Fil d'Ariane
Ukraine : les frappes sur les infrastructures énergétiques font perdre deux tiers du temps scolaire

En six semaines, 16,5 jours de cours se sont évaporés, presque deux fois plus que sous les alertes aériennes en 2025, indique le groupe sectoriel de l’éducation piloté par l’UNICEF et l’ONG Save the Children.
De Kharkiv à Odessa, l’hiver s’abat sur les écoles ukrainiennes. Quatrième saison glaciale sous les frappes, et les réseaux d’énergie restent des cibles. Classes gelées, établissements fermés, cours en ligne interrompus par les coupures : le quotidien bascule.
Entre début janvier et mi-février 2026, 1,99 million d’enfants ont vu leur droit à l’éducation fragilisé par le froid, l’obscurité et l’absence d’eau potable.
Les perturbations scolaires ne se limitent plus aux zones de première ligne : elles touchent désormais les régions bien au-delà des zones de combat.
Dans la capitale ukrainienne, Kiev, ainsi qu'à Jytomyr, Dnipropetrovsk, Kherson, Mykolaïv et Odessa, les enfants ont perdu environ 79 à 88 % de leur temps d’apprentissage effectif entre la mi-janvier et la mi-février 2026, principalement en raison de coupures d’électricité et de chauffage.
En moyenne, 4 heures d’interruption quotidienne
Cette crise énergétique aggrave les pertes d’apprentissage, dues aux fermetures d’écoles, à la perturbation de l’enseignement, à des environnements d’apprentissage dangereux et froids, et à un accès limité ou inexistant à l’apprentissage en ligne, qui reste la seule option pour 16 % des enfants, y compris les élèves déplacés.
Selon le rapport, les coupures d’électricité perturbent l’éducation, entraînant une perte estimée à 4 heures d’apprentissage par jour, en particulier dans les régions du centre et de l’est de l’Ukraine où les infrastructures sont les plus sollicitées.
Dans les régions les plus touchées par les bombardements russes, plus de 1.700 écoles sont confrontées à des difficultés pour faire face aux coupures d’électricité et de chauffage. Avec près du tiers des écoles de Dnipropetrovska et 20 % de celles de Kharkiv qui ne sont pas autonomes sur le plan énergétique, les coupures de courant prolongées menacent directement la sécurité et la continuité de l’apprentissage.
200.000 élèves privés de chauffage
Au total, le rapport estime que plus de 200.000 enfants d’âge scolaire sont également touchés par les interruptions du service de chauffage.
Alors que les régions occidentales signalent un impact limité, les régions centrales et orientales sont confrontées à une pression systémique croissante sur les services éducatifs en raison des perturbations des infrastructures.
Face à cette perte du temps d’apprentissage, le rapport avance désormais des « priorités immédiates » pour préserver la continuité éducative malgré la crise énergétique. Il s’agit de rétablir des environnements d’apprentissage sûrs et fonctionnels afin de soutenir la continuité de l’apprentissage.
Pour l'UNICEF et Save the Children, il faut atténuer les pertes d’apprentissage, mais aussi renforcer les soutiens scolaires.