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L'usage présumé d'herbicides par Israël sur des terres agricoles au sud du Liban inquiète l'ONU

Murs en béton érigés par les forces israéliennes près de Yaroun, dans le sud du Liban.
© UNIFIL/Pasqual Gorriz
Murs en béton érigés par les forces israéliennes près de Yaroun, dans le sud du Liban.
Les Nations Unies ont de nouveau fait part, vendredi, de leurs préoccupations suite à des informations sur l’usage présumé d’herbicides par les forces israéliennes dans le sud du Liban, à proximité de la Ligne bleue, la ligne de démarcation entre ce pays et Israël.

L’ONU alerte sur les conséquences humanitaires et environnementales pour les populations locales et demande des enquêtes immédiates.

Cette situation représente un « risque humanitaire grave » pour les civils qui y vivent, a affirmé le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) lors d’une conférence de presse régulière de l’ONU à Genève.

En réponse à une question d'un journaliste, un porte-parole du HCDH, Thameen Al-Kheetan, a insisté sur le fait que ces informations nécessitaient une enquête plus approfondie « afin de confirmer la nature des substances chimiques » utilisées.

« Si ces rapports sont confirmés, ces actes sont inquiétants par rapport au droit international humanitaire et cela requiert beaucoup plus d’investigations encore pour mettre la lumière sur la nature de ces substances chimiques », a-t-il ajouté.

Un avant-poste des forces de la paix de l'UNIFIL avec un drapeau bleu de l'ONU sur le sommet d'une petite structure, situé dans un paysage montagneux rugueux au Liban, près de la ligne bleue.
© UNIFIL
Un avant-poste des Casques bleus de la FINUL sur une colline près de la Ligne bleue au Liban.

Effets des herbicides sur les terres et le retour des civils

Selon le porte-parole, « les attaques contre les terres agricoles et les sources d’eau constituent un grave risque humanitaire ».

A Genève, d’autres représentants de l’ONU ont également mis en garde contre les effets de ces attaques sur les terres agricoles et le retour des civils.

« L’utilisation d’herbicides soulève des questions quant à ses effets sur les terres agricoles locales et à son impact potentiel à long terme sur le retour des civils dans leurs foyers et la reprise de leurs activités », a déclaré Alessandra Vellucci, directrice du Service d’information des Nations Unies à Genève.

Reprenant la réaction à cet incident exprimée jeudi à New York par le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Mme Vellucci a souligné les obligations de toutes les parties en vertu du droit international humanitaire.

« Toute activité menée par les Forces de défense israéliennes au nord de la Ligne bleue constitue une violation de la résolution 1701 », a-t-elle déclaré aux journalistes.

Mme Vellucci a réitéré l’importance du respect du droit international humanitaire, précisant que la Force des Nations Unies au Liban (FINUL) resterait en contact avec les autorités libanaises.

A New York, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a exprimé vendredi les mêmes préoccupations.

Echantillons analysés

Lundi, M. Dujarric avait indiqué que des Casques bleus de la FINUL avaient appuyé les autorités libanaises dans la collecte d’échantillons d’une substance larguée par l’armée israélienne au nord de la Ligne bleue et que ces prélèvements allaient être analysés par Beyrouth afin d’en déterminer la toxicité.

L’incident, survenu dimanche matin, avait conduit la FINUL à suspendre temporairement plus d’une douzaine d’activités opérationnelles. L’armée israélienne avait indiqué son intention de libérer ce qu’elle décrivait comme une substance « non toxique » à proximité de la Ligne bleue.

La FINUL, déployée depuis 1978 par le Conseil de sécurité, est chargée d’encadrer le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah et de prévenir toute escalade militaire le long de la Ligne bleue.