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« La Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale est célébrée pour nous rappeler les horreurs que peut provoquer la discrimination raciale », souligne Michelle Bachelet devant le Conseil des droits de l’homme

Comptes rendus de séance

 

À l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale (officiellement célébrée le 21 mars de chaque année), le Conseil des droits de l’homme a tenu ce matin un débat qui avait pour thème : « Des voix pour agir contre le racisme ». Il a ensuite achevé son débat général au titre du suivi et de l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Vienne en entendant les déclarations de plusieurs représentants d’organisations non gouvernementales**. En fin de matinée, le Conseil a entendu la présentation du rapport du Groupe de travail intergouvernemental sur l’application effective de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, avant d’entamer son débat général au titre du racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, en entendant les déclarations de quelques délégations***.

Dans une déclaration liminaire à l’ouverture du débat tenu à l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, Mme Michelle Bachelet, Haute-Commissaire aux droits de l’homme, a salué les efforts considérables qui sont entrepris à travers le monde pour traiter le racisme et s’est dite encouragée par les progrès qui ont été enregistrés. Pour autant, encore aujourd’hui, des millions de personnes – y compris des Africains et des personnes d'origine africaine, des Asiatiques et des personnes d'origine asiatique, des peuples autochtones, des migrants et des personnes membres de minorités nationales, ethniques et linguistiques – continuent d’être confrontées au racisme, à la discrimination raciale, à l'inégalité et à l'exclusion, qui prennent souvent la forme de l'islamophobie, de l'antisémitisme, de la discrimination et de l'intolérance religieuses, et qui touchent les communautés musulmanes, arabes, juives et autres dans le monde entier, a-t-elle souligné.

La Haute-Commissaire s’est également dite inquiète des narratifs préjudiciables contre les migrants et les réfugiés – des narratifs qui convoquent la peur et la supériorité raciale, alimentent la discrimination, la haine et la violence raciales, et détruisent notre tissu social, déstabilisant nos valeurs communes. Toutes les manifestations de racisme doivent être immédiatement traitées et stoppées, a-t-elle déclaré, affirmant que l’on avance trop lentement en la matière.

Garantir une participation et une représentation authentiques des militants et des communautés à tous les niveaux de décision est une étape fondamentale dans la lutte contre la discrimination raciale, a ajouté la Haute-Commissaire. Il faut que les États et les sociétés s'attaquent à l'héritage complexe et aux conséquences durables des formes passées de racisme et d'exclusion, notamment l'exploitation coloniale, la réduction en esclavage et la traite des Africains, et il est temps de rendre une justice réparatrice, a également indiqué Mme Bachelet.

Comme le Secrétaire général n’a cessé de le rappeler : notre diversité est notre force et en aucun cas une menace, a souligné la Haute-Commissaire. « La Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale est célébrée pour nous rappeler les horreurs que peut provoquer la discrimination raciale », a-t-elle conclu.

Suite à cette déclaration de la Haute-Commissaire, M. Amock Alikuleti, militant des droits de l’homme, poète et ancien bénéficiaire du Programme de bourses pour personnes d’ascendance africaine du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a donné lecture d’un poème intitulé Justice Is Not Blind (A Portrait of Corporate-State Impunity).

Les panélistes de ce débat étaient : Mme Manjusha P. Kulkarni, Directrice exécutive de l’AAPI Equity Alliance et cofondatrice de Stop AAPI Hate ; Mme Mary Kluk, Vice-Présidente du Conseil des députés juifs d’Afrique du Sud, fondatrice et directrice du Centre de l’Holocauste et du génocide de Durban et Vice-Présidente du Congrès juif mondial ; M. Joshua Castellino, Directeur exécutif de Minority Rights Group International et professeur de droit à l’Université Middlesex de Londres ; et Mme Lucia Xavier, fondatrice et coordinatrice générale de l’organisation Criola.

Mme Kulkarni a déploré le racisme et la discrimination à l’encontre des communautés d’Américains d’origine asiatique et des insulaires du Pacifique aux États-Unis. Mme Kluk a pour sa part regretté que les personnes en position de pouvoir – non seulement en Afrique du Sud, mais dans le monde entier – appréhendent les migrants comme un danger, détournant ainsi l’attention de la pauvreté, de la crise croissante du chômage et de la crise climatique sans précédent. M. Castellino a, quant à lui, appelé à la tolérance zéro envers toute entité, aussi puissante soit-elle, qui utiliserait l’identité comme une épée pour diviser les populations. Mme Xavier a condamné la violence et les inégalités raciales qui empêchent les Afro-descendants du Brésil de vivre dignement et de contribuer aux prises de décision sur l'orientation du pays.

Suite à ces présentations, de nombreuses délégations ont pris part au débat*.

 

Le Conseil des droits de l’homme poursuivra cet après-midi, à 15 heures, son débat général au titre du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée.

 

Débat à l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

Ouvert par M. FEDERICO VILLEGAS, Président du Conseil des droits de l’homme, le débat avait pour thème « Des voix pour agir contre le racisme ».

Déclarations liminaires

« Aujourd'hui, nous célébrons les millions de voix qui, dans le monde entier, luttent sans relâche et courageusement contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée (…) et dont la bravoure se heurte à la xénophobie et aux discours de haine », a déclaré MME MICHELLE BACHELET, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, à l’ouverture du débat. « Beaucoup trop souvent, leurs propres vies sont en danger simplement à cause de la couleur de leur peau, de leur appartenance ethnique, de leurs croyances religieuses ou du lieu où [ces personnes] sont nées », a-t-elle ajouté. Elle a salué les efforts considérables qui sont entrepris à travers le monde pour traiter le racisme et s’est dite encouragée par les progrès qui ont été enregistrés.

Pour autant, encore aujourd’hui, des millions de personnes – y compris des Africains et des personnes d'origine africaine, des Asiatiques et des personnes d'origine asiatique, des peuples autochtones, des migrants et des personnes membres de minorités nationales, ethniques et linguistiques – continuent d’être confrontées au racisme, à la discrimination raciale, à l'inégalité et à l'exclusion, qui prennent souvent la forme de l'islamophobie, de l'antisémitisme, de la discrimination et de l'intolérance religieuses, et qui touchent les communautés musulmanes, arabes, juives et autres dans le monde entier. Le racisme affecte tous les domaines de leurs vies ; il empêche des millions de personnes de jouir de tous leurs droits de l’homme, a insisté Mme Bachelet. Elle s’est également dite inquiète des narratifs préjudiciables contre les migrants et les réfugiés – des narratifs qui convoquent la peur et la supériorité raciale et alimentent la discrimination, la haine et la violence raciales. Cette haine est souvent alimentée par les discours politiques ou les médias et ces narratifs toxiques détruisent notre tissu social, déstabilisant nos valeurs communes, a souligné Mme Bachelet. Toutes les manifestations de racisme doivent être immédiatement traitées et stoppées, a-t-elle déclaré, affirmant que l’on avance trop lentement en la matière. « Il est vital et urgent que nous nous unissions pour accélérer le rythme de la lutte contre le racisme et la discrimination raciale », a insisté la Haute-Commissaire.

La Déclaration et le Programme d’action de Durban restent plus que jamais pertinents pour orienter la lutte contre le racisme. Mais il existe encore des lacunes en matière de protection qu'il convient de combler sans tarder en adoptant des normes supplémentaires.

L’Instance permanente des personnes d'ascendance africaine commencera bientôt à fonctionner et conseillera le Conseil sur les questions relatives aux personnes d'ascendance africaine, a indiqué la Haute-Commissaire, rappelant que cette Instance contribuerait également à l’élaboration d’une déclaration des Nations Unies sur la promotion, la protection et le plein respect des droits de l’homme des personnes d’ascendance africaine. Mme Bachelet a rappelé que l’année dernière, elle avait présenté au Conseil un programme en quatre points intitulé « Vers un changement transformateur en faveur de la justice et de l'égalité raciales », qui contient un certain nombre de recommandations importantes et indique clairement la voie à suivre.

Les États doivent être à l'écoute de celles et ceux qui sont victimes de discrimination et qui s'opposent au racisme, et agir rapidement pour répondre à leurs préoccupations. Garantir une participation et une représentation authentiques des militants et des communautés à tous les niveaux de décision est une étape fondamentale dans la lutte contre la discrimination raciale, a ajouté la Haute-Commissaire.

Elle a demandé aux États d’offrir un environnement sûr aux personnes qui luttent contre le racisme et qui choisissent d'exercer leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association. Il faut aussi que les États et les sociétés s'attaquent à l'héritage complexe et aux conséquences durables des formes passées de racisme et d'exclusion, notamment l'exploitation coloniale, la réduction en esclavage et la traite des Africains, et il est temps de rendre une justice réparatrice, a indiqué Mme Bachelet.

En temps de paix et surtout en temps de conflit, a fait remarquer Mme Bachelet, les autorités et le secteur privé doivent s'abstenir de toute incitation à la haine, à la discrimination et à la violence de quelque nature que ce soit, y compris en ligne.

Comme le Secrétaire général n’a cessé de le rappeler : notre diversité est notre force et en aucun cas une menace, a souligné la Haute-Commissaire.

« La Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale est célébrée pour nous rappeler les horreurs que peut provoquer la discrimination raciale », a conclu Mme Bachelet.

M. AMOCK ALIKULETI, militant des droits de l’homme, poète et ancien bénéficiaire du Programme de bourses pour personnes d’ascendance africaine du Haut-Commissariat aux droits de l’homme , a donné lecture d’un poème intitulé Justice Is Not Blind (A Portrait of Corporate-State Impunity) (La justice n’est pas aveugle. Un portrait de l’impunité des États et des entreprises).

Exposés des panélistes

Mme Manjusha P. Kulkarni, Directrice exécutive de l’AAPI Equity Alliance et cofondatrice de Stop AAPI Hate, a déploré le racisme et la discrimination à l’encontre des communautés d’Américains d’origine asiatique et des insulaires du Pacifique aux États-Unis. La notion d’Américains d’origine asiatique en tant qu’étrangers perpétuels a conduit à un profilage et à une surveillance de masse, a-t-elle fait observer. Ces communautés ont été la cible non seulement d’attaques personnelles, mais aussi de politiques gouvernementales qui font des immigrants et des communautés d’Américains d’origine asiatique et des insulaires du Pacifique des boucs émissaires.

Plus récemment, le mythe de la minorité modèle a entraîné un manque de services pour répondre à la multitude de leurs besoins et a entraîné un sous-investissement du Gouvernement, des entreprises et de la philanthropie pour améliorer la vie de ces communautés, a poursuivi Mme Kulkarni.

Le 19 mars 2020, l’organisation AAPI Equity Alliance, en collaboration avec Chinese for Affirmative Action et le département d’études américano-asiatiques de l’Université d’État de San Francisco, a lancé Stop AAPI Hate, en raison de de l’émergence d’incidents haineux contre les Américains d’origine asiatique et les insulaires du Pacifique liés à la COVID-19. Entre mars 2020 et décembre 2021, l’organisation a reçu près de 11 000 incidents autodéclarés pour préjugés et discrimination dans les cinquante États américains, a indiqué Mme KulKarni.

Mme Mary Kluk, Vice-Présidente du Conseil des députés juifs d’Afrique du Sud, fondatrice et directrice du Centre de l’Holocauste et du génocide de Durban et Vice-Présidente du Congrès juif mondial , a expliqué que l’Afrique du Sud a une longue histoire d’exclusion, qui se poursuit tragiquement sous différentes formes aujourd’hui. Au cours des trois dernières décennies, la culture de tolérance et d’antiracisme s’est érodée en raison de divers facteurs qui montrent que la lutte contre les préjugés exige une vigilance constante, a-t-elle indiqué.

Mme Kluk a expliqué qu’une grande partie de son travail s’inspire de la tradition sud-africaine de conciliation, qui a facilité la « transition miraculeuse » vers la démocratie par le dialogue et le compromis.

En 2008, le pays a été profondément ébranlé par une flambée d’attaques xénophobes contre des étrangers. Cela a marqué le début d’un cycle de violence et de tourments indescriptibles dans lequel les migrants, ainsi que de nombreux Sud-Africains, ont été plongés, a expliqué Mme Kluk. Ce qui exacerbe le problème, a-t-elle poursuivi, c’est lorsque les personnes en position de pouvoir – non seulement en Afrique du Sud, mais dans le monde entier – appréhendent les migrants comme un danger, détournant ainsi l’attention de la pauvreté, de la crise croissante du chômage et de la crise climatique sans précédent.

En tant que membre fondateur du Groupe de travail sur les crimes de haine, le Conseil des députés juifs d’Afrique du Sud s’est uni contre la haine. Ce groupe de travail sur les crimes de haine est un réseau multisectoriel d’organisations de la société civile mis en place pour diriger les initiatives de plaidoyer et de réforme relatives aux crimes de haine en Afrique du Sud et dans la région, a indiqué Mme Kluk.

Les membres du réseau travaillent dans divers secteurs, notamment dans les domaines des droits des LGBTI ; des droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile ; et des organisations de défense des droits de l’homme au sens large.

MME LUCIA XAVIER, fondatrice et coordinatrice générale de l’organisation Criola, a attiré l’attention sur les conditions de vie précaires et la violence subies par les Afro-descendants au Brésil, où ils représentent 54% des 214,8 millions d'habitants du pays. La violence et les inégalités raciales empêchent les Afro-descendants de vivre dignement et de contribuer aux prises de décision sur l'orientation du pays, a-t-elle expliqué.

Mme Xavier a jugé indispensable de tenir les engagements pris par les États Membres des Nations Unies, pendant la Conférence mondiale contre le racisme de Durban (2001), en faveur de l'éradication du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et des formes d'intolérance qui y sont liées. La Conférence a déjà eu pour effet, au Brésil, l’adoption de nouvelles politiques pour étendre les droits des Afro-descendants, a fait observer Mme Xavier, évoquant notamment la politique de quotas dans l'enseignement supérieur, l'enseignement obligatoire de l'histoire de l'Afrique, des Afro-descendants et des peuples autochtones ou encore l'adoption du Statut d'égalité raciale (2010).

Mais il reste beaucoup à faire pour éliminer les obstacles institutionnels qui empêchent la participation des Afro-descendants à la prise de décision politique en toute égalité, a insisté Mme Xavier. Il faut notamment renforcer la société civile, en particulier les organisations et les leaders qui luttent pour les droits de l'homme. Mme Xavier a aussi insisté sur l’importance de lutter contre les formes aggravées de discrimination que sont le sexisme et la haine visant les LGBTQIA+.

M. Joshua Castellino, Directeur exécutif de Minority Rights Group International et professeur de droit à l’Université Middlesex de Londres , a déploré qu’en cette période de grave crise, le monde semble incapable d’agir dans l’unité et la solidarité et de trouver des solutions imaginatives aux problèmes communs qui nous affectent tous. Aucune organisation dans toute l’histoire de l’humanité n’a fait plus, à l’échelle mondiale, pour renverser les héritages de la colonisation et de la division que les Nations Unies en 75 ans d’existence, a-t-il souligné.

Le temps est venu de puiser à nouveau dans cet héritage, de faire preuve de leadership et de vision, d’éradiquer et d’éliminer toutes les formes de discrimination raciale, a déclaré M. Castellino. Il a appelé la communauté internationale à agir pour éliminer les barrières qui divisent l’humanité et à s’atteler à la tâche de construire la plate-forme d’unité qui est nécessaire de toute urgence pour relever les défis auxquels le monde est collectivement confronté en tant que race humaine.

George Floyd n’était pas le premier membre d’une minorité à mourir brutalement aux mains de la police ; pourtant, son meurtre a résumé le défi auquel le monde est confronté, a souligné M. Castellino, expliquant que de tels événements sont les conséquences d’injustices systémiques et structurelles qui invisibilisent, excluent et marginalisent quotidiennement des communautés entières. Il a plaidé pour une action forte en faveur du changement, qui inclue la tolérance zéro envers toute entité, aussi puissante soit-elle, qui utiliserait l’identité comme une épée pour diviser les populations.

Aperçu du débat

La haine raciale et ethnique nourrit les atrocités de masse, les guerres et les génocides, a mis en garde une délégation. Il a été affirmé que le « chemin de la vérité et de la réconciliation » passait par l’extirpation des préjugés instillés par « les fausses doctrines de supériorité raciale qui ont façonné les relations et les politiques du passé ». De même, il a été jugé essentiel de contrer la désinformation pour prévenir le racisme, notamment son utilisation à des fins politiques. L’on a également mis en garde contre les efforts visant à faire l’impasse sur l'enseignement de l'histoire, notamment la manière dont le racisme systémique et structurel a façonné la société. Les pays concernés ont été appelés à éradiquer l'héritage de l'esclavage et du colonialisme. Ce n'est qu'en enseignant une histoire exacte – ce qui implique de faire entendre les voix et les expériences des personnes racialisées – que nous pourrons faire face à l'impact actuel du racisme, a-t-on insisté.

Les membres des groupes minoritaires, principalement les personnes de couleur, ont été les plus touchés par la pandémie de COVID-19, a-t-il en outre été relevé. Les difficultés que rencontrent les femmes et les filles d'origine africaine pour exercer leurs droits en matière de santé sexuelle et procréative ont été mentionnées à plusieurs reprises. Des manifestations d’antisémitisme et de russophobie ont aussi été dénoncées.

Nombre de délégations ont réitéré leur engagement en faveur de la Déclaration et du Programme d’action de Durban et, plus de vingt ans après leur adoption, ont plaidé pour que des mesures concrètes soient adoptées en vue de la pleine mise en œuvre de ces documents. Dans ce cadre, tous les États ont été appelés à participer aux activités du Groupe de travail intergouvernemental sur l’application effective de la Déclaration et du Programme d’action de Durban ainsi que du Groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine et leur attention a été attirée sur l’utilité des recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale dans leur lutte contre le racisme.

Plusieurs délégations ont décrit les mesures prises par leur pays pour mieux lutter contre la discrimination raciale. Ont été mentionnées, par exemple, la création d’institutions publiques chargées d’assurer la participation conjointe des représentants de la société civile, des représentants du gouvernement et du monde universitaire à la formulation des politiques publiques de promotion de l'égalité raciale ; l’application d’un programme national d’intégration des Afro-descendants dans le système éducatif et dans la société en général ; l’organisation de campagnes de sensibilisation aux effets négatifs de la discrimination raciale ; ou encore la criminalisation des actes de discrimination raciale et des discours de haine.

Sans les contributions des personnes et des organisations qui se dressent contre le racisme, les luttes contre l’esclavage, contre l’oppression colonialiste, contre la discrimination raciale et contre le racisme systémique et structurel auxquels les Africains et les personnes d’ascendance africaine sont confrontés seront d’autant plus difficiles, a-t-il été souligné. Plusieurs intervenants ont insisté sur le rôle que jouent les enfants dans la lutte contre le racisme et ont rappelé que les enfants ont le droit de participer aux affaires publiques.

*Liste des intervenants : Brésil, Haïti (au nom d’un groupe de pays), Canada (au nom d’un groupe de pays), Finlande (au nom d’un groupe de pays), Côte d’Ivoire (au nom du Groupe africain), Pakistan (au nom de l’Organisation de la coopération islamique), Union européenne, Cuba, Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Arménie, Fédération de Russie,International Service for Human Rights, Congrès juif mondial, Stichting CHOICE for Youth and Sexuality, États-Unis, Équateur, République dominicaine, Gabon, Azerbaïdjan, Allemagne, Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Chine, Afrique du Sud, Costa Rica, Belgique, Malawi, Venezuela, Mouvement international de la jeunesse et des étudiants pour les Nations Unies, CELS et Edmund Rice International Ltd.

Remarques de conclusion des panélistes

Mme Kulkarni a déclaré qu’il fallait prendre des mesures partout dans le monde pour lutter contre la haine à l’encontre des populations issues de diverses origines et des communautés marginalisées. Il faut se départir des politiques de profilage et favoriser la participation de ces populations à la vie publique, a-t-elle ajouté. Il faut s’attaquer aux discriminations et au racisme systémiques pour mettre en œuvre les droits de l’homme partout dans le monde, a-t-elle insisté.

Mme Kluk a souligné qu’il restait beaucoup à faire dans le domaine de la lutte contre le racisme. Elle a souhaité conclure son propos en exposant un exemple qu’elle a jugé inspirant. Elle a ainsi exposé le cas d’un étudiant sud-africain qui, il y a 6 ans, avait tenu des propos haineux et qui, après des années de poursuites sans résultats, a expliqué l’an dernier qu’il avait mené un processus d’introspection l’ayant amené à décider de travailler sur la question de l’éducation au Centre de l’Holocauste et du génocide (de Durban). Ce n’est qu’avec le temps, que cette personne a dit avoir compris que les propos qu’elle avait tenus étaient dangereux. Au fil du temps, une relation a été nouée avec cette personne, qui est devenue connue et reconnue. Cet exemple témoigne de ce qui peut être obtenu par une justice axée sur la reconstruction, a indiqué Mme Kluk.

Mme Xavier a expliqué qu’il fallait prêter davantage attention aux discriminations raciales à l’encontre des personnes LGBTI. Il faut davantage de coopération internationale dans ce domaine afin d’obtenir de meilleurs résultats, a-t-elle insisté.

M. Castellino a déclaré qu’éliminer la discrimination nécessite des coopérations profondes pour résoudre les défis majeurs que rencontrent nos sociétés. Il faut garantir la dignité de chaque être humain et l’humanité a besoin que tous les États luttent contre la discrimination raciale, a-t-il souligné.

Fin du débat général au titre du suivi et de l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Vienne

De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) ont dénoncé les discriminations et les violences à l’encontre des femmes dans de nombreuses régions du monde, y compris dans des situations de conflit. Ont également été dénoncées les violences et discriminations à l’encontre de diverses communautés et minorités dans les zones de conflit dans de nombreuses régions du monde.

A en outre été dénoncé le recours à la torture dans de nombreux pays, y compris contre des enfants, des femmes ou des journalistes. Un intervenant a condamné l’enrôlement d’enfants dans des conflits armés.

Plusieurs ONG ont dénoncé les discriminations à l’encontre de minorités à travers le monde.

Un appel a été lancé en faveur de la levée des droits de propriété intellectuelle (brevets) sur les vaccins contre la COVID-19 afin de permettre aux personnes vulnérables et marginalisées partout dans le monde d’y avoir accès. Certaines ONG ont attiré l’attention sur l’augmentation sensible des violations des droits de l’homme durant la pandémie.

L’attention a en outre été attirée sur la situation des travailleurs migrants dans de nombreuses régions du monde. Plusieurs intervenants ont condamné la « racialisation » de la question des migrants arrivant en Europe et ont attiré l’attention sur la situation des migrants d’ascendance africaine, évoquant ainsi le sort des étudiants africains empêchés de traverser la frontière ukrainienne.

Il faut soutenir et protéger l’ensemble de la population afghane contre les exactions, a-t-il par ailleurs été souligné.

**Liste des intervenants : Action Canada pour la population et le développement, International Action for Peace & Sustainable Development, Service International pour les droits de l'hommeAssociation pour la défense des droits de l'homme et des revendications démocratiques/culturelles du peuple Azerbaidjanais-Iran - « ARC », iuventum e.V., Organisation internationale pour les pays les moins avancés (OIPMA), Réseau Unité pour le Développement de Mauritanie, Centre du Commerce International pour le Développement, Alsalam Foundation, Iraqi Development Organization, Centre Zagros pour les Droits de l'Homme, Organisation pour la Communication en Afrique et de Promotion de la Cooperation Economique Internationale - OCAPROCE Internationale , Indigenous People of Africa Coordinating Committee, Global Welfare Association, Association pour l'Intégration et le Développement Durable au Burundi , Integrated Youth Empowerment - Common Initiative Group (I.Y.E. – C.I.G.), et Prahar.

Présentation de rapports au titre du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée

Le Conseil est saisi, d’une part, d’un rapport de la Haute-Commissaire intitulé « Lutte contre l’intolérance, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la discrimination, l’incitation à la violence et la violence visant certaines personnes en raison de leur religion ou de leurs convictions » (A/HRC/49/86) ; et, d’autre part, du rapport du Groupe de travail intergouvernemental sur l’application effective de la Déclaration et du Programme d’action de Durban sur les travaux de sa dix-neuvième session, tenue à Genève du 11 au 22 octobre 2021 (A/HRC/49/89 ).

Présentation

Le rapport du Groupe de travail intergouvernemental sur l’application effective de la Déclaration et du Programme d’action de Durban a été présenté par sa Présidente-Rapporteuse, MARIE CHANTAL RWAKAZINA, également Représentante permanente du Rwanda auprès des Nations Unies à Genève. Mme Rwakazina a indiqué que la réunion [la 19ème session du Groupe de travail] avait porté sur la discrimination raciale dans le monde, ainsi que sur des mesures pour renforcer l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Durban et pour assurer une meilleure complémentarité des efforts à cette fin.

Les participants ont notamment souligné que la responsabilité de la lutte contre racisme incombe d’abord aux États, qui doivent se doter de plans d’action complets à cet égard, collaborer avec les organisations de la société civile et tenir compte des expériences de personnes touchées par le racisme.

Le Groupe de travail a aussi noté avec préoccupation l'impact disproportionné de la COVID-19 sur les inégalités existant au sein des sociétés et entre les pays et a regretté que des personnes appartenant à des minorités raciales et ethniques, des Asiatiques et des personnes d'ascendance asiatique ainsi que d'autres personnes, en particulier des femmes et des filles, aient été victimes de violences racistes, de menaces de violence, de discrimination et de stigmatisation. Le Groupe de travail a demandé instamment aux États de s'attaquer à ce problème.

Débat général au titre du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée

Malgré les efforts déployés par la communauté internationale depuis vingt ans, le fléau du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est associée – y compris leurs nouvelles formes et manifestations – persiste dans toutes les régions du monde, et d'innombrables êtres humains en sont encore victimes aujourd'hui, a-t-il été regretté ce matin. En particulier, la persistance du profilage racial et des violences racistes a été condamnée à plusieurs reprises pendant le débat. L’islamophobie et la diffamation des religions ont, elles aussi, été jugées préoccupantes.

Tous les États ont été appelés à faire preuve d'une volonté politique plus forte dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'action de Durban, à accélérer leur action pour l'égalité raciale et à s'attaquer aux disparités et aux inégalités dans le développement humain dues au racisme, à la discrimination raciale, à la xénophobie et à l'intolérance qui y est associée.

Aucune société n'est à l'abri du racisme et de la discrimination raciale, a fait observer un intervenant, avant de recommander de mettre en lumière les nombreuses initiatives et évolutions positives qui existent et d’en tirer des enseignements.

Les efforts engagés au niveau de l’Union européenne pour lutter contre le racisme ont été décrits, notamment les initiatives visant à décourager l’utilisation de stéréotypes et à aider les victimes à porter plainte.

Une délégation a souligné combien le fait pour certains pays, en particulier dans la région d’Amérique latine et des Caraïbes, d'être des sociétés multi-ethniques et diverses constituait pour eux une force.

***Liste des intervenants : France (au nom de l’Union européenne), Brésil, Pakistan (au nom de l’Organisation de la coopération islamique), Côte d’Ivoire (au nom du Groupe africain) et Danemark (au nom d’un groupe de pays).

 

Ce document produit par le Service de l’information des Nations Unies à Genève est destiné à l'information ; il ne constitue pas un document officiel.

Les versions anglaise et française de nos communiqués sont différentes car elles sont le produit de deux équipes de couverture distinctes qui travaillent indépendamment.

 

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