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Déclaration de l’Envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie M. Geir O. Pedersen

Communiqués de Presse
Appel à un cessez-le-feu s’étendant à tout le territoire syrien et un effort généralisé pour contrer le COVID-19 en Syrie


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Hier, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé aux parties en conflit à travers le monde un appel à observer un cessez-le-feu immédiat pour permettre à la famille humaine d’affronter son ennemi commun – le COVID-19.

Aujourd’hui, je lance un appel spécifique pour un cessez-le-feu immédiat s’étendant à tout le territoire syrien afin de rendre possible un effort généralisé pour combattre le COVID-19 en Syrie.

La vulnérabilité des Syriens au COVID-19 est aiguë.

Des centres médicaux ont été détruits ou leur capacité a été dégradée.

Il y a une pénurie d’équipements médicaux essentiels et de professionnels de la santé.

Les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les réfugiés, ainsi que les personnes détenues et arrêtées arbitrairement, vivent dans des conditions particulièrement dangereuses.

Je suis très préoccupé quant à l’impact pour les femmes syriennes, qui sont déjà exposées au sein des systèmes existants de santé et de soutien communautaire.

Cette menace commune à tous ne connaît pas de frontière. Elle n’opère pas de discrimination.

Elle met tous les Syriens en danger.

Pour faire face à ce danger, le peuple syrien, qui souffre depuis trop longtemps, a un besoin extrême d’une période durable de calme à travers le pays qui soit respectée par toutes les parties.

Les accords récents de cessez-le-feu ont permis une désescalade bienvenue de la violence dans le nord-est et le nord-ouest de la Syrie.

Mais ils demeurent fragiles et un retour de la violence pourrait survenir à tout moment.

Cela aurait de graves implications pour la Syrie et, au delà, pour la réponse globale au COVID-19.

C’est pourquoi il y a besoin plus que jamais d’un cessez-le-feu s’étendant à tout le territoire syrien – un cessez-le-feu auquel j’appelle depuis longtemps et qui constitue un élément fondamental de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité –, et pourquoi il doit être respecté par toutes les parties.

Pendant ce temps, des mesures sont mises en œuvre dans les zones contrôlées par le gouvernement pour faire face à cette crise.

Et des actions sont également menées par les autorités de facto dans les zones en dehors du contrôle du gouvernement.

Il est essentiels que ces efforts soient accrus dès à présent.

Il n’y a pas un jour à perdre.

Pour des raisons humanitaires, je lance également un appel à une libération à grande échelle de personnes détenues et arrêtées arbitrairement.

Il faut également qu’il y ait un accès immédiat à tous les centres de détention pour les organisations humanitaires pertinentes … ainsi que des mesures urgentes pour assurer les soins médicaux appropriés et de protection dans tous les lieux de détention.

Il sera nécessaire que les bailleurs de fonds internationaux apportent un soutien entier aux efforts humanitaires et répondent aux appels de fonds des Nations unies.

Il leur faudra également faire tout le nécessaire afin que les Syriens dans toutes les parties du pays aient accès à l’équipement et aux ressources indispensables pour combattre le virus et traiter les patients. Rien ne doit y faire obstacle.

Il sera indispensable d’obtenir un accès humanitaire plein et entier, ininterrompu et sans entraves à toutes les parties du pays.

Et toutes les modalités devront être mises en œuvre pour distribuer l’aide humanitaire et améliorer la prévention et la protection.

Afin de mettre en œuvre un cessez-le-feu s’étendant à tout le territoire syrien et d’aider les Syriens à répondre à la crise du COVID-19, je suis prêt à travailler avec le gouvernement syrien et l’opposition et toutes les parties prenantes pertinentes sur le terrain, ainsi qu’avec les pays importants dont le poids et l’influence peuvent permettre d’appuyer une action à plus grande échelle et d’assurer la viabilité du cessez-le-feu.

Au nom de notre humanité commune, il est nécessaire que nous agissions dès à présent afin d’épargner davantage de violence au peuple syrien, et que nous puissions combattre cette menace nouvelle pour les Syriens et notre monde.

Finissons-en avec la violence, travaillons ensemble à combattre le COVID-19 en Syrie, et travaillons à aller de l’avant pour une stratégie politique de sortie de crise en Syrie.

Genève, le 24 mars 2020