils de circuler librement. Ils ont insisté sur le fait que « la famine ne doit pas être utilisée comme arme de guerre ».

Pour le Conseil, la priorité doit être donnée à la poursuite des négociations visant à instaurer un cessez-le-feu durable. Il s'est félicité des efforts déployés par les partenaires régionaux, l'ONU et d'autres partenaires internationaux pour soutenir la conclusion d'une trêve humanitaire devant déboucher sur un cessez-le-feu immédiat.

Le Conseil a exhorté tous les États membres à s'abstenir de toute ingérence extérieure visant à fomenter des conflits et de l'instabilité et à soutenir les efforts en faveur d'une paix durable.