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Iraq : l’ONU tourne la page de la stabilisation et scelle un nouveau partenariat de développement

Une rue de Bagdad, la capitale de l'Iraq (archive).
Photo MANUI/Sarmad Al-Safy
Une rue de Bagdad, la capitale de l'Iraq (archive).
Après plus de 20 ans d’accompagnement politique et sécuritaire, l'ONU entame une nouvelle phase de sa relation avec l’Iraq. Jeudi, le pays et l’organisation ont signé un cadre pour le développement durable 2025-2029, destiné à soutenir les priorités nationales alors que la mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) ferme ses portes à la fin de l’année.

Cet accord, conclu à l’ombre du retrait progressif de l’ONU de la scène politique Iraqienne, vise à accompagner la transition du pays vers un modèle davantage fondé sur le développement, la gouvernance et l’autonomie institutionnelle. Il s’inscrit dans l’Agenda 2030 pour le développement durable, la feuille de route mondiale des Nations Unies.

« La signature de ce cadre constitue une transition naturelle et honorable dans la relation entre les Nations unies et la République d’Iraq », a déclaré le chef de la MANUI, Mohamed Al Hassan. « Elle reflète un retrait ordonné et responsable du soutien à la stabilité politique, au profit d’une phase de consolidation d’un partenariat durable en matière de développement entre l’Iraq et l’organisation ».

Quatre priorités stratégiques

Le cadre de coopération définit les axes autour desquels s’articulera l’appui onusien au cours des cinq prochaines années. Aligné sur le plan national de développement Iraqien, il repose sur quatre priorités majeures : l’amélioration de l’accès à l’éducation, à la santé et aux services sociaux ; la création d’emplois et la stimulation de la croissance économique ; la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique ; enfin, le renforcement de l’état de droit et de la bonne gouvernance.

Ces cadres de coopération, négociés entre l’ONU et les gouvernements, constituent l’outil central par lequel les Nations unies déclinent l’Agenda 2030 au niveau national, de la planification à la mise en œuvre, en passant par le suivi des politiques publiques.

Une mise en œuvre sous pilotage conjoint

La gouvernance du dispositif reposera sur un comité de pilotage coprésidé par le ministère Iraqien de la Planification et le coordonnateur résident des Nations Unies, à la tête de l’équipe de pays. Les institutions Iraqiennes et les agences onusiennes procéderont à un examen annuel des progrès afin d’ajuster, si nécessaire, la trajectoire du cadre.

Un fonds dédié soutiendra la mise en œuvre du programme, complété par une stratégie de mobilisation de ressources destinée à garantir les financements requis.

La fin d’un cycle onusien en Iraq

Créée en 2003, juste après la chute de Saddam Hussein, la MANUI a accompagné l’Iraq à travers les grandes étapes de sa transition politique, du relèvement post-conflit à la lutte contre l’organisation terroriste Daech. Son mandat, celui d’une mission politique spéciale, prendra fin le 31 décembre.

Plus de 20 ans plus tard, le pays affiche une stabilité relative inédite depuis le début des années 2000 et revendique une capacité accrue à assumer seul sa trajectoire politique et institutionnelle.

« L’Iraq estime être prêt à entrer dans une nouvelle phase, en consolidant sa souveraineté et son intégrité territoriale », expliquait Mohamed Al Hassan dans une interview récente avec ONU Info. « Je suis profondément convaincu que l’Iraq est prêt pour cette étape ».