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Dnipro, Kharkiv, Kiev : des habitants plongés dans le froid et le noir au cœur d'attaques nocturnes

Une mère berce son enfant endormi en plein hiver en Ukraine.
UN Photo
Une mère berce son enfant endormi en plein hiver en Ukraine.
A l'intérieur des appartements, il fait -20 °C. Pas de chauffage, pas d’électricité. Dans les tours de Dnipro, Kharkiv et Kiev, les habitants grelottent, tandis que la nuit est marquée par une nouvelle vague d’attaques russes. L’hiver s’invite au cœur de la guerre en Ukraine, exposant chaque foyer à la fragilité de la vie quotidienne.

« Au cours de la nuit, une nouvelle vague d'attaques a blessé plusieurs personnes et a privé de chauffage des milliers d'habitants de tours résidentiels à Dnipro, Kharkiv et Kiev, en plein cœur de l'hiver. Beaucoup d’autres personnes à Dnipro, Odessa, Vinnytsia et dans d’autres régions sont confrontées à des coupures d’électricité », a déclaré le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour l’Ukraine, Matthias Schmale.

Selon des informations relayées par la presse, la compagnie énergétique ukrainienne DTEK a annoncé que plusieurs de ses centrales électriques ont été « considérablement endommagées » par les bombardements russes de la nuit dernière, sans préciser leur nombre. La société a indiqué qu’il s’agissait de la neuvième « attaque massive » visant ses installations depuis octobre 2025.

Un haut bâtiment résidentiel en Ukraine avec des dommages visibles à ses étages supérieurs, y compris des fenêtres brisées et des sections charbonnées, contre un ciel bleu clair.
UN Ukraine
Un bâtiment résidentiel en Ukraine montre des signes de dommages suite à des attaques nocturnes.

Frappes sur les infrastructures

Huit régions ukrainiennes ont été visées par des tirs de missiles et des salves de drones russes dans la nuit, a annoncé le ministère ukrainien de l’Énergie. Des centrales électriques auraient été touchées, notamment dans les oblasts de Kiev, de Dnipro et de Kharkiv.

Réagissant sur le réseau social X, Matthias Schmale s’est dit « consterné » par les attaques nocturnes qui ont frappé l’ensemble du pays. Face à cette violence qui ne dort jamais, ses mots traduisent l’ampleur d’une réalité qui frappe au cœur des foyers : ce ne sont pas seulement des infrastructures, mais la vie quotidienne de millions de personnes qui vacille sous les attaques.

« Les attaques systématiques des forces armées russes contre les infrastructures critiques affectent la vie quotidienne de millions de personnes et mettent en danger la vie des plus vulnérables, notamment les personnes âgées et les enfants », a-t-il fait valoir, rappelant que le droit international humanitaire interdit les attaques délibérées contre les infrastructures civiles essentielles à la survie de la population.

Une rangée de générateurs électriques jaunes recouverts de neige, marqués avec des logos d'aide de l'UNICEF et du Royaume-Uni, placés sur un fond d'hiver en Ukraine.
© UNICEF
Générateurs fournis par l'UNICEF dans le cadre de la réponse humanitaire en Ukraine

Approvisionnement en eau

Chaque explosion, chaque frappe de drones, chaque coup porté aux réseaux vitaux se traduit par des blessures, des morts et des familles plongées dans l’urgence, rappelant que la guerre en Ukraine se mesure aussi en drames quotidiens. 

Lundi déjà, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait dénoncé des nouvelles attaques perpétrées au cours du weekend, qui ont fait davantage de victimes civiles.

Entre le 30 janvier et mardi matin, une trentaine de civils ont été tués et environ 90 blessés, principalement dans les régions de Dnipro, Zaporijjia, Kherson et Donetsk. 

L’absence de chauffage et d’électricité transforme les foyers en espaces vulnérables, sous la menace permanente des attaques et des intempéries. 

« Les pannes massives d’électricité massive ont également affecté l’approvisionnement en eau, en raison de défaillances techniques du système énergétique déjà sous tension, de conditions météorologiques difficiles et de la reprise des attaques contre les installations énergétiques », selon le ministère ukrainien de l’Énergie.

Les groupes mobiles fournissent des soins d'urgence  et des soins de santé primaires en Ukraine.
WHO
Les groupes mobiles fournissent des soins d'urgence et des soins de santé primaires en Ukraine.

Attaques contre les infrastructures sanitaires

Alors que le froid envahit les foyers, les murs des hôpitaux tremblent aussi sous les frappes.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des attaques dans la ville de Zaporijjia ont endommagé dimanche trois établissements de santé, dont une maternité soutenue par l'agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA), blessant du personnel et un patient. L’hôpital a subi des dommages importants et les patients ont été transférés.

L'OMS a recensé 2.835 attaques contre des infrastructures sanitaires en Ukraine depuis 2022.

Alors que les hôpitaux subissent des frappes et que les soins essentiels sont perturbés, la violence s’invite aussi sur les routes : dimanche, à Ternivka, des mineurs de charbon ont été pris pour cible dans leur bus, tuant et blessant plusieurs jeunes travailleurs. 

Les autorités locales ont fait état de 12 civils tués et 16 blessés. Des civils qui circulaient à proximité et ceux qui se sont précipités pour porter secours après la première explosion figureraient également parmi les victimes.

La Mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine s’est rendue dans cette ville située à environ 65 km de la ligne de front, dans le territoire contrôlé par l’Ukraine dans la région de Dnipropetrovsk. 

Aux agents des droits de l’homme de l’ONU, un mineur blessé a raconté sa stupeur : « C’est injuste. Nous sommes de simples mineurs de charbon, qui rentraient juste chez eux, retrouver leurs proches ».