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Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes ouvre les travaux de sa 92ème session

Résumés des réunions

Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a ouvert ce matin les travaux de sa quatre-vingt-douzième session, qui se tient au Palais des Nations, à Genève, jusqu’au 20 février. Au cours de cette session, le Comité examinera successivement les rapports soumis par les sept pays suivants au titre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes : Argentine, El Salvador, Iraq, Lesotho, Lituanie, Pays-Bas, République tchèque et Viet Nam.

La session a été ouverte, au nom du Secrétaire général des Nations Unies, par M. Mahamane Cissé-Gouro, Directeur de la Division des mécanismes relevant du Conseil des droits de l’homme et des instruments relatifs aux droits de l’homme du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. M. Cissé-Gouro a souligné que la session s’ouvrait à un moment très difficile pour le multilatéralisme et les droits humains – en particulier les droits des femmes. En effet, dans le monde, 10% des femmes vivent dans l'extrême pauvreté, un chiffre qui ne s’est pas amélioré depuis 2020, tandis que 26,1% des femmes sont confrontées à l'insécurité alimentaire, contre 24,2% des hommes. Pour trop de filles, l'éducation prend fin brutalement, près d'une jeune femme sur cinq étant mariée avant l'âge de 18 ans. De plus, environ 708 millions de femmes sont exclues du marché du travail en raison de tâches domestiques non rémunérées, a ajouté M. Cissé-Gouro.

Dans le même temps, les coupes budgétaires imposées à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et à d'autres programmes de santé privent des millions de femmes et de filles de l'accès à des services de santé essentiels, notamment aux services de santé maternelle. Parallèlement, la forte réduction de l'aide mondiale oblige les groupes de défense des droits des femmes et de la société civile en première ligne à réduire ou à fermer des services essentiels, notamment des refuges et des programmes de prévention pour les victimes de violences sexistes.

Le message est clair, a insisté M. Cissé Gouro: les gouvernements, les donateurs et tous les partenaires doivent renouveler de toute urgence leur engagement à protéger les droits humains des femmes et des filles, à mettre fin à la violence sexiste et à rétablir les services essentiels. 

Pour sa part, a poursuivi M. Cissé Gouro, le Haut-Commissariat s'engage à établir des partenariats mondiaux pour faire progresser les droits humains. Ces prochains mois, le Haut-Commissaire lancera ainsi l'Alliance mondiale pour les droits humains, une initiative visant à replacer les droits humains au cœur du leadership politique, du débat public et de la vie quotidienne, et dont l’objectif sera de renouveler la promesse de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de construire un monde dans lequel la responsabilité, la dignité et la justice définissent les relations entre les personnes et les institutions.

M. Cissé Gouro a par ailleurs évoqué les contraintes sans précédent auxquelles le système des organes de traités – y compris le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes – est confronté. En 2025, a-t-il rappelé, plus de 30% du temps de réunion a été perdu, ce qui a entraîné des retards importants et l'annulation de l’examen des rapports de nombreux États parties et, avec la diminution du nombre de rapports des États parties reçus en 2025, a entraîné de graves conséquences sur le fonctionnement du système des organes conventionnels. Cette année, la situation en matière de ressources devrait rester extrêmement difficile, avec de nouvelles réductions, a averti M. Cissé Gouro. 

Le Haut-Commissariat fait tout son possible pour soutenir le Comité et les autres organes conventionnels, notamment en soulignant l'impact direct des limitations de ressources sur la protection des droits de l'homme sur le terrain, a déclaré M. Cissé Gouro. Pour le Haut-Commissariat, a-t-il rappelé, les organes de traités sont l’épine dorsale du système des droits de l’homme. Cependant, en l’état actuel des choses, la tenue des deuxièmes sessions annuelles des organes de traités en 2026 n’est pas certaine, a souligné M. Cissé-Gouro.

M. Cissé Gouro a ensuite évoqué les travaux du Conseil des droits de l'homme en lien avec ceux du Comité, mentionnant notamment le débat annuel de haut niveau sur l'intégration des droits de l'homme que le Conseil tiendra le 23 février 2026 et qui portera sur le thème « Le rôle des technologies nouvelles et émergentes dans la prévention et l'élimination des mutilations génitales féminines », ainsi que la discussion annuelle d'une journée sur les droits humains des femmes et des filles victimes de mutilations génitales féminines, qui se tiendra l’été prochain. 

Pour sa part, Mme Nahla Haidar, Présidente du Comité, a indiqué que, depuis la précédente session du Comité, en 2025, l’Estonie avait adhéré au Protocole facultatif à la Convention créant un mécanisme de plainte devant le Comité, ce qui porte à 116 le nombre d'États parties au Protocole facultatif, alors que le nombre d'États parties ayant ratifié ou adhéré à la Convention reste, lui, inchangé, à 189. 

Mme Haidar a d’autre part appelé le Haut-Commissariat à étudier les propositions de rationalisation de leurs méthodes de travail soumises par les organes de traités. 

Dans un bref échange avec M. Cissé Gouro, des experts du Comité ont regretté que la situation financière problématique empêche la participation d’organisations de la société civile aux travaux du Comité et se sont interrogés sur le rôle de la numérisation pour remédier à cette crise. Il importe de reconnaître que la situation actuelle des femmes et des filles dans le monde est catastrophique et de prendre des mesures pour y remédier, a souligné une experte. 

Le Comité a également entendu des mises à jour sur les activités menées par ses membres depuis la précédente session, ainsi que la présentation du rapport sur le suivi des observations finales.

Le Comité a adopté son programme de travail pour cette 92ème session. Toute la documentation relative à la session, y compris les rapports présentés par les États, est disponible sur la page dédiée du site web du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

 

Cet après-midi, à partir de 15 heures, le Comité auditionnera des organisations de la société civile concernant l'application de la Convention dans les quatre pays dont les rapports seront examinés cette semaine: Viet Nam, Iraq, Lituanie et Pays-Bas.

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CEDAW.26.01F

 

Ce document produit par le Service de l’information des Nations Unies à Genève est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel.

Les versions anglaise et française de nos communiqués sont différentes car elles sont le produit de deux équipes de couverture distinctes qui travaillent indépendamment.