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Chaque jour l'hépatite tue des milliers de personnes, prévient l'OMS

Le nombre de vies perdues à cause des infections par l'hépatite virale est en augmentation et représente actuellement 3.500 décès par jour, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié mardi.

La maladie est la deuxième cause infectieuse de décès dans le monde, avec 1,3 million de morts par an, soit autant que la tuberculose, une autre cause de mortalité infectieuse, selon le Rapport mondial sur l'hépatite 2024 de l'Organisation mondiale de la santé(OMS).

« Ce rapport dresse un tableau inquiétant », a déclaré le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Malgré les progrès réalisés à l'échelle mondiale dans la prévention des infections par l'hépatite, le nombre de décès augmente parce que trop peu de personnes atteintes d'hépatite sont diagnostiquées et traitées ».

Un changement de cap rapide

Bien que de meilleurs outils de diagnostic et de traitement soient disponibles et que les prix des produits diminuent, les taux de couverture des tests et des traitements ont stagné, indique l'agence des Nations Unies pour la santé dans le rapport, publié à l'occasion du sommet mondial sur l'hépatite.

Toutefois, l'objectif d'élimination de l'OMS d'ici à 2030 devrait pouvoir être atteint si des mesures rapides sont prises dès à présent.

« L'OMS s'est engagée à aider les pays à utiliser tous les outils à leur disposition - à des prix accessibles - pour sauver des vies et inverser la tendance », a déclaré le chef de l'OMS.

La salle d'attente d'un dispensaire au Rwanda. La couverture vaccinale contre l'hépatite B à la naissance n'est que de 45 % au niveau mondial, et de moins de 20 % dans la région africaine de l'OMS.
OMS/Isaac Rudakubana 
La salle d'attente d'un dispensaire au Rwanda. La couverture vaccinale contre l'hépatite B à la naissance n'est que de 45 % au niveau mondial, et de moins de 20 % dans la région africaine de l'OMS.

Augmentation des décès

Selon le rapport, plus de 6.000 personnes sont infectées chaque jour par l'hépatite virale.

De nouvelles données provenant de 187 pays montrent que le nombre estimé de décès dus à l'hépatite virale est passé de 1,1 million en 2019 à 1,3 million en 2022. Parmi ces décès, 83% sont dus à l'hépatite B et 17% à l'hépatite C.

Selon les estimations actualisées de l'OMS, 254 millions de personnes vivront avec l'hépatite B et 50 millions avec l'hépatite C en 2022. La moitié du fardeau des infections chroniques par l'hépatite B et C concerne les personnes âgées de 30 à 54 ans, et 12% les enfants. Les hommes représentent 58% de tous les cas.

Lacunes dans le diagnostic et le traitement

Dans toutes les régions, seuls 13% des personnes vivant avec une hépatite B chronique avaient été diagnostiquées et environ 3%, soit 7 millions, avaient reçu un traitement antiviral à la fin de 2022, ce qui est loin des objectifs mondiaux visant à traiter 80% des personnes vivant avec une hépatite B et une hépatite C chroniques d'ici à 2030.

Le fardeau de l'hépatite virale varie également d'une région à l'autre. La région africaine de l'OMS compte 63% des nouvelles infections par l'hépatite B, mais malgré ce fardeau, seuls 18% des nouveau-nés de la région reçoivent la dose de vaccin contre l'hépatite B administrée à la naissance.

Dans la région du Pacifique occidental, qui compte 47% des décès dus à l'hépatite B, la couverture du traitement est de 23% parmi les personnes diagnostiquées, ce qui est bien trop faible pour réduire la mortalité.

En outre, malgré la disponibilité de médicaments génériques abordables contre l'hépatite virale, de nombreux pays ne parviennent pas à se les procurer à des prix aussi bas.

Au Chili, les nouveaux traitements de l'hépatite permettent à environ 98 % des patients de guérir complètement.
© OPS
Au Chili, les nouveaux traitements de l'hépatite permettent à environ 98 % des patients de guérir complètement.

Éradiquer l'épidémie

Le rapport de l'OMS présente une série de mesures visant à promouvoir une approche de santé publique de l'hépatite virale, afin d'accélérer les progrès pour mettre fin à l'épidémie d'ici à 2030.

Il s'agit notamment d'élargir l'accès aux tests et aux diagnostics, de renforcer les efforts de prévention en matière de soins primaires et de passer des politiques à la mise en œuvre d'un traitement équitable.

Mais le financement reste un défi, selon l'agence, les niveaux actuels étant insuffisants pour répondre aux besoins.

Selon l'OMS, cette situation résulte d'une combinaison de facteurs, notamment d'une sensibilisation limitée aux interventions et aux outils permettant de réaliser des économies, et de priorités sanitaires concurrentes.

Le nouveau rapport met également en évidence des stratégies permettant aux pays de remédier à ces inégalités et d'accéder aux outils aux prix les plus abordables.