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La Conférence du désarmement tient sa première séance plénière publique sous la présidence du Brésil

Comptes rendus de séance

 

La Conférence du désarmement a tenu ce matin, de manière virtuelle, sa première séance plénière sous la présidence du Brésil, pour examiner les propositions de décision relatives aux travaux de la Conférence en 2021 présentés par la présidence belge la semaine dernière, telles que contenues dans les documents CD/WP.633/Rev.1 et CD/WP.634/Rev.1.

La Conférence s’est en outre prononcée sur les demandes de participation à ses travaux en tant qu’observateurs émanant de trois pays non membres de cette instance. Les demandes du Burundi et de la Lettonie ont été acceptées et celle de Bahreïn a été rejetée sur opposition de l’Iran. De nombreuses délégations ont alors commenté cette opposition.

Le nouveau Président de la Conférence, l’Ambassadeur Gonçalo de Barros Carvalho e Mello Mourão, du Brésil, a espéré que la Conférence serait en mesure de réaliser des progrès solides dans le domaine du désarmement. Il a estimé que les temps étaient propices pour les questions évoquées à la Conférence, vu le renouvellement du Traité New START et l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, entre autres événements importants.

À l’invitation du Président, plusieurs pays ont commenté les propositions de décision relatives aux travaux de la Conférence en 2021 : Pays-Bas, Égypte, Pakistan, Cuba, Pays-Bas, Fédération de Russie, Mexique, France, République arabe syrienne, États-Unis et Allemagne. M. Mello Mourão a proposé de poursuivre ultérieurement les discussions sur ces documents et demandé aux délégations de soumettre leurs propositions d’amendement.

Au début de la séance, le Président a par ailleurs souhaité la bienvenue au nouvel Ambassadeur de l’Égypte, qui a prononcé une déclaration générale.

La date de la prochaine séance plénière publique de la Conférence sera communiquée ultérieurement.

Demandes de participation d’États observateurs

Le Président de la Conférence du désarmement, M. GONÇALO DE BARROS CARVALHO E MELLO MOURÃO, du Brésil, a indiqué que la Conférence devait se prononcer sur les demandes de participation aux travaux de la Conférence en tant qu’observateurs formulées par plusieurs pays non membres de cette instance.

L’Iran ayant demandé que la Conférence examine une par une les demandes de participation à ses travaux déposées par des États non membres, la Conférence a accepté successivement les demandes déposées par le Burundi et par la Lettonie.

L’Iran s’étant ensuite opposé à la participation de Bahreïn, la Conférence a dû refuser la demande déposée par ce pays, faute de consensus.

De nombreuses délégations ont commenté l’opposition de l’Iran : États-Unis, Inde, Royaume-Uni, Bangladesh, Mexique, Fédération de Russie, Canada, Égypte, Maroc, Pays-Bas, France, Allemagne, Autriche, Australie, Pakistan, Norvège, Chine, Afrique du Sud, Nigéria, Suisse, Chili, République de Corée, Belgique et Japon.

Les délégations ont insisté sur l’importance de la participation des observateurs aux travaux de la Conférence, estimant notamment que les intérêts du multilatéralisme et de l’inclusivité imposaient la nécessité d’entendre tous les avis. Plusieurs intervenants ont regretté le refus de l’Iran, durant cette session, de laisser participer non seulement Bahreïn, mais aussi l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, de même que le refus antérieur de la Turquie de laisser participer Chypre. Il a été déploré qu’un État Membre des Nations Unies s’oppose à la participation d’autres États Membres aux travaux de la Conférence. Le Président de la Conférence a été prié de tenter de parvenir à un accord en usant de ses bons offices.

La politisation cause de nombreux préjudices à la Conférence depuis plusieurs années, a fait observer la Chine.

La Turquie a rappelé qu’elle ne reconnaissait pas « l’administration chypriote grecque, qui ne représente pas toute la population de Chypre ». Elle a assuré qu’elle n’était pas à l’origine de la rupture de la pratique consistant à accepter « en bloc » les demandes de participation des États non membres.

M. MELLO MOURÃO a souligné que la tâche de la présidence consistait à dépasser les blocages et à parvenir à des consensus. Il a recommandé aux délégations de l’Iran et de la Turquie de consulter leurs capitales pour essayer de surmonter l’obstacle.

Examen des propositions de décision contenues dans les documents CD/WP.633/Rev.1 et CD/WP.634/Rev.1

S’agissant des travaux de la Conférence, M. MELLO MOURÃO a remercié l’Ambassadeur Pecsteen pour ses efforts de coordination des six présidences de la Conférence de 2021 (« P6 »). Il a également salué l’extraordinaire capacité d’ajustement dont ont fait preuve les délégations jusqu’ici, même si cet effort n’a pas encore permis à la Conférence de sortir de l’enlisement.

Le Président a espéré que la Conférence serait en mesure de réaliser des progrès solides dans le domaine du désarmement. Il a estimé que les temps étaient propices pour les questions évoquées à la Conférence, vu le renouvellement du Traité New START et l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, entre autres événements importants. C’est donc avec espoir que le Président a dit entamer sa présidence.

Le Président a ensuite indiqué qu’il poursuivrait les consultations avec les membres du « P6 » et avec les coordonnateurs régionaux. Il a rappelé que le débat de haut niveau de la Conférence se tiendrait « du 22 au 26 février ». L’organisation subséquente des travaux dépendra de ce qui aura été réalisé jusque-là, a ajouté le Président. Il a espéré que la première réunion de l’organe subsidiaire n° 1 pourrait avoir lieu le 9 mars prochain.

Le Président a ensuite demandé si la Conférence était prête à accepter les propositions de décision contenues dans les documents CD/WP.633/Rev.1 et CD/WP.634/Rev.1, présentés par la présidence belge la semaine dernière.

Le Pakistan s'est dit prêt à soutenir les projets présentés la semaine dernière, même s'ils ne répondent pas à toutes ses attentes. Le Pakistan a émis des réserves quant à la formulation du paragraphe 3 du dispositif. Il a ajouté avoir lui-même fait preuve de retenue en s'abstenant de proposer des amendements au dispositif.

Cuba a insisté sur la difficulté pour les délégations de négocier de manière virtuelle. Cuba a recommandé que la Conférence passe à un format de débat informel pour permettre aux délégations de dire sincèrement ce qu’elles pensent.

Les Pays-Bas ont estimé que la prolongation du Traité New START montrait que tout est possible si la volonté politique existe. La délégation néerlandaise a regretté que les propositions de la présidence belge aient été remises en question en raison d’un ajout de dernière minute. Elle a salué l’approche du Pakistan.

La Fédération de Russie a jugé surprenant que ses propositions d’amendement aient été ignorées. La Fédération de Russie a dit souhaiter continuer à peaufiner les documents présentés par la présidence belge. Elle a en outre nié que ces propositions de la présidence belge aient été acceptées ad referendum la semaine dernière.

Le Mexique a dit comprendre que des avis divergents existent à la Conférence quant au succès ou non des organes subsidiaires en 2018. Il a proposé plusieurs amendements aux propositions examinées pour éviter tout lien explicite avec ces organes, notamment.

La France s’est dit prête à travailler sur la base des documents CD/WP.633/Rev.1 et CD/WP.634/Rev.1 distribués la semaine dernière. Ces documents ne répondent pas pleinement aux attentes de la Conférence, a-t-elle ajouté, tout en se disant prête à rallier le consensus sur ces textes. Il y a bien eu un accord ad referendum en fin de semaine dernière, a ajouté la France. La France ne refuse aucunement de discuter des amendements russes, mais le fait est que ces propositions russes ont été faites oralement et non par écrit, ce qui rend difficile leur prise en compte, a en outre expliqué la délégation française.

La Syrie a indiqué avoir fait part de ses préoccupations à la présidence belge vendredi dernier, la Syrie étant alors prête à discuter des amendements proposés par la Fédération de Russie.

La délégation des États-Unis a déclaré avoir besoin de « voir sur le papier » les amendements proposés par la Fédération de Russie, pour pouvoir en discuter avec sa capitale.

L’Allemagne a fait la même demande. Elle s’est dit prête à rejoindre le consensus sur les projets soumis vendredi par la présidence belge.

Le Président a déclaré que la Conférence ne parviendrait au consensus que si toutes les propositions d’amendement étaient examinées. Il a proposé d’organiser une réunion informelle ultérieurement et demandé aux délégations qui le souhaitent de soumettre cet après-midi leurs propositions d’amendement.

Déclaration générale

Dans une déclaration générale, L’Égypte a jugé plus urgent que jamais que la Conférence avance dans un contexte marqué, notamment, par les risques liés aux nouvelles technologies. L’Égypte a ensuite espéré que la Conférence puisse reprendre son rôle constructif.

Le désarmement nucléaire est une priorité absolue pour l’Égypte, qui a rappelé avoir participé activement à la rédaction et à l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires – un processus qui a eu lieu, malheureusement, hors de la Conférence, a fait observer la délégation égyptienne. L’Égypte s’est aussi dite favorable à un traité d’interdiction de la production de matières fissiles qui tienne compte des stocks de matières fissiles. Elle a également demandé d’accorder une attention particulière à la prévention d’une course aux armements dans l’espace. L’Égypte a enfin plaidé pour la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive.

 

DC21.011F