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Venezuela : des enquêteurs de l’ONU réclament la libération « immédiate » de tous les prisonniers politiques

Vue sur Caracas, la capitale du Venezuela.
© UNICEF/Gustavo Vera
Vue sur Caracas, la capitale du Venezuela.
Alors que des dizaines de prisonniers politiques ont été libérés ces derniers jours par les autorités vénézuéliennes, la mission d’enquête internationale indépendante sur le Venezuela a rappelé lundi que des centaines d’autres sont toujours détenus et a réclamé leur libération « immédiate ».

La libération de prisonniers a été annoncée le 8 janvier sous la pression du Président américain, Donald Trump, qui affirme être « aux commandes » du pays depuis la capture du Président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse au cours d’une opération menée par les forces spéciales américaines.

« Toute mesure qui rend la liberté à des personnes détenues arbitrairement est importante pour les personnes concernées et leurs familles, qui ont persévéré sans relâche dans leurs efforts en faveur de leurs proches, endurant une incertitude prolongée, des souffrances et des traumatismes », a déclaré la Mission d'établissement des faits des Nations Unies sur le Venezuela dans un communiqué de presse.

Sur environ 800 prisonniers politiques, seuls une cinquantaine semblent avoir été libérés à ce jour, a affirmé la mission. Selon la presse, les autorités vénézuéliennes auraient annoncé lundi la libération de dizaines d’autres détenus.

Les enquêteurs onusiens estiment que ces libérations sont loin de répondre aux obligations internationales du Venezuela en matière de droits humains. « Nous restons particulièrement préoccupés par le sort des femmes toujours détenues, compte tenu des conséquences spécifiques et aggravées sur leur santé et leurs responsabilités familiales », ont-ils dit.

Recours systématique à la détention arbitraire

La Mission d'établissement des faits sur le Venezuela, qui a largement documenté le recours généralisé et systématique à la détention arbitraire comme instrument de répression, a réitéré son appel à « la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes arbitrairement privées de liberté ».

Par ailleurs, les problèmes de santé des détenus libérés doivent être pris en charge de toute urgence, a-t-elle estimé.

Les enquêteurs affirment que les proches des détenus doivent recevoir des informations claires et en temps voulu sur le sort, le lieu de détention et le statut juridique de leurs proches, et bénéficier d'un droit de visite garanti et régulier. « La détention au secret prolongée – une violation des droits humains dont de nombreux prisonniers continuent d'être victimes – aggrave les souffrances des familles et doit cesser », ont-ils dit.

Ils ont appelé les autorités vénézuéliennes à agir avec transparence et célérité, estimant que des informations publiques doivent être fournies sur les projets de nouvelles libérations. Parallèlement, ils demandent que les conditions de détention soient immédiatement mises en conformité avec le droit international, notamment en ce qui concerne l'accès aux soins médicaux, les visites d'avocats et de membres de la famille, et l'arrêt immédiat de la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Graves violations des droits humains

En décembre, la Mission d’établissement des faits avait publié un rapport dans laquelle elle accusait la Garde nationale vénézuélienne d’avoir commis de « graves violations des droits humains et de crimes contre l’humanité » depuis plus de dix ans.

La Mission a déclaré vendredi qu'elle restait préoccupée par la persistance du contexte général de répression au Venezuela malgré ces récentes libérations. Elle a reçu des informations inquiétantes concernant des groupes armés patrouillant dans les villes, intimidant la population et procédant à des fouilles et à des contrôles de téléphones, ainsi que des informations faisant état de nouvelles détentions de personnes exprimant des opinions politiques.

« Il est plus que jamais urgent de mettre fin à toutes les pratiques répressives au Venezuela », a-t-elle dit.