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Examen du Lesotho au CEDAW: de nombreux progrès sont salués, mais des préoccupations subsistent concernant notamment la persistance de stéréotypes sexistes profondément ancrés et le manque de moyens alloués aux politiques en faveur des femmes

Résumés des réunions

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW, selon l’acronyme en anglais) a examiné aujourd’hui le rapport soumis par le Lesotho au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Au cours du dialogue noué entre les membres du Comité et la délégation du Lesotho venue soutenir ce rapport, une experte a salué les progrès réalisés par le Lesotho dans les domaines de l'éducation, de la réduction de la pauvreté, de l'égalité des sexes, de l'accès aux services de base et des transferts sociaux. Elle a dit prendre note de l'amélioration des taux de mortalité maternelle et infantile, ainsi que des progrès notables accomplis dans la lutte contre la pandémie de VIH/sida.

Une autre experte a félicité le Lesotho des efforts qu’il a consentis pour le suivi et la coordination des politiques publiques en matière de droits des femmes et d’égalité entre les sexes. L’application de ces politiques souffre toutefois d’un manque de moyens, a observé l’experte, faisant remarquer que le Département du genre recevait moins d’un pour cent du budget du Ministère du genre, de la jeunesse, des sports, des arts, de la culture et du développement social dont il dépend.

Une experte a jugé positif le quota de 30% destiné à accroître la représentation des femmes dans les conseils urbains et communautaires, mais a regretté que l’efficacité de cette mesure se soit amoindrie avec le temps. Elle a relevé que l'interdiction faite aux femmes de devenir cheffes, ainsi que certains stéréotypes sexistes profondément ancrés, créaient un environnement défavorable à la participation politique et à l'autonomie économique des femmes.

Malgré des mesures positives pour promouvoir l'égalité des sexes, les stéréotypes sexistes et les pratiques patriarcales restent fortement institutionnalisés au Lesotho, a-t-il été regretté. Les mariages d'enfants reconnus officiellement, la polygamie, certaines pratiques traditionnelles, ainsi que la violence sexiste à l'égard des femmes et des filles préoccupent le Comité, a-t-il été souligné.

Il a en outre été regretté que le programme d’éducation sexuelle à l’école ne fasse aucune mention de la sexualité elle-même, des infections sexuellement transmissibles ou de la contraception – et ce, a fait remarquer une experte, alors même que les grossesses précoces non désirées restent la principale cause du retrait des filles de l'éducation à tous les niveaux.

Présentant le rapport de son pays, M. Rapelang Motsieloa, Procureur général au Ministère de la justice, du droit et des affaires parlementaires du Royaume du Lesotho, a notamment indiqué que le deuxième Plan stratégique national de développement du Lesotho intégrait l'égalité des sexes en tant que pilier essentiel de la réalisation du développement durable et imposait l'intégration de la dimension de genre dans tous les secteurs, en mettant l'accent sur le renforcement du capital humain, l'amélioration de la gouvernance et le renforcement de la participation économique. L'approche du Lesotho dans l’application de la Convention consiste essentiellement à intégrer la dimension de genre dans les lois, les politiques, les budgets ainsi que les systèmes de suivi et d'évaluation de tous les ministères concernés et d'autres institutions privées et publiques, cette approche étant chapeautée par le Ministère du genre et du développement social, a précisé le Procureur général.

M. Motsieloa a ensuite exposé les réformes législatives et politiques menées au Lesotho pour promouvoir une égalité substantielle et transformatrice, citant notamment l’harmonisation des droits des veuves avec la loi de 2022 sur la capacité juridique des personnes mariées, laquelle a aboli les pratiques coutumières discriminatoires limitant l'autonomie des femmes en matière d'administration du patrimoine commun; ou encore la loi de 2024 sur le travail, qui fait de la discrimination fondée sur le sexe une pratique déloyale en matière d'emploi et introduit un congé de paternité, favorisant ainsi le partage des responsabilités parentales.

Le Gouvernement est conscient que l’application effective des lois reste le principal défi à relever au Lesotho, comme le reflète la représentation des femmes dans les sphères politiques et décisionnelles, qui reste inférieure à la parité malgré le système de quotas mis en place, a par ailleurs déclaré le chef de délégation. Cela étant, a-t-il ajouté, des progrès notables ont été enregistrés dans la participation des femmes aux postes politiques et décisionnels aux plus hauts niveaux de l'État, le Lesotho comptant ainsi sa première femme Vice-Première Ministre.  L'application de lois protectrices contre les normes sexistes et les pratiques patriarcales néfastes est limitée par des capacités financières, techniques et humaines restreintes, en particulier au niveau des collectivités locales, a d’autre part souligné M. Motsieloa. 

Pour combler ces lacunes, a indiqué le Procureur général, le Gouvernement mène une action coordonnée et multisectorielle guidée par la Politique d’égalité des genres et de développement pour la période 2018-2030. Il a en outre souligné que le Lesotho avait connu une baisse importante et constante de la mortalité maternelle.

La délégation du pays était aussi composée de M. Tšiu Khathibe, Représentant permanent du Lesotho auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que de représentants du Ministère des affaires étrangères, du Ministère de la justice, du droit et des affaires parlementaires, et du Ministère du genre, de la jeunesse, des sports, des arts, de la culture et du développement social.

Pendant le dialogue, la délégation a notamment indiqué que le cadre juridique du Lesotho avait été renforcé pour mettre fin aux pratiques néfastes et discriminatoires envers les femmes, une attention particulière étant portée aux filles les plus vulnérables. Le mariage d'enfants est ainsi interdit, y compris dans le cadre coutumier, par une nouvelle loi, a-t-elle souligné. De plus, a ajouté la délégation la Constitution a été modifiée pour remédier à certains conflits entre le droit coutumier et le droit statutaire: une fille peut désormais hériter le statut de chef de son père chef coutumier, ce qui n’était pas possible auparavant.

La délégation a aussi souligné que le Gouvernement prenait des mesures pour avancer graduellement vers les objectifs fixés en matière de parité entre les sexes dans les postes à responsabilités. 

Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport du Lesotho et les rendra publiques à l’issue de sa session, qui doit clore ses travaux le 20 février prochain, date de la prochaine séance publique.

Examen du rapport du Lesotho

Le Comité est saisi du document valant cinquième à septième rapports périodiques du Lesotho (CEDAW/C/LSO/5-7), ainsi que des réponses du pays à une liste de points à traiter qui avait été soumise par le Comité. Le rapport couvre la période 2015-2023.

Présentation du rapport

Présentant le rapport de son pays, M. RAPELANG MOTSIELOA, Procureur général au Ministère de la justice, du droit et des affaires parlementaires du Royaume du Lesotho, a indiqué que le deuxième Plan stratégique national de développement du Lesotho intégrait l'égalité des sexes en tant que pilier essentiel de la réalisation du développement durable et imposait l'intégration de la dimension de genre dans tous les secteurs, en mettant l'accent sur le renforcement du capital humain, l'amélioration de la gouvernance et le renforcement de la participation économique. L'approche du Lesotho dans l’application de la Convention consiste essentiellement à intégrer la dimension de genre dans les lois, les politiques, les budgets ainsi que les systèmes de suivi et d'évaluation de tous les ministères concernés et d'autres institutions privées et publiques, cette approche étant chapeautée par le Ministère du genre et du développement social, a précisé le Procureur général.

M. Motsieloa a ensuite exposé les réformes législatives et politiques menées au Lesotho pour promouvoir une égalité substantielle et transformatrice, citant notamment l’adoption de la loi de 2021 sur l’égalité des personnes en situation de handicap, qui favorise l'inclusion intersectionnelle; l’harmonisation des droits des veuves avec la loi de 2022 sur la capacité juridique des personnes mariées, laquelle a aboli les pratiques coutumières discriminatoires limitant l'autonomie des femmes en matière d'administration du patrimoine commun; ou encore la loi de 2024 sur le travail, qui fait de la discrimination fondée sur le sexe une pratique déloyale en matière d'emploi et introduit un congé de paternité, favorisant ainsi le partage des responsabilités parentales.

Le Gouvernement est conscient que l’application effective des lois reste le principal défi à relever au Lesotho, comme le reflète la représentation des femmes dans les sphères politiques et décisionnelles, qui reste inférieure à la parité malgré le système de quotas mis en place pour se conformer à l'article 7 de la Convention, a déclaré le chef de délégation. Cela étant, a-t-il ajouté, des progrès notables ont été enregistrés dans la participation des femmes aux postes politiques et décisionnels aux plus hauts niveaux de l'État, le Lesotho comptant ainsi sa première femme Vice-Première Ministre.  L'application de lois protectrices contre les normes sexistes et les pratiques patriarcales néfastes est limitée par des capacités financières, techniques et humaines restreintes, en particulier au niveau des collectivités locales, a d’autre part souligné M. Motsieloa. 

Pour combler ces lacunes, a indiqué le Procureur général, le Gouvernement mène une action coordonnée et multisectorielle guidée par la Politique d’égalité des genres et de développement pour la période 2018-2030. L'intégration de la dimension de genre est renforcée dans les systèmes nationaux de planification, de budgétisation, de prestation de services, de suivi et de responsabilisation, conformément à la recommandation générale n°28 du Comité, a-t-il ajouté. Ces efforts sont complétés par la stratégie nationale d'inclusion financière, qui vise à élargir l'accès des femmes au financement, aux actifs productifs, aux opportunités entrepreneuriales et à la protection sociale.

Le Gouvernement s’efforce aussi d’améliorer le taux de participation des femmes à la population active, qui s'élève à 48,7%, soit un taux nettement inférieur à celui des hommes (67,7%), a poursuivi M. Motsieloa, mentionnant à cet égard le projet Her Empire destiné à soutenir les femmes cheffes d’entreprise dans les secteurs importants que sont l'agriculture, le tourisme et l'industrie manufacturière.

L'accès à la justice étant la pierre angulaire d'une égalité réelle, le bureau d'aide juridique a été décentralisé vers trois districts; de plus, le pouvoir judiciaire a décentralisé la Haute Cour dans la région sud du pays, outre la région nord, a fait savoir le Procureur général.

M. Motsieloa a ensuite souligné que le Lesotho était déterminé à assurer une éducation inclusive, équitable et de qualité à toutes les filles et femmes, y compris les filles handicapées, les élèves enceintes et celles issues de milieux ruraux et défavorisés. Des mesures sont prises pour lutter contre la violence sexiste à l'école, réduire les taux d'abandon scolaire et encourager la participation des filles dans les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques.

En ce qui concerne le droit à la santé, le Procureur général a notamment souligné que le Lesotho avait connu une baisse importante et constante de la mortalité maternelle, qui est passée de 530-566 décès pour cent mille naissances vivantes en 2023-2024 à 478 en 2025. Ce taux restant supérieur à la moyenne de l'Afrique subsaharienne, le Gouvernement a adopté une stratégie nationale de santé numérique 2025-2030 sensible au genre, dont l'objectif est de tirer parti des technologies émergentes telles que la télésurveillance et l'analyse des données pour, notamment, améliorer l'accès aux services de santé grâce à l'accès à distance.

M. Motsieloa a enfin indiqué que son pays était en train de préparer un plan d’action national sur le programme Femmes, paix et sécurité conforme à la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité.

Questions et observations des membres du Comité

Une experte a d’abord salué les progrès réalisés par le Lesotho dans les domaines de l'éducation, de la réduction de la pauvreté, de l'égalité des sexes, de l'accès aux services de base et des transferts sociaux. Elle a dit prendre note de la modification apportée à la Constitution du pays relativement à la citoyenneté, qui la rend davantage conforme à l'article 9 de la Convention, ainsi que de l'amélioration des taux de mortalité maternelle et infantile, et des progrès notables accomplis dans la lutte contre la pandémie de VIH/sida. 

Une autre experte a voulu savoir ce que le Lesotho faisait pour résoudre les problèmes posés par le dualisme juridique qui prévaut dans le pays, problèmes qui risquent de compromettre les efforts déployés par le Gouvernement pour défendre l'égalité des sexes dans la loi et dans la pratique. Elle a recommandé que les pratiques, normes et procédures du droit coutumier et les lois statutaires qui restent discriminatoires soient respectivement harmonisées et abrogées, conformément à la Convention et au Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo).

La même experte a ensuite demandé si la réforme du pouvoir judiciaire du Lesotho initiée en 2023 avait amélioré concrètement l'accès à la justice des femmes et des filles, ainsi que des personnes qui défendent les droits des femmes.

L’experte a recommandé qu’en s’inspirant des expériences d’autres pays ayant un contexte culturel et un système juridique similaires, le Royaume du Lesotho envisage de lever la réserve que, pour des raisons liées aux dispositions en vigueur relatives à la succession au trône, il a émise à l’égard de l’article 2 de la Convention. 

Une experte a félicité le Lesotho des efforts qu’il a consentis pour le suivi et la coordination des politiques publiques en matière de droits des femmes et d’égalité entre les sexes. L’application de ces politiques souffre toutefois d’un manque de moyens, a observé l’experte, faisant remarquer que le Département du genre recevait moins d’un pour cent du budget du Ministère du genre, de la jeunesse, des sports, des arts, de la culture et du développement social dont il dépend.

S’agissant des mesures temporaires spéciales prévues à l’article 4 de la Convention, une experte a jugé positif le quota de 30% destiné à accroître la participation et la représentation des femmes dans les conseils urbains et communautaires, mais elle a regretté que l’efficacité de cette mesure se soit amoindrie avec le temps. Elle a en outre relevé que l'interdiction faite aux femmes de devenir cheffes, ainsi que certains stéréotypes sexistes profondément ancrés, créaient un environnement défavorable à la participation politique et à l'autonomie économique des femmes.

Malgré les mesures positives prises pour promouvoir l'égalité des sexes, les stéréotypes sexistes et les pratiques patriarcales restent fortement institutionnalisés au Lesotho, a regretté une experte. Les mariages d'enfants reconnus officiellement, la polygamie, certaines pratiques traditionnelles, ainsi que la violence sexiste à l'égard des femmes et des filles préoccupent le Comité, a-t-elle souligné. Le Lesotho est le troisième pays à l'échelle mondiale en ce qui concerne le nombre de viols par habitants, a-t-elle fait remarquer.

Un expert a voulu savoir ce que le Gouvernement faisait pour remédier à la traite à des fins d’exploitation sexuelle ou encore à l'exploitation par le travail dont sont victimes des femmes et des jeunes filles attirées en Afrique du Sud et dans les pays d'Asie occidentale par de fausses offres d'emploi; de même que pour combattre la traite initiée sur Internet.

Une experte a salué les efforts déployés par le Lesotho pour augmenter la proportion de femmes dans la fonction publique. Cependant, a-t-elle relevé, les postes de ministre et de secrétaire principal, entre autres, restent dominés par les hommes. De plus, les femmes occupent actuellement 26,7% des sièges à l'Assemblée nationale et seulement deux postes de direction au Parlement; au sein du pouvoir exécutif, les femmes occupent 17,6% des postes ministériels (soit 3 sur 17, y compris la première femme Vice-Première Ministre).

Une autre experte a salué les modifications apportées en 2018 à la Constitution pour permettre aux femmes basotho de transmettre leur nationalité à leur conjoint et à leurs enfants étrangers sur un pied d'égalité avec les hommes. 

Une experte a regretté que le programme d’éducation sexuelle à l’école ne fasse aucune mention de la sexualité elle-même, des infections sexuellement transmissibles ou de la contraception – et ce, alors même que les grossesses précoces non désirées restent la principale cause du retrait des filles de l'éducation à tous les niveaux, a-t-elle souligné.

La délégation a été priée de dire si le Lesotho étendrait les congés maternité et paternité conformément aux recommandations du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), c’est-à-dire à six mois à plein temps pour les deux parents.

Une experte s’est inquiétée de la protection sociale des femmes qui travaillaient dans le secteur de la confection, lequel – a-t-elle souligné – est très affecté par la révision de la politique commerciale des États-Unis. 

Une autre experte a relevé que la mortalité maternelle restait très élevée au Lesotho, dans un contexte où 60,5% des filles entre 15 et 19 ans sont mères ou enceintes, en particulier dans les zones rurales reculées. 

Une experte a fait remarquer que les femmes au Lesotho étaient moins susceptibles que les hommes d'emprunter auprès d'institutions financières formelles et que les préjugés structurels au sein des systèmes financiers limitaient la capacité des femmes à créer des entreprises.

Une experte a relevé que l'État ne parvenait pas à prévenir la violence, le harcèlement et la discrimination exercés par des acteurs étatiques et non étatiques à l'encontre des femmes en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre et de leur expression de genre, réelles ou perçues. Une femme transgenre sur trois a tenté de se suicider et la prévalence du VIH dans la population LGBTI+ est estimée à 59,2%, a regretté l’experte. Elle a voulu savoir si le Lesotho adopterait des lois antidiscrimination complètes, incluant ces motifs de discrimination. 

Une experte a regretté la persistance de pratiques coutumières qui limitent de facto l'accès des femmes et des filles à leurs droits patrimoniaux. 

Il a été suggéré que le Lesotho adopte un code de la famille intégral qui garantisse la primauté du principe d'égalité par rapport aux normes coutumières discriminatoires.

D’autres questions des experts ont porté sur la lutte contre le chômage des femmes, l’accès des femmes rurales à l’eau et à l’assainissement, la politique de l’État en matière de préparation aux changements climatiques ou encore l’inclusion sociale des femmes handicapées.

Réponses de la délégation

Les tribunaux du Lesotho ont déjà invoqué des dispositions de la Convention à l’appui de certaines de leurs décisions, a fait valoir la délégation, citant en particulier une affaire impliquant une demande d'indemnisation pour des pratiques discriminatoires en matière d’héritage ou encore un litige relatif à l’égalité des sexes en matière d’emploi. 

Des consultations ont été menées au Lesotho au sujet d’un éventuel retrait de la réserve apportée à l’article 2 de la Convention: elles ont montré une préférence, dans la population, pour la préservation de la monarchie et l’État n’a donc, pour l’heure, pas l’intention de lever cette réserve, a par ailleurs indiqué la délégation. 

Il importe de bien distinguer entre la succession au trône et la succession à une chefferie, a ensuite précisé la délégation. À cet égard, la Constitution a été modifiée pour remédier à certains conflits entre le droit coutumier et le droit statutaire. Ainsi, une fille peut-elle désormais hériter le statut de chef de son père chef coutumier, ce qui n’était pas possible auparavant, a indiqué la délégation. 

La délégation a par la suite attiré l’attention sur le lancement de campagnes nationales d’information visant à faire connaître aux femmes les droits que la loi leur donne en matière d’héritage.

La délégation a exposé les mesures prises pour renforcer les compétences des membres du pouvoir judiciaire, des forces de l'ordre et des femmes et des filles elles-mêmes, évoquant notamment à cette fin des formations, des campagnes de sensibilisation et des programmes de plaidoyer. Les femmes et les fillettes au sein des communautés sont sensibilisées quant à leurs droits, afin d'être autonomisées et de pouvoir exercer ces droits, a-t-elle souligné. 

La délégation a en outre précisé que des mesures de nature administratives avaient été prises et des stratégies adoptées pour améliorer la collecte de données ventilées par sexe. En matière de gestion de ces données, des difficultés demeurent, qui seront résolues par des formations adaptées, a-t-elle ajouté.

Une experte ayant fait remarquer que le Lesotho dépendait beaucoup de bailleurs de fonds étrangers, la délégation a été indiqué que le Gouvernement prévoyait de reprendre à son compte certains programmes pour l’égalité des sexes qui étaient auparavant financés par les États-Unis.

Le Gouvernement collabore étroitement avec différentes parties prenantes, y compris les organisations de la société civile, dans la lutte contre la violence domestique et la violence envers les femmes, a d’autre part indiqué la délégation.

S’agissant des mesures temporaires spéciales, il a été indiqué que le Gouvernement du Lesotho envisageait de réformer le cadre juridique électoral pour instaurer des quotas à tous les niveaux de la vie politique. Une proposition de loi inspirée de l'Observation générale n°25 (2021) du Comité sera, pour ce faire, soumise au Parlement, a précisé la délégation. D’autres mesures de discrimination positive ont été prises pour inciter les filles à suivre des cursus dans les sciences et la technologie et ces mesures ont notamment abouti à l’entrée de nombreuses femmes dans le secteur minier, lequel est florissant au Lesotho, a par ailleurs indiqué la délégation.

Le cadre juridique a été renforcé pour mettre fin aux pratiques néfastes et discriminatoires envers les femmes, une attention particulière étant portée aux filles les plus vulnérables, a poursuivi la délégation. Le mariage d'enfants est interdit, y compris dans le cadre coutumier, par une nouvelle loi, a-t-elle indiqué. Les violences entre époux sont interdites et pénalisées, de même que les mariages forcés après un viol, a-t-elle ajouté.

Les mariages d’enfants perdurent toutefois en raison de la pauvreté, des coutumes traditionnelles ou de taux élevés de grossesses d'adolescentes, a admis la délégation. Le Gouvernement s'emploie actuellement à harmoniser les différentes lois en matière de mariage, afin de définir une norme uniforme pour fixer l’âge minimum du mariage à 18 ans, a-t-elle précisé. 

La politique de développement appliquée par le Lesotho vise, entre autres, à susciter une évolution des mentalités face à des règles patriarcales et des stéréotypes profondément ancrés, a déclaré la délégation.

Le Ministère du genre participe, d’autre part, à une campagne nationale pour sensibiliser les membres de la communauté, les dirigeants et les autres prestataires de services aux droits des femmes LBTI et réfléchir aux moyens de les inclure dans la société, a fait savoir la délégation.  Elle a par la suite souligné que le Lesotho avait accepté les recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l’homme relatives à la reconnaissance des droits des femmes LBTI. Le Gouvernement a lancé des campagnes nationales pour autonomiser les femmes LBTI et les rendre attentives à leurs droits, tout en prenant des mesures pour réformer le droit pénal afin de sanctionner les crimes de haine contre cette partie de la population, a ajouté la délégation.

Enclavé au milieu de l’Afrique du Sud, le Lesotho poursuit des négociations avec ce pays pour obtenir les informations nécessaires concernant les ressortissants du Lesotho qui y résident et qui y travaillent; ces informations seront utiles pour savoir combien de personnes ont fait l’objet de traite des êtres humains vers l’Afrique du Sud, a par ailleurs indiqué la délégation.

La délégation a ensuite indiqué qu’une transformation était en cours au Lesotho s’agissant de la participation des femmes à la vie politique, le Gouvernement ayant pris des mesures pour avancer graduellement vers les objectifs fixés en matière de parité entre les sexes dans les postes à responsabilités. 

Le Gouvernement a lancé des programmes de mentorat pour donner aux femmes la confiance dont elles ont besoin pour se porter candidates aux postes dans la fonction publique, et il a instauré des mesures incitatives afin que les partis politiques intègrent des femmes dans leurs listes, a précisé la délégation. Par de telles mesures, a-t-elle ajouté, le Gouvernement espère faire respecter les quotas prévus par la loi. D’autres efforts de sensibilisation sont menés en direction des chefs traditionnels, portant notamment sur l'importance de l'inclusion des femmes et de l'égalité entre hommes et femmes dans la société. 

Le pays a aussi progressé en ce qui concerne la participation des femmes dans la diplomatie, a complété la délégation, précisant que les femmes représentaient ainsi 37% des ambassadeurs en 2025, contre 33% en 2024.

En ce qui concerne les questions de santé, la délégation a précisé que l’avortement était autorisé pour des raisons médicales, ainsi qu’en cas d’inceste et de viol. Les autorités effectuent un travail de plaidoyer et de sensibilisation auprès des jeunes femmes et des filles sur les questions liées à la santé génésique et sexuelle afin qu’elles recourent à des pratiques plus sûres en matière de contraception et qu’elles s'abstiennent d'avoir des relations sexuelles trop tôt, puisque ce sont des facteurs qui peuvent donner lieu à des grossesses précoces. Le Gouvernement a mis en place, dans les zones rurales et isolées, des services de conseil en matière de santé sexuelle et procréative, où les jeunes peuvent trouver des informations, a fait valoir la délégation.

Les autorités prennent par ailleurs des mesures en faveur de l’autonomisation économique des femmes, notamment des mesures d’accès au crédit et d’appui à la création de coopératives, a indiqué la délégation. Le Gouvernement fait de son mieux pour que le secteur bancaire serve tout un chacun, a-t-elle assuré.

La délégation a évoqué les programmes destinés à remédier aux effets néfastes des changements climatiques, mentionnant notamment la mise en place de formes d’agriculture durables dont les bénéficiaires sont en majorité des femmes.

Enfin, la délégation a décrit les moyens mis en œuvre par l’État pour garantir la fourniture en eau potable et en services d’assainissement dans les campagnes. Elle a mentionné plusieurs projets de création de nouvelles infrastructures qui étendront la couverture hydrique à quelque cinq cent mille personnes supplémentaires et, plus généralement, réduiront les disparités économiques qui opèrent encore au détriment des femmes rurales.

 

 

 

 

 

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