Fil d'Ariane
Examen de la Malaisie au Comité des droits de l’enfant : l’adoption de politiques publiques fortes est saluée, mais des interrogations demeurent s’agissant notamment de l’âge du mariage, de l’accès à l’école et de la pauvreté parmi les enfants autochtones
Le Comité des droits de l’enfant a examiné hier après-midi et ce matin le rapport périodique présenté par la Malaisie au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant.
Au cours du dialogue noué entre les experts membres du Comité et la délégation malaisienne venue soutenir ce rapport, un expert a salué les progrès réalisés par la Malaisie en matière de droits de l’enfant grâce au renforcement de son arsenal juridique et à l’adoption de politiques publiques fortes. L’expert a aussi félicité la Malaisie pour ses progrès en matière de réduction des taux de mortalité maternelle et infantile. Il s’est cependant dit préoccupé par une «tendance alarmante» en matière de santé mentale des jeunes. Ce même expert a d’autre part observé que la pauvreté aurait des effets disproportionnés sur les enfants autochtones en Malaisie.
Une experte a demandé si l’État entendait harmoniser la définition de l’enfant utilisée en Malaisie avec les dispositions de la Convention et fixer l’âge du mariage à 18 ans sans exception. Elle a voulu savoir comment la Malaisie faisait en sorte que les enfants puissent exercer leurs droits et bénéficier de protections sur un pied d’égalité, compte tenu des réserves apportées par le pays aux articles 2, 7 et 14 de la Convention.
Une autre experte a recommandé que les lois contre la violence à l’égard des enfants soient effectivement appliquées et accompagnées de budgets suffisants. En particulier, a-t-elle souligné, nombre d’enfants sont victimes de harcèlement en ligne, ce qui requiert que la loi adoptée récemment dans ce domaine soit dûment mise en œuvre.
L’experte a par ailleurs regretté qu’il existe des disparités dans l’âge minimal du mariage en Malaisie. Elle a en outre voulu savoir s’il était envisagé de criminaliser les châtiments corporels autorisés dans certaines écoles, et si la Malaisie allait élever l’âge de la responsabilité pénale.
Une experte a relevé qu’au moins 15% des enfants handicapés ne seraient pas scolarisés en Malaisie. Le Comité, a-t-elle ajouté, est informé d’un manque de professionnalisme des travailleurs sociaux qui sont chargés des enfants handicapés, ainsi que d’un sous-investissement chronique des services de réinsertion de ces enfants.
La même experte a constaté que quelque 2,5% des enfants malaisiens n’iraient pas à l’école et que l’accès à l’école publique n’est pas gratuit pour les enfants réfugiés, demandeurs d’asile ou sans papiers.
Présentant le rapport de son pays, Mme Nancy Shukri, Ministre de la femme, de la famille et du développement communautaire de la Malaisie, a précisé que son Gouvernement avait alloué, depuis 2022, l’équivalent de 1,6 milliard de dollars des États-Unis à des initiatives en faveur des enfants, notamment pour le soutien à la nutrition et à l'éducation en milieu scolaire, pour des mesures préventives en matière de santé infantile et pour l'aide continue aux enfants et aux familles vulnérables.
Parallèlement, a ajouté la Ministre, le Gouvernement s'attache à améliorer le système de prestation des services publics et à renforcer les mécanismes de suivi concernant les enfants. À cette fin, le Premier Ministre a annoncé en 2022 la création de l'Agence pour le développement de l'enfant.
Parmi les 21 lois qui ont été abrogées, amendées ou introduites pour améliorer la protection et les droits des enfants, Mme Shukri a mentionné les modifications apportées à la loi de 2017 sur les infractions sexuelles contre les enfants; les mises à jour de la loi de 2007 sur les témoignages d'enfants; ou encore la promulgation de la loi de 2025 sur la sécurité en ligne.
La Malaisie est particulièrement fière qu'en 2025, la Constitution fédérale ait été modifiée afin d'accorder la citoyenneté aux enfants nés à l'étranger de mères malaisiennes, a poursuivi la Ministre, ajoutant que l'enregistrement des naissances reste accessible à tous les enfants nés en Malaisie, quel que soit le statut des documents de leurs parents au regard des lois sur l'enregistrement civil.
Le plan stratégique national actuel visant à s'attaquer aux causes du mariage des enfants s'achève en 2025, et le Gouvernement examine actuellement la mise en œuvre de la phase suivante, en s'appuyant sur les enseignements tirés et les nouvelles tendances, a d’autre part fait savoir Mme Shukri, avant de faire valoir que les statistiques nationales indiquent que le nombre de mariages d'enfants enregistrés a diminué entre 2019 et 2023.
La Ministre a d’autre part fait état d’un certain nombre de mesures prises par son Gouvernement en faveur de l’éducation des enfants, précisant notamment que depuis octobre 2025, l'enseignement secondaire était devenu obligatoire, une responsabilité claire étant imposée aux parents et aux tuteurs quant à la fréquentation scolaire des enfants.
La Malaisie reconnaît que la privation de liberté des enfants doit être abordée avec prudence et n'être appliquée que lorsque cela est nécessaire, a par ailleurs souligné la Ministre.
La délégation malaisienne était également composée, entre autres, de Mme Nadzirah Osman, Représentante permanente de la Malaisie auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que de représentants des Ministères de la femme, de la famille et du développement communautaire, des affaires étrangères, de l’intérieur, de l’éducation, de la santé et des ressources humaines. Étaient aussi représentés les services du Procureur général, le Conseil national de sécurité et le Département du développement islamique.
Au cours du dialogue, la délégation a notamment indiqué que l’âge minimum du mariage en Malaisie était fixé à 18 ans. Dans le droit islamique, a-t-elle précisé, le mariage avant 18 ans est soumis à l’autorisation d’un tribunal religieux, lequel doit tenir compte, entre autres critères, du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. Le Gouvernement poursuit ses efforts auprès des autorités coutumières et religieuses pour harmoniser l’âge du mariage dans toutes les juridictions et ainsi mieux protéger les enfants, a assuré la délégation.
A aussi été mentionnée la stratégie «Zéro rejet» déployée depuis 2019 pour favoriser l’inscription à l’école des enfants handicapés. Le dispositif comprend des mesures en matière d’éducation spécialisée, d’éducation intégrée et, dans la mesure du possible, d’intégration des enfants ayant des besoins particulier dans les classes ordinaires, a précisé la délégation.
Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport de la Malaisie et les rendra publiques à l’issue de sa session, vendredi prochain, 30 janvier.
Lundi 26 janvier, à partir de 10 heures, le Comité examinera le rapport de l’Éthiopie.
Examen du rapport de la Malaisie
Le Comité est saisi du rapport valant deuxième à quatrième rapports périodiques de la Malaisie (CRC/C/MYS/2-4), ainsi que des réponses du pays à une liste de points à traiter qui avait été soumise par le Comité.
Présentation
Présentant le rapport de son pays, MME NANCY SHUKRI, Ministre de la femme, de la famille et du développement communautaire de la Malaisie, a d’abord précisé que son Gouvernement avait alloué, depuis 2022, un total de 6,75 milliards de ringgits malaisiens (1,6 milliard de dollars des États-Unis) à des initiatives en faveur des enfants, notamment pour le soutien à la nutrition et à l'éducation en milieu scolaire, pour des mesures préventives en matière de santé infantile et pour l'aide continue aux enfants et aux familles vulnérables.
Parallèlement, a ajouté Mme Shukri, le Gouvernement s'attache à améliorer le système de prestation des services publics et à renforcer les mécanismes de suivi concernant les enfants. À cette fin, le Premier Ministre a annoncé en 2022 la création de l'Agence pour le développement de l'enfant. Dans ce contexte, le ratio entre le nombre de travailleurs sociaux et le nombre de cas d'enfants [devant être pris en charge] a été ramené à un pour vingt, ce qui permet une meilleure gestion des cas pour assurer le bien-être des enfants qui étaient passés entre les mailles du filet, a mis en avant la Ministre.
Parmi les 21 lois qui ont été abrogées, amendées ou introduites pour améliorer la protection et les droits des enfants, Mme Shukri a mentionné les modifications apportées à la loi de 2017 sur les infractions sexuelles contre les enfants, afin de lutter contre le grooming et l'exploitation en ligne; les mises à jour de la loi de 2007 sur les témoignages d'enfants, afin de renforcer les garanties procédurales pour les enfants victimes et témoins; ou encore la promulgation de la loi de 2025 sur la sécurité en ligne, qui impose aux fournisseurs de services numériques des obligations claires en matière de protection des enfants contre les dangers en ligne.
La Malaisie est particulièrement fière qu'en 2025, la Constitution fédérale ait été modifiée afin d'accorder la citoyenneté aux enfants nés à l'étranger de mères malaisiennes, a poursuivi la Ministre, ajoutant que l'enregistrement des naissances reste accessible à tous les enfants nés en Malaisie, quel que soit le statut des documents de leurs parents au regard des lois sur l'enregistrement civil. Le Gouvernement malaisien continuera de surveiller étroitement et de renforcer l’application de ce nouveau droit constitutionnel, a-t-elle assuré.
Mme Shukri a ensuite souligné que la Malaisie avait pris des mesures pour renforcer sa réponse à la violence à l'égard des enfants, notamment par le biais de programmes de sensibilisation. Depuis 2023, le Gouvernement mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles et les centres d'activités récréatives, afin de promouvoir la ligne d'assistance nationale accessible 24 heures sur 24, a-t-elle précisé.
Mme Shukri a aussi mis en avant la nouvelle Politique nationale sur les enfants et son Plan d'action (2025-2030), cadre élaboré en étroite conformité avec la Convention et qui introduira des résultats mesurables dans les domaines tels que la protection, le développement, la participation et le bien-être des enfants. Dans le même temps, a indiqué la Ministre, le Plan d'action national sur les entreprises et les droits de l'homme 2025-2030 garantit que le secteur privé assume sa responsabilité de protéger les enfants et de prévenir le travail des enfants, en particulier dans les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre.
Le plan stratégique national actuel visant à s'attaquer aux causes du mariage des enfants s'achève en 2025, et le Gouvernement examine actuellement la mise en œuvre de la phase suivante, en s'appuyant sur les enseignements tirés et les nouvelles tendances, a d’autre part fait savoir Mme Shukri. Les statistiques nationales indiquent que le nombre de mariages d'enfants enregistrés a diminué entre 2019 et 2023, a-t-elle fait valoir.
S’agissant de la participation des enfants, Mme Shukri a indiqué que le Conseil national de l'enfance et le Conseil national consultatif de l'enfance, créés en 2011, offraient aux enfants des plates-formes officielles leur permettant de contribuer aux discussions sur les politiques nationales. Par ailleurs, le 8 octobre 2025, le Gouvernement, en collaboration avec l'UNICEF Malaisie, a organisé une réunion d'information parlementaire au sujet de la Convention.
Mme Shukri a insisté sur le fait que son Gouvernement veillait à ce que l'adaptation aux changements climatiques tienne compte des besoins des enfants, en intégrant ces besoins dans les politiques environnementales et de réduction des risques de catastrophe.
La Ministre a d’autre part fait état d’un certain nombre de mesures prises par son Gouvernement en faveur de l’éducation des enfants, précisant notamment que depuis octobre 2025, l'enseignement secondaire était devenu obligatoire, une responsabilité claire étant imposée aux parents et aux tuteurs quant à la fréquentation scolaire des enfants. Mme Shukri a par ailleurs fait état de taux élevés de vaccination et d’une amélioration de la nutrition des jeunes enfants.
Enfin, a dit Mme Shukri, la Malaisie reconnaît que la privation de liberté des enfants doit être abordée avec prudence et n'être appliquée que lorsque cela est nécessaire. C’est pourquoi les tribunaux pour enfants appliquent une approche axée sur la réhabilitation, soutenue par des systèmes d'aide juridique et de travail social. Les garanties procédurales pour les enfants en conflit avec la loi ont été renforcées grâce à une réforme législative et à une formation judiciaire, et tous les efforts entrepris sont guidés par l'intérêt supérieur de l'enfant, a affirmé la Ministre.
Questions et observations des membres du Comité
Le Comité avait chargé une équipe spéciale (ou groupe de travail) composée de plusieurs de ses membres de procéder à l’examen du rapport de l’Éthiopie : M. Rinchen Chophel, Mme Mary Beloff, Mme Juliana Scerri Ferrante et Mme Thuwayba Al Barwani.
Coordonnateur de cette équipe, M. CHOPHEL a d’abord salué les progrès réalisés par la Malaisie en matière de droits de l’enfant grâce au renforcement de son arsenal juridique et à l’adoption de politiques publiques fortes. La Malaisie, qui vise à devenir un pays à revenu élevé, doit continuer à accorder la priorité à la protection des droits de l’enfant, a-t-il déclaré.
M. Chophel a félicité la Malaisie pour ses progrès en matière de réduction des taux de mortalité maternelle et infantile. Il s’est dit surpris par une résurgence signalée du paludisme et du VIH/sida dans le pays, et s’est également dit préoccupé par une «tendance alarmante» en matière de santé mentale des jeunes. L’expert a par ailleurs demandé ce qu’il en était de l’éducation sexuelle dans les écoles et des politiques de lutte contre la consommation de stupéfiants. Il a en outre voulu savoir si la Malaisie interdirait les interventions chirurgicales non nécessaires et non explicitement consenties sur les enfants intersexes.
M. Chophel a d’autre part observé que la pauvreté aurait des effets disproportionnés sur les enfants autochtones en Malaisie.
MME SCERRI FERRANTE a pour sa part voulu savoir comment la Malaisie faisait en sorte que les enfants puissent exercer leurs droits et bénéficier de protections sur un pied d’égalité, compte tenu des réserves apportées par le pays aux articles 2, 7 et 14 de la Convention. L’experte a demandé si l’État entendait harmoniser la définition de l’enfant avec les dispositions de la Convention et fixer l’âge du mariage à 18 ans sans exception. Elle a en outre voulu savoir quelle aide était accordée aux enfants nés hors mariage, compte tenu des préceptes de l’islam.
L’experte a d’autre part souhaité savoir si l’État assurait l’enregistrement à l’état civil des enfants migrants et requérants d’asile afin qu’ils ne deviennent pas apatrides.
Plusieurs questions de Mme Scerri Ferrante ont ensuite porté sur la coordination de l’action des services publics chargés de protéger les droits de l’enfant, de même que sur l’adaptation du système judiciaire aux besoins des enfants et des adolescents. L’experte a voulu savoir si les fonctionnaires de l’État recevaient des formations à la Convention.
Mme Scerri Ferrante s’est également interrogée sur les mesures prises pour remédier au très grand nombre de décès d’enfants causés par des accidents de la circulation.
MME BELOFF a recommandé que les lois contre la violence à l’égard des enfants soient effectivement appliquées et accompagnées de budgets suffisants; en particulier, nombre d’enfants sont victimes de harcèlement en ligne, ce qui requiert que la loi adoptée récemment dans ce domaine soit dûment mise en œuvre, a-t-elle souligné. L’experte a demandé si les autorités étaient parvenues à mettre l’accent sur la prévention des violences à l’égard des enfants.
Mme Beloff a ensuite prié la délégation de dire si les fonctionnaires étaient bien formés à lutter contre le tourisme sexuel et l’exploitation sexuelle des enfants dans ce contexte.
Mme Beloff a par ailleurs voulu savoir si des mineurs accusés de terrorisme pouvaient être condamnés à mort. Le châtiment corporel est autorisé dans certaines écoles, a-t-elle en outre fait remarquer, avant de demander s’il était envisagé de criminaliser cette pratique dans les textes de loi malaisiens.
Il existe des disparités dans l’âge minimal du mariage en Malaisie, a d’autre part regretté l’experte. Elle a par ailleurs recommandé que les autorités, dans le cadre de l’islam, sensibilisent les familles aux effets délétères des mutilations génitales féminines.
Mme Beloff a demandé si la Malaisie allait élever l’âge de la responsabilité pénale et si les mineurs condamnés à la perpétuité pouvaient bénéficier de mesures de grâce.
D’autres questions de l’experte ont porté sur la prise en charge des enfants victimes de la traite des êtres humains en Malaisie.
Mme Beloff a voulu savoir quelle institution était chargée en Malaisie de la prise en charge des enfants réfugiés, demandeurs d’asile ou apatrides.
MME AL BARWANI a fait état d’informations selon lesquelles les services fournis dans les institutions pour enfants seraient de qualité insuffisante. Elle a demandé si le Gouvernement entendait procéder à la désinstitutionnalisation des 64 000 enfants qui seraient placés dans des centres résidentiels et assurer leur réintégration.
L’experte a aussi relevé que, selon des informations, la qualité des services d’éducation offerts aux enfants de certaines communautés serait insuffisante.
Mme Al Barwani a ensuite relevé un manque, en Malaisie, de statistiques ventilées au sujet de la situation des enfants handicapés, ce qui – a-t-elle fait remarquer – empêche l’État de prendre des mesures ciblées en leur faveur. Au moins 15% des enfants handicapés ne seraient pas scolarisés, a par ailleurs regretté l’experte. Le Comité est informé d’un manque de professionnalisme des travailleurs sociaux qui sont chargés des enfants handicapés, ainsi que d’un sous-investissement chronique des services de réinsertion de ces enfants, a-t-elle ajouté.
Quelque 2,5% des enfants malaisiens n’iraient pas à l’école, a d’autre part observé Mme Al Barwani. De plus, l’accès à l’école publique n’est pas gratuit pour les non-ressortissants, notamment pour les enfants réfugiés, demandeurs d’asile ou sans papiers, a-t-elle relevé.
Mme Al Barwani a par ailleurs demandé à quel âge les élèves recevaient un enseignement scolaire sur leurs droits en tant qu’enfants.
Réponses de la délégation
La délégation a précisé que la Malaisie avait pris acte d’une recommandation précédente du Comité relative à la levée des réserves que le pays a apportées au moment de ratifier la Convention. Ces réserves demeurent, mais le pays a néanmoins adopté des mesures administratives et juridiques pour mieux donner effet aux droits de l’enfant et préserver l’intérêt supérieur de l’enfant, a dit la délégation. Les autorités continuent de réévaluer ces réserves en consultation avec les parties concernées en Malaisie, et de réfléchir à ce que cette démarche implique.
La délégation a expliqué que c’est le Conseil national de l’enfance qui assure la coordination des institutions chargées d’appliquer les droits de l’enfant. Les autorités ont alloué des lignes budgétaires à la coordination de l’action en matière d’éducation et d’aide à la petite enfance, entre autres. Un plan d’action pour favoriser une gouvernance davantage axée sur la Convention, impliquant une douzaine d’institutions, a été mis en place en 2024, a d’autre part indiqué la délégation.
Conscient de l’importance que revêt la protection de l’enfant dans le monde numérique, le Gouvernement a renforcé les compétences des organes de contrôle en la matière, a par ailleurs fait valoir la délégation. Il s’assure aussi que les lois promulguées dans ce domaine soient compatibles avec la Convention et avec les normes internationales.
La délégation a souligné que le Gouvernement avait édicté, à l’intention des fonctionnaires, magistrats et travailleurs sociaux, des procédures et directives en matière de protection de l’enfance. Des mesures sont aussi prises afin de garantir la continuité et l’uniformité de l’action de l’État dans ce domaine.
Le Gouvernement a mis en place un réseau de «centres de crise à guichet unique» offrant une prise en charge intégrée aux victimes de violences familiales et de violences sexuelles, a fait savoir la délégation. Le Ministère de la santé organise des formations sur la prévention et la détection des violences sexuelles sur mineurs, a-t-elle ajouté.
Les enfants victimes de violences domestiques bénéficient de mesures de protection, y compris, si nécessaire, le placement hors de leur milieu familial, a en outre souligné la délégation.
La Commission nationale indépendante des droits de l’homme de la Malaisie (SUHAKAM), dont trois membres sont spécialisés dans les droits de l’enfant, organise des activités de plaidoyer et de formation dans ce domaine, a également indiqué la délégation. Ladite Commission peut en outre recevoir des plaintes pour violation des droits de l’homme et visiter des lieux où des enfants sont détenus.
L’âge minimum du mariage est fixé à 18 ans, a fait savoir la délégation, avant d’ajouter que dans le droit islamique, le mariage avant 18 ans est soumis à l’autorisation d’un tribunal religieux, lequel doit tenir compte, entre autres critères, du respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. Le Gouvernement poursuit ses efforts auprès des autorités coutumières et religieuses pour harmoniser l’âge du mariage dans toutes les juridictions et ainsi mieux protéger les enfants, a déclaré la délégation.
Les enfants nés hors mariage sont inscrits à l’état civil pour autant que la naissance ait eu lieu en Malaisie, a par ailleurs expliqué la délégation.
Les lois régissant l’immigration en Malaisie ont été révisées récemment en vue notamment de clarifier les droits des enfants réfugiés et demandeurs d’asile à la santé, à la protection sociale, à l’éducation (dans le privé) et à la protection contre l’exploitation et la violence, a indiqué la délégation. À compter du mois de février prochain, les enfants concernés seront recensés afin que l’État puisse prendre en leur faveur des mesures de protection mieux ciblées; les enfants se verront remettre des documents d’identité, a fait valoir la délégation.
Le système de santé universelle malaisien est entièrement accessible aux enfants réfugiés, y compris pour ce qui est des services de santé préventive tels que la vaccination contre la polio, a ajouté la délégation.
La délégation a assuré que la détention de mineurs était une mesure rare, non automatique et soumise à révision annuelle. Le mineur qui a commis un délit entraînant la peine de mort si ce délit était commis par un majeur peut être placé en détention, a notamment souligné la délégation.
Tout enfant détenu a le droit de voir son cas évalué une fois par année au moins, a insisté la délégation, avant d’ajouter que toute mesure de grâce relève exclusivement du Sultan et de l’exécutif.
Une personne accusée d’avoir violé la loi antiterroriste ne peut encourir la peine de mort si cette personne était mineure au moment de la commission des faits, a précisé la délégation.
La délégation a par ailleurs donné des précisions concernant la formation dispensée aux fonctionnaires de justice quant à la manière de tenir compte, dans les procédures judiciaires, des droits et des besoins des enfants victimes et témoins.
Le plan d’action national sur les entreprises et les droits de l’homme qui court jusqu’à 2030 oblige les entreprises à mesurer les risques que leurs activités font courir aux enfants, en particulier pour ce qui est de l’exploitation en ligne, et à y remédier, a d’autre part souligné la délégation.
Répondant à des questions sur les châtiments corporels, la délégation a précisé que les mesures disciplinaires prises à l’école étaient considérées comme une mesure de dernier recours et qu’elles devaient se fonder sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Il est envisagé d’éliminer progressivement ces mesures disciplinaires à l’école, a indiqué la délégation.
Le Gouvernement a décidé d’ouvrir davantage de jardins d’enfants et d’écoles dans les zones rurales et isolées, et d’améliorer la qualité des enseignements qui y sont dispensés, a poursuivi la délégation. Ce faisant, les autorités visent notamment à combler la fracture numérique entre villes et campagnes, a-t-il été précisé. La délégation a aussi fait état de l’amélioration des infrastructures scolaires pour mieux accueillir les enfants autistes ou ayant des besoins particuliers.
Les enfants de réfugiés enregistrés auprès de l’État ont le droit de fréquenter l’enseignement privé, dans un contexte où l’enseignement public est surchargé, a ajouté la délégation. Le Gouvernement est prêt à améliorer encore le système en tenant compte de l’apport de ses partenaires internationaux, y compris l’apport du Comité, a-t-elle indiqué.
La délégation a d’autre part attiré l’attention sur la stratégie «Zéro rejet» déployée depuis 2019 pour favoriser l’inscription à l’école des enfants handicapés. Le dispositif comprend des mesures en matière d’éducation spécialisée, d’éducation intégrée et, dans la mesure du possible, d’intégration des enfants ayant des besoins particulier dans les classes ordinaires. De plus, le Ministère de l’éducation a mis en place un programme d’accès des enfants handicapés à la formation professionnelle et supérieure.
La délégation a d’autre part souligné que le Gouvernement avait pris des mesures pour que le placement en institution d’un enfant soit une mesure de dernier recours, après épuisement d’autres solutions basées, notamment, sur la famille élargie et les familles d’accueil. Le cas échéant, des dispositions sont prises pour que les tuteurs, familles ou aidants bénévoles présentent les garanties de moralité et de compétence nécessaires pour accueillir des enfants, et des aides leur sont versées.
Le Gouvernement a par ailleurs introduit un ensemble de critères permettant d’identifier activement les victimes et victimes potentielles de la traite de personnes, en particulier les enfants, a indiqué la délégation. Des mesures ont en outre été prises pour simplifier la dénonciation de tels actes. Les enfants concernés par la traite sont traités comme des victimes, indépendamment de leur statut migratoire; ils bénéficient d’une aide de l’État, apportée par des professionnels, et n’encourent aucune sanction, a-t-il été précisé.
La délégation a ensuite indiqué que les stratégies du Gouvernement pour réduire la pauvreté dans les communautés autochtones et rurales étaient axées sur l’éducation et la prise en charge de la petite enfance, l’accès aux services de base (eau et électricité), la santé et le logement, outre le versement d’allocations et de minima sociaux. Les stratégies sont fondées sur les besoins des enfants. Le taux de scolarisation des enfants autochtones ou vivant dans les campagnes est passé de 77% en 2022 à 87,5% en 2025, a fait valoir la délégation.
S’agissant des questions de santé, la délégation a indiqué que le Gouvernement finançait et mettait en œuvre, avec la société civile et à l’échelle du pays, un plan d’action en lien avec le VIH/sida, axé sur la prévention et les traitements, y compris le traitement antirétroviral. Les chefs religieux de toutes les confessions ont été sensibilisés à cette question en vue de mieux lutter contre la propagation de la maladie au niveau local, a ajouté la délégation.
Les enfants migrants, quel que soit leur statut migratoire, reçoivent des soins de santé dans les établissements publics, a par ailleurs souligné la délégation.
Le Gouvernement veille par ailleurs à améliorer l’offre et la coordination des services de santé mentale destinés aux enfants et aux adolescents, a poursuivi la délégation. Les traitements dans ce domaine nécessitent l’aval des parents, qui sont en Malaisie les principaux garants de l’intérêt supérieur de l’enfant, a-t-elle précisé.
La délégation a également décrit les mesures prises par le Gouvernement pour favoriser l’allaitement maternel en Malaisie.
La Constitution interdit toute discrimination envers les enfants; parallèlement, la loi sur la protection des enfants interdit la marginalisation de tel ou tel groupe d’enfants et protège les enfants – y compris les enfants LGBT – contre le harcèlement et la violence, a souligné la délégation. Il n’existe pas, en Malaisie, de thérapie de conversion telle que définie par le Comité, a-t-elle ajouté.
D’autre part, le plan d’action national sur les entreprises et les droits de l’homme dispose de la protection des droits des enfants dans le cadre des activités commerciales, s’agissant en particulier de l’interdiction du travail dangereux et de leur exploitation dans les chaînes d’approvisionnement, a fait observer la délégation.
La consultation et la participation des enfants sur les questions les concernant, en fonction de leur âge et de leur niveau de maturité, font aussi partie des priorités du Gouvernement, a assuré la délégation. Il existe pour ce faire des conseils de représentation des enfants actifs dans tout le pays, a-t-elle précisé.
La délégation a répondu à d’autres questions des experts portant sur la réduction de la fracture numérique à l’école, l’enregistrement des naissances, la formation des travailleurs sociaux ou encore sur la supervision des institutions accueillant des enfants.
Remarques de conclusion
M. CHOPHEL a félicité la Malaisie pour les engagements qu’elle a pris afin de renforcer les systèmes de protection pour tous les enfants. L’expert a notamment recommandé que la Malaisie retire ses réserves à la Convention et intègre pleinement les dispositions de cet instrument. Il a en outre plaidé pour l’adoption, par la Malaisie, de mesures concrètes afin d’inclure les enfants réfugiés, demandeurs d’asile et apatrides dans les systèmes nationaux d’éducation et de santé.
MME SHUKRI a assuré que l’engagement envers la Convention était une partie essentielle du programme de développement national de la Malaisie et que le Gouvernement s’efforçait d’appliquer, à ce titre, des politiques ayant des effets concrets pour les enfants. Le Gouvernement accorde une attention particulière aux enfants handicapés, aux enfants ayant besoin de protection, aux enfants touchés par la pauvreté et à ceux vivant dans les zones reculées, a conclu la Ministre.
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