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Ukraine : la crise énergétique risque de causer un nouvel exode

Une fillette transporte du bois de chauffage pour un poêle à bois dans une maison de la région de Kiev.
© UNICEF/Dmytrii Bortkevych
Une fillette transporte du bois de chauffage pour un poêle à bois dans une maison de la région de Kiev.
Alors que l’Ukraine s’apprête à entrer dans sa cinquième année de guerre, les attaques sur les infrastructures énergétiques aggravent la vie quotidienne de millions de personnes. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), quelque 325.000 rapatriés pourraient être à nouveau déplacés dans les prochains mois, un tiers d’entre eux envisageant de fuir à l’étranger.

Cette vulnérabilité accrue s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des déplacements massifs : malgré le retour de millions d’Ukrainiens, la population déplacée reste élevée, exposant de nombreuses familles à un nouvel exode.

En janvier 2026, l’Ukraine comptait 3,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Depuis l’escalade de la guerre, plus de 4,4 millions de personnes sont revenues après avoir été déplacées. Cela inclut plus d’un million de personnes qui sont revenues de l’étranger.

Cependant, toutes les personnes qui sont revenues en Ukraine n’ont pas pu rentrer chez elles, 372.000 personnes étant toujours déplacées à l’intérieur du pays.

Une mère en veste d'hiver tient son enfant endormi près de sa poitrine près d'une fenêtre dans un cadre intérieur confortable.
UN Photo
Une mère berce son enfant endormi.

Hiver extrême et coupures d’électricité

Mais ce retour partiel reste fragile : sans un soutien durable, les coupures d’énergie pourraient contraindre à nouveau des familles à quitter leur foyer et de compromettre leurs retours durement gagnés.

« Après quatre ans de guerre, la résilience seule ne peut pas permettre aux familles de survivre à un nouvel hiver marqué par des coupures d’électricité et des températures glaciales », a déclaré dans un communiqué, Amy Pope, Directrice générale de l’OIM. « Un logement sûr, une énergie fiable et des services essentiels ne sont pas des luxes, mais des éléments fondamentaux pour la sécurité, la survie et la dignité des personnes ».

Avec des températures hivernales descendant jusqu’à -20 °C et des coupures d’électricité d’urgence se poursuivant dans tout le pays, ces intentions de quitter le pays reflètent la tension cumulative liée à l’insécurité, aux logements endommagés et à l’accès limité à l’électricité et au chauffage. 

Les besoins liés à l’hiver sont très répandus. Dans les principales zones de retour, les ménages ont signalé une pénurie aiguë de batteries externes, de générateurs et de matériaux pour réparer les logements, tandis que les besoins non satisfaits dépassaient 90 % dans certaines régions de première ligne.

Risque de nouveaux déplacements

Les personnes récemment rentrées ont été particulièrement touchées, faisant état d’une dépendance accrue à des stratégies d’adaptation de crise et de niveaux élevés de détresse psychologique. 

Depuis 2022, l’OIM a mis en place une réponse à grande échelle à l’échelle nationale à la crise ukrainienne, soutenant directement et indirectement jusqu’à 6,9 millions de personnes à l’intérieur du pays, ainsi que des millions d’autres dans 11 pays voisins. 

Afin d’éviter de nouveaux déplacements, l’OIM exhorte la communauté internationale à intensifier les mesures d’hivernales, les réparations de logements, le soutien aux moyens de subsistance et les services intégrés de santé mentale et psychosociale, en particulier dans les zones en première ligne et à fort retour. 

« Sans une aide rapide et adéquate, la poursuite des perturbations énergétiques risque de déclencher de nouveaux déplacements et de compromettre les efforts de relèvement », insiste l’agence onusienne basée à Genève.