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LA CONFÉRENCE DU DÉSARMEMENT CONTINUE SES DISCUSSIONS AUTOUR DU PROJET INFORMEL DE PROGRAMME DE TRAVAIL PRÉSENTÉ PAR LE « P6 »

Compte rendu de séance

 

La Conférence du désarmement a tenu ce matin, sous la présidence de l’Ambassadeur Li Song de la Chine, une séance plénière publique durant laquelle elle a poursuivi ses discussions sur le « non-document » contenant un projet de programme de travail de la Conférence du désarmement pour 2022, tel que proposé par le « P6 » - qui regroupe les six présidences de la Conférence pour la session de cette année.

Une quinzaine de délégations ont pris la parole ce matin, essentiellement pour faire part de leurs points de vue s’agissant de ce projet informel. Elles ont salué l’initiative du « P6 », mais certaines d’entre elles ont néanmoins regretté le ton négatif du préambule du texte, qui mentionne l’absence de consensus pour le lancement de négociations sur une quelconque question. Plusieurs délégations ont affirmé que, selon elles, la Conférence était prête à entamer des négociations sur un traité d’interdiction de la production de matières fissiles à des fins d’armement nucléaire – une affirmation qu’a réfutée le Pakistan.

En fin de séance, M. Li a invité les délégations à faire des concessions et des compromis s’agissant du programme de travail, en insistant sur le fait que cela ne signifiait pas de faire des concessions sur les défis sécuritaires nationaux, puisque le programme de travail n’engage en rien pour ce qui est des discussions futures de la Conférence sur le fond. Le Président de la Conférence a dit espérer obtenir un consensus sur le programme de travail avant la fin de sa présidence, la semaine prochaine [le 18 avril exactement].

 

La date de la prochaine séance plénière publique sera annoncée ultérieurement.

 

Aperçu des déclarations

Dans une déclaration générale, le Nigéria a déploré l’impasse qui persiste au sein de la Conférence depuis plus de 20 ans et insisté sur la nécessité d’éviter que cette instance soit vue comme une simple enceinte de déclarations. Dans un monde où le développement des arsenaux nucléaires continuer à l’emporter sur le développement humain, il faut se recentrer sur les priorités de la Conférence, a souligné le Nigéria, indiquant soutenir notamment le lancement de négociations sur un traité d’interdiction de la production de matières fissiles à des fins d’armement. La coopération mondiale reste un instrument clé pour la survie collective, a ajouté la délégation nigériane. S’agissant du « non-document » soumis par les « P6 » [les six Présidents de la Conférence pour cette année], le Nigéria a par ailleurs indiqué appuyer l’approche pragmatique de la présidence chinoise et des « P6 ».

Ouvrant ensuite la discussion autour du « non-document sur le projet de programme de travail de la Conférence du désarmement pour 2022 », le Président de la Conférence, l’Ambassadeur Li Song de la Chine, a souligné l’atmosphère positive de la réunion [de la Conférence] de mardi dernier, qui témoigne de la volonté des Etats membres de reprendre les travaux de fond au sein de la Conférence.

Le Japon a déclaré que le « non-document » [soumis par les « P6 »] constitue une bonne base de départ pour la suite des discussions. En 2018, a affirmé le Japon, les travaux de fond sur tous les points de l’ordre du jour au sein des organes subsidiaires ont permis des avancées et cela a abouti à l’adoption de documents de consensus par les organes subsidiaires et par la plénière de la Conférence. L’approche consistant à proposer un projet de programme de travail basé sur l’expérience de 2018 est constructive à ce stade, a estimé le Japon. Cependant, il est important de ne pas se contenter de répéter l’expérience de 2018 ; il faut continuer à la développer, a ajouté le pays. Le Japon a expliqué soutenir l’approche de la présidence consistant à rechercher un compromis en simplifiant le libellé afin d’accroître la flexibilité du programme de travail. D’autre part, le Japon a plaidé en faveur de l’ouverture immédiate de négociations sur un traité cut-off d’interdiction de la production de matières fissiles à des fins d’armement nucléaire (FMCT) au sein de la Conférence, en particulier au regard de la maturité de ce sujet. Le pays a par ailleurs souhaité que soit formulée de manière plus positive la question de l’absence de consensus, en appelant à des efforts pour parvenir au consensus. En outre, a ajouté le Japon, étant donné que le travail de fond des organes subsidiaires devrait viser à ouvrir la voie à de futures négociations, il est souhaitable que cet objectif soit reflété dans le programme de travail.

Le Zimbabwe a salué l’approche de la présidence de la Conférence s’agissant de la présentation du « non-document » et notamment la mise en place d’organes subsidiaires. Il faut néanmoins davantage expliciter le mandat de ces organes, a estimé le pays.

La République de Corée a estimé que ce « non-document » est une bonne base de travail. Cependant, il faudrait revoir le préambule, s’agissant de la formulation sur l’absence de consensus, ainsi que le mandat des organes subsidiaires, a notamment estimé le pays.

L’Afrique du Sud a expliqué qu’elle aurait préféré voir mentionner, dans ce « non-document », le lancement de négociations sur un ou plusieurs points de l’ordre du jour. L’Afrique du Sud a rappelé que la Conférence est un organe de négociations. Elle a par ailleurs regretté le libellé du préambule du « non-document », qui mentionne l’absence de consensus et qui, maintenu en l’état, institutionnaliserait un état de fait. Il faut en outre s’assurer que le travail des organes subsidiaires mène à des négociations sur un futur traité, a ajouté la délégation sud-africaine.

Le Venezuela a lancé un appel pour qu’un programme de travail large, complet et équilibré pour 2022 soit adopté. Le programme de travail doit préserver le mandat de négociation de la Conférence ; il faut relancer la négociation d’instruments juridiquement contraignants sur la base de l’ordre du jour, a insisté la délégation vénézuélienne. La création d’organes subsidiaires peut contribuer à surmonter progressivement l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence, a-t-elle estimé.

Les États-Unis ont déclaré être prêts à des débats formels et informels sur les points à l’ordre du jour et ont indiqué soutenir la mise en place d’organes subsidiaires, dont ils ont toutefois souhaité que les mandats soient étoffés. Les États-Unis et la quasi-totalité de la communauté internationale sont prêts à entamer des négociations sur un FMCT, a affirmé la délégation des États-Unis.

L’Iran a affirmé qu’il fallait défendre le mandat de négociation de la Conférence dans ce « non-document ». L’Iran a par ailleurs prôné une approche plus positive, dans ce « non-document » s’agissant de la mention à l’absence de consensus. Il faut par ailleurs inscrire la priorité à accorder au désarmement nucléaire, a ajouté la délégation iranienne.

L’Indonésie a appuyé l’approche adoptée par la présidence chinoise [de la Conférence] pour aboutir à un consensus en présentant un texte clair et concis, l’essentiel étant de progresser. Il est cependant nécessaire d’améliorer le préambule de ce « non-document » pour le rendre plus positif, a ajouté l’Indonésie. Le texte doit aussi réaffirmer la volonté de négocier au sein de la Conférence, a-t-elle insisté.

Le Royaume-Uni a salué l’atmosphère constructive des travaux et a indiqué appuyer l’approche de la présidence chinoise [de la Conférence], notamment sur le recours aux organes subsidiaires. Le Royaume-Uni s’est dit favorable à un document simple, clair et concis. Le pays s’est dit néanmoins déçu par le manque de référence plus précise au FMCT. Il est important de progresser rapidement sur ce sujet, a insisté la délégation britannique.

Le Canada a expliqué que le « non-document » était une bonne base de travail tout en regrettant qu’il ne fasse pas référence au mandat de négociations sur le FMCT. Il faudrait aussi revoir la formulation sur l’absence de consensus.

Le Pakistan a salué l’approche qu’a adoptée la présidence chinoise en proposant un projet [informel de programme de travail] clair et concis. Le Pakistan a souligné que la priorité de la Conférence reste le désarmement nucléaire. Le pays a ajouté partager l’avis selon lequel le préambule du « non-document » soumis par les « P6 » devrait adopter une approche plus positive tout en tenant compte de l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence depuis plus de 20 ans. S’agissant des organes subsidiaires, l’objectif ultime devrait être d’ouvrir la voie à des négociations, a en outre affirmé le Pakistan. Le pays a par ailleurs dénoncé les tentatives de certaines délégations de présenter le FMCT comme la panacée pour faire face aux défis internationaux actuels ; de telles déclarations représentent une tentative de bloquer le travail de la Conférence, a-t-il insisté. La situation actuelle montre que si le FMCT existait, il n’empêcherait nullement la course aux armements nucléaires, a fait observer la délégation pakistanaise. Par contre, il y a avec les garanties négatives de sécurité une opportunité réaliste de progresser au sein de la Conférence et de répondre aux défis sécuritaires actuels, a ajouté le Pakistan.

Cuba a défendu l’approche pragmatique de la présidence chinoise de la Conférence. Avec quelques petits ajustements, ce projet de programme de travail pourrait être approuvé, notamment en éliminant la référence à l’absence de consensus, a affirmé Cuba. Il est possible, selon le Règlement intérieur, de créer des organes subsidiaires sans imposer de mandat spécifique, afin d’arriver à un consensus, a ajouté la délégation cubaine.

La Bulgarie a estimé que tomber d’accord sur ce programme de travail concis et clair, notamment par le recours à des organes subsidiaires, pourrait permettre la reprise des travaux de fond de la Conférence. La Bulgarie s’est en outre réjouie des efforts de la présidence de la Conférence qui ont permis d’accepter l’ensemble des demandes de participation aux travaux de la Conférence émanant d’Etats observateurs.

L’Inde a estimé que le FMCT est le sujet qui se prête le mieux au lancement de négociations. La délégation indienne a d’autre part insisté sur la nécessité de la volonté politique pour faire avancer les travaux de la Conférence.

L’Ambassadeur Li Song de la Chine s’est réjoui des discussions de ce matin et des propositions concrètes qui ont été formulées. S’agissant du « non-document » qui est actuellement discuté par la Conférence, il a déclaré que l’approche claire et concise – défendue par de nombreuses délégations – est une contribution novatrice au programme de travail de la part des « P6 » cette année. Il a par ailleurs expliqué que les organes subsidiaires permettraient à chacun d’exprimer pleinement son point de vue sur tous les points inscrits à l’ordre du jour. En ce qui concerne le programme de travail, il faut avancer avec une approche concise, équilibrée, claire et sincère pour permettre à la Conférence de dégager un consensus ; alors, pourront démarrer les travaux sans tarder, a insisté M. Li. Il a ainsi invité les délégations à faire des concessions et des compromis s’agissant du programme de travail, en insistant sur le fait que cela ne signifiait pas de faire des concessions sur les défis sécuritaires nationaux, puisque le programme de travail n’engage en rien pour ce qui est des discussions futures de la Conférence sur le fond. M. Li a dit espérer obtenir un consensus sur le programme de travail avant la fin de sa présidence, la semaine prochaine.

Aux Pays-Bas qui souhaitaient connaître les intentions de la présidence chinoise de la Conférence s’agissant de l’organisation éventuelle d’une réunion informelle, M. Li a répondu qu’il n’y aurait pas de plénière cet après-midi, mais qu’après cette séance publique, le « P6 » se réunirait pour continuer à discuter des propositions présentées lors de cette séance, toutes les délégations pouvant participer à cette réunion.

 

Ce document produit par le Service de l’information des Nations Unies à Genève est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel.

Les versions anglaise et française de nos communiqués sont différentes car elles sont le produit de deux équipes de couverture distinctes qui travaillent indépendamment.

 

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