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LA CONFÉRENCE DU DÉSARMEMENT TIENT UNE SÉANCE PLÉNIÈRE EN PRÉSENCE DE SA SECRÉTAIRE GÉNÉRALE

Meeting Summaries

La Conférence du désarmement, dont la troisième et dernière partie de session (3 août - 18 septembre) s’est ouverte la semaine dernière, a tenu ce matin une séance plénière publique en salle XVII du Palais des Nations, à Genève.

Après qu’elle eut observé une minute de silence en mémoire des victimes de l’explosion du 4 août dernier à Beyrouth et de la COVID-19, la Conférence a entendu des déclarations de son Président, l’Ambassadeur Shameem Ahsan du Bangladesh, et de sa Secrétaire générale, la Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève, Mme Tatiana Valovaya. Sont ensuite intervenues les délégations de dix-huit pays.

Le Président de la Conférence a indiqué avoir tenu des consultations bilatérales avec de nombreuses délégations dans le cadre des travaux visant la recherche d’un programme de travail pour la Conférence. Pour ce qui est de continuer les travaux de fond dans le contexte de la COVID-19, les avis sont divergents, a-t-il fait observer, avant de faire part de son inquiétude face au fait que la Conférence n’ait pas fait de progrès depuis une vingtaine d’années.

Mme Valovaya a quant à elle rappelé que 2020 est une année d'anniversaires importants dans le domaine du désarmement : 75ème anniversaire de la fondation de l’ONU ; 75ème anniversaire des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki ; 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Elle a ensuite insisté sur la nécessité de surmonter la situation mondiale actuelle d'insécurité, de manque de confiance et de coopération entre États, et de diminution de la confiance et de l’appui à l’institution multilatérale qui a été conçue pour maintenir la paix et la sécurité mondiales.

Mme Valovaya a par ailleurs indiqué que l’ONUG n’a pas reçu de financement suffisant pour ses opérations normales jusqu’à la fin de l’année, tout en étant également confronté à des dépenses imprévues liées à la pandémie de COVID-19.

Ce matin, les délégations des pays suivants sont intervenues : Éthiopie (au nom du Groupe des 21), Japon, Kenya, Arabie saoudite, Pays-Bas, Etats-Unis, Allemagne, Australie, Fédération de Russie, Pérou, Venezuela, Pakistan, Indonésie, France, République de Corée, Maroc, Brésil, Chine. L’importance de la Conférence d’examen du TNP, qui devait se tenir au printemps dernier et a finalement été repoussée à 2021 en raison de la pandémie de COVID-19, a maintes fois été soulignée.

 

La Conférence poursuivra ses travaux en séance plénière cet après-midi, à 15 heures.

 

Aperçu du débat

Le Président de la Conférence, l’Ambassadeur SHAMEEM AHSAN du Bangladesh, a indiqué que son pays a choisi de prendre très au sérieux sa responsabilité de présider cette instance. Il a ajouté avoir tenu des consultations bilatérales avec de nombreuses délégations dans le cadre des travaux visant la recherche d’un programme de travail pour la Conférence. Pour ce qui est de continuer les travaux de fond dans le contexte de la COVID-19, les avis sont divergents, a fait observer M. Ahsan, avant de faire part de son inquiétude face au fait que la Conférence n’ait pas fait de progrès depuis une vingtaine d’années. L’impasse dans laquelle se trouve la Conférence est une source de frustration pour les États membres qui souhaitent entamer des débats de fond et des négociations aux fins de la poursuite de l’objectif de désarmement, a-t-il souligné. Il faut puiser dans la sagesse collective et agir pour obtenir un consensus large sur cette question, a-t-il ajouté.

L’anniversaire du bombardement de Nagasaki et d’Hiroshima a rappelé au monde les conséquences dévastatrices de l’utilisation des armes nucléaires, a en outre souligné M. Ahsan. Il a par ailleurs regretté que la pandémie de COVID-19 n’ait pas abouti à réduire les budgets consacrés à l’armement.

MME TATIANA VALOVAYA, Secrétaire générale de la Conférence du désarmement et Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève, (ONUG), a rappelé que 2020 est une année d'anniversaires importants dans le domaine du désarmement. Le monde célèbre le 75ème anniversaire de la fondation de l’ONU – symbole du multilatéralisme et de la coopération, qui a émergé des cendres de la Seconde Guerre mondiale. Il y a quelques jours, le monde a également marqué le 75ème anniversaire des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, qui ont apporté la désolation pour des centaines de milliers de personnes sur plusieurs générations. Cette année, a poursuivi Mme Valovaya, nous célébrons également le 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui, à ce jour, constitue le seul engagement juridiquement contraignant en faveur de l'objectif de désarmement des États dotés d'armes nucléaires dans le cadre d’un traité multilatéral.

Alors que nous attendons avec impatience la Conférence d'examen du TNP, alors que nous marquons les événements de Nagasaki et d'Hiroshima et que nous commémorons les Nations Unies, nous devons le faire en vue de surmonter la situation mondiale actuelle d'insécurité, de manque de confiance et de coopération entre États, et de diminution de la confiance et de l’appui à l’institution multilatérale qui a été conçue pour maintenir la paix et la sécurité mondiales, a déclaré Mme Valovaya. Nous devons réfléchir ensemble à ces questions et à ce qu’elles signifient pour cette Conférence, qui reste une extraordinaire plate-forme de dialogue et de renforcement de la confiance, a-t-elle insisté.

Mme Valovaya a par ailleurs indiqué que l’ONUG avait installé des équipements dans plusieurs salles afin de permettre la tenue de réunions à distance et hybrides lorsque les délégués ne peuvent pas être à Genève. Cependant, les coûts associés sont importants, a-t-elle souligné. Dans le même temps, le Secrétariat des Nations Unies est confronté à une grave crise de liquidités. Bien que nous n’épargnions aucun effort pour identifier les moyens de redéfinir les priorités et de mettre à disposition un financement provisoire, l’ONUG n’a pas reçu de financement suffisant pour ses opérations normales jusqu’à la fin de l’année, tout en étant également confronté à des dépenses imprévues liées à la pandémie de COVID-19, a indiqué Mme Valovaya, tout en indiquant que les États seraient informés prochainement de la situation, des mesures et des perspectives pour 2020.

L’Éthiopie, au nom du Groupe des 21 (G21), a déclaré qu’il était indispensable de redoubler d’efforts pour relancer la Conférence et en préserver la crédibilité. Il faut pour cela relancer les négociations sur le désarmement nucléaire, a indiqué le pays. Le G21 est préoccupé par le danger que constituent pour la survie de l’humanité l’existence d’armes nucléaires et leur éventuel usage ou menace d’utilisation. Il faut, à titre de priorité absolue, relancer les négociations sur cette question au sein de la Conférence, a affirmé l’Éthiopie. Elle a ajouté que le G21 se félicitait par ailleurs de l’engagement des pays de la CELAC (Communauté d’États latino-américains et caraïbes) de progresser dans le domaine du désarmement.

Le Japon a regretté qu’aucun consensus n’ait été trouvé qui aurait permis de lancer des négociations sur un nouvel instrument de désarmement. Le Japon a par ailleurs souligné l’importance que revêt la Conférence d’examen du TNP [qui devait se tenir ce printemps et qui a été repoussée à 2021] à l’occasion du 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur de ce Traité. Le Japon a ensuite affirmé qu’un traité cut-off d’interdiction de la production de matières fissiles à des fins d’armement nucléaire (FMCT) constitue une pierre angulaire de l’établissement d’un monde exempt d’armes nucléaires. Il faut entamer des négociations rapidement sur cette question au sein de la Conférence, a estimé le pays. Le Japon a également souligné qu’il fallait maintenir l'espace extra-atmosphérique en tant qu’environnement pacifique, sûr, stable et durable, ouvert et accessible à tous.

Le Kenya a souligné que la Conférence est un organe essentiel pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les objectifs principaux du désarmement cherchent à garantir la survie de l’humanité, a rappelé le pays. L’élan pour faire avancer une bonne fois pour toute l’ordre du jour de la Conférence est plus crucial que jamais, a poursuivi la délégation kényane, estimant qu’il est encore possible d’avancer avant la fin de la session de cette année. La géopolitique mondiale influence les délibérations de la Conférence, a en outre rappelé le Kenya, avant de saluer les négociations entre les deux plus grandes puissances nucléaires qui ont lieu en ce moment. La Conférence n’a toujours pas réussi à surmonter l’impasse dans laquelle elle se trouve depuis une vingtaine d’années, a regretté le Kenya, appelant chacun à s’interroger sur l’avenir que nous souhaitons laisser à nos enfants.

L’Arabie saoudite a indiqué qu’elle appuyait les efforts visant à parvenir à un programme de travail. Le Moyen-Orient traverse une période extrêmement délicate et dangereuse à plus d’un titre, avec des trafics d’armes qui tombent dans les mains des extrémistes et des terroristes et leur permettent de contrôler certains pays. Un rapport du Secrétaire général montre que le Gouvernement iranien est directement impliqué dans les attaques qui ont visé l’ouest de l’Arabie saoudite, a par ailleurs rappelé la délégation saoudienne, ajoutant que ce rapport montre de façon claire les intentions négatives et agressives de l’Iran, qui cherche à déstabiliser la région en soutenant des groupes extrémistes et terroristes. Les experts internationaux doivent enquêter sur toutes ces attaques. Lever les blocus imposés à l’Iran, notamment celui sur les armes, ne peut que mener à davantage de destructions dans la région, a averti l’Arabie saoudite.

Les Pays-Bas ont salué la coopération entre les «P6» + 2 en relevant que ce système devrait continuer pour 2021. Les Pays-Bas regrettent profondément qu'il ait été impossible de s'entendre sur un cadre pour la planification des travaux de fond au sein de la Conférence. Des désaccords ont empêché de progresser sur le fond durant cette session et cela est d’autant plus regrettable que de nombreuses délégations ont, depuis le début de la session, exprimé leur volonté d’engager les travaux de fond dès que possible. Les Pays-Bas s’inquiètent par ailleurs du flou entourant le budget de la Conférence, notamment pour ce qui est de la tenue des réunions. La délégation néerlandaise a dit regretter que les États aient été informés si tardivement des restrictions budgétaires et de leurs conséquences. C’est uniquement aux États qu’il appartient de décider du nombre de séances et de réunions de cette instance, ont ajouté les Pays-Bas.

Les États-Unis, par vidéoconférence, ont rappelé qu’il restait encore à finaliser le rapport de 2020 de la Conférence avant la fin de cette session. Il faut terminer cette tâche en ayant recours à un nombre limité de réunions hybrides, ont-ils indiqué. Le monde étant toujours confronté à la pandémie de COVID-19, il faut convoquer aussi peu de réunions physiques que possible. Il va falloir être réaliste et pratique, ont insisté les États-Unis, avant de plaider pour un rapport annuel purement technique et aussi minimaliste que possible, qui évite tout embarquement dans des questions trop délicates. En 2021, les États-Unis espèrent reprendre là où la Conférence s’était arrêté en 2020, a ajouté la délégation des États-Unis en soulignant que la Conférence avait avancé sur la question de l’adoption d’un programme de travail.

Les débats entre la Fédération de Russie et les États-Unis se poursuivent concernant l’avenir de la maitrise des armements, a poursuivi la délégation. Des échanges sur la sécurité de l’espace ont par ailleurs eu lieu en juillet. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les menaces et la doctrine et les discussions vont se poursuivre dans les prochaines semaines.

Pour parvenir à un accord sur les armes nucléaires, la Chine doit faire preuve de transparence, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, ont en outre déclaré les États-Unis. La Chine a rejeté toute invitation à transmettre des informations transparentes sur ses activités nucléaires, a insisté la délégation des États-Unis, déplorant qu’il y ait là une menace de lancement d’une course aux armements entre les trois grandes puissances. La Chine continue à prendre des mesures qui menacent la paix et la sécurité internationales, ont insisté les États-Unis. L’Iran doit par ailleurs déclarer toutes ses activités auprès des enquêteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ont-ils ajouté.

L’Allemagne a souligné que l’année 2020 est une année exceptionnelle pour la Conférence, non seulement en raison de la pandémie, mais également à cause de l’incapacité de cette instance à convenir d’une feuille de route essentielle pour cette année. Il faut éviter de créer un autre précédent négatif et faire en sorte que la Conférence reprenne son travail, a poursuivi l’Allemagne. Il faut au moins terminer la session en adoptant un rapport annuel technique qui se concentre sur les choses essentielles, a-t-elle indiqué. Pour cela, il faut que la Conférence dispose de suffisamment de temps pour discuter et qu’elle ne subisse pas trop de contraintes. Il faut une pleine transparence dans ce domaine. L’Allemagne a fait savoir qu’elle attendait, dans ce contexte, la réunion prévue sur les questions financières.

L’Australie a relevé que le renforcement de la coopération dans le cadre du «P6» + 2 a été l’un des atouts majeurs de cette année. Elle a affirmé que la Conférence n’était pas loin cette année d’aboutir à un accord sur un programme de travail.

L’Australie a par ailleurs indiqué qu’elle allait proposer un document de travail regroupant les propositions du pays pour amender le Règlement intérieur de la Conférence afin de le rendre neutre s’agissant de la question du genre. En 2021, il faudra continuer les discussions afin de rendre la Conférence la plus efficiente possible, a en outre souligné l’Australie.

La Fédération de Russie a déclaré que pour toute une série de raisons, notamment financières, la Conférence est contrainte de tenir des réunions hybrides, ce qui entrave son bon fonctionnement. La situation actuelle s’agissant de la question de la maitrise des armements laisse à désirer, a en outre souligné la Fédération de Russie, afin d’assurer qu’elle s’est pour sa part acquittée de toutes ses obligations s’agissant des conventions auxquelles elle est partie. Malheureusement, ces types d’accords ou de conventions continuent de diminuer. Aussi, la Fédération de Russie souhaite-t-elle renforcer le socle juridique en vigueur dans le domaine de la non-prolifération et créer de nouveaux accords. La viabilité de tels accords ne sera assurée que s’ils reflètent les intérêts (sécuritaires) de tous les États ; le consensus est le facteur déterminant qui assure le bon fonctionnement des accords dans la durée, a précisé la délégation russe, faisant observer que l’une des instances qui répond à ce critère est la Conférence, avec son mandat spécialisé. La création d’alliances en fonction des intérêts peut sembler la solution la plus simple ; mais à long terme, l’efficacité d’une telle approche est nulle car elle renforce le clivage des États dans le domaine de la sécurité internationale, a en outre expliqué la délégation russe, avant d’indiquer que la rencontre entre les États-Unis et la Fédération de Russie à Vienne avait permis de discuter des questions de fond dans le domaine du désarmement.

Le Pérou, par vidéoconférence, a rappelé que les conséquences d’une explosion nucléaire sont gravissimes, qu’il s’agisse ou non d’un accident. Il existe des dizaines de milliers d’armes nucléaires dans le monde, sans volonté de les démanteler. Le Pérou est préoccupé face à la menace que représentent les armes nucléaires pour l’humanité. Leur usage ou la menace de leur utilisation constitue un crime contre l’humanité, a rappelé la délégation péruvienne. Le Pérou s’est félicité de l’augmentation du nombre de ratifications dont fait l’objet le traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Le Venezuela, par vidéoconférence, s’est réjoui de la déclaration (adoptée par l’ALBA-TCP en 2018) relative à la défense de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix, par laquelle les pays concernés se sont engagés au désarmement complet.

Le Gouvernement des États-Unis a condamné toute une série de traités dans le domaine du désarmement, a poursuivi le Venezuela. Le Venezuela a par ailleurs indiqué réfléchir à l’avenir de la Conférence. Subsiste encore aujourd’hui la possibilité que des attaques nucléaires aient lieu et en dépit de ce risque, la Conférence reste toujours bloquée, a déploré la délégation vénézuélienne. Elle a regretté que les États-Unis rejettent systématiquement leurs obligations en matière de désarmement, ce qui ne peut qu’entraver les travaux de la Conférence puisque celle-ci obéit au consensus.

Le Pakistan a fait observer que les normes internationales dans le domaine du désarmement continuent clairement d’être érodés. Il y a un manque de reddition de comptes de la part des grandes puissances, a ajouté le pays. Au lieu d’œuvrer à un contrôle des armements, de nombreux États continuent à dépenser pour sophistiquer leurs armes. Le dispositif multilatéral est directement touché par ces faits nouveaux, a souligné le Pakistan, ajoutant que la situation au Jammu-et-Cachemire administré par la puissance occupante constitue un exemple de cette évolution. La politique appliquée par l’Inde, qui consiste à fouler du pied le droit international, vise à mettre en œuvre une politique uniquement hindouiste dans toute la région, a déclaré le Pakistan. La communauté internationale doit être consciente de la situation et faire pression sur l’Inde pour qu’elle s’abstienne de déstabiliser la région, a insisté le pays.

L’Indonésie a insisté sur l’importance que revêtent les garanties négatives de sécurité et a fait observer qu’il n’existe pas de désaccord officiel relatif à des arrangements sur cette question. Il est donc logique de pousser pour obtenir un accord sur de telles garanties qui soient contraignantes. Les garanties négatives de sécurité sont aujourd’hui une question qui est mûre pour l’obtention de résultats dans ce domaine, a insisté la délégation indonésienne.

La France a indiqué avoir pris note des informations transmises concernant l’état des finances de la Conférence. La France est surprise d’apprendre que seules quatre réunions hybrides de deux heures pourront être organisées d’ici la fin de la session. La Présidence de la Conférence doit demander au Secrétariat de cette instance de faire un état des lieux précis du budget de la Conférence avec des prévisions pour l’année 2021. Le fait accompli n’est pas acceptable pour la délégation française.

En 2021, devrait avoir lieu la Conférence d’examen du TNP dont l’enjeu sera de rappeler l’importance de ce Traité, a poursuivi la France. Dans ce cadre, la France va défendre la logique d’un désarmement qui sert la stabilité mondiale. Le pays a lui-même ainsi réduit son arsenal à moins de 300 armes nucléaires. La France va par ailleurs continuer de plaider pour entamer les négociations sur un FMCT au sein de la Conférence.

La République de Corée a affirmé que le sentiment d’urgence doit influencer les travaux de la Conférence. Il faut s’atteler de manière holistique à la question de la menace croissante des armes nucléaires. Des négociations doivent être menées sur la manière dont il est possible d’atténuer cette menace et de promouvoir davantage de confiance entre les États, a poursuivi la République de Corée, rappelant que cette année marque le 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du TNP, pierre angulaire du désarmement. La pandémie de COVID-19 ne doit pas empêcher d’avancer et il faut faire preuve de pragmatisme dans le cadre de la Conférence d’examen du TNP, a ajouté le pays.

Le Maroc a déclaré que le blocage de la Conférence ne doit pas remettre en cause l’existence de cette instance. Les déclarations de bonne volonté ne suffisent pas et il ne faut pas se laisser dépasser par les évènements, a ajouté la délégation marocaine. La Conférence d’examen du TNP sera décisive s’agissant du désarmement nucléaire. Il faut que la Conférence du désarmement renoue, quant à elle, avec son mandat de négociation d’instruments internationaux dans le domaine du désarmement.

Le Brésil a déclaré que le monde traversait une période sans précédent et a rappelé que la pandémie actuelle avait repoussé la Conférence d’examen du TNP à l’année prochaine. S’agissant précisément du TNP, le Brésil a rappelé être engagé de longue date en faveur de l’élimination de toutes les armes nucléaires. Le texte final de la prochaine Conférence d’examen devra être audacieux, a affirmé la délégation brésilienne, avant de rappeler que le Brésil a appuyé activement le traité sur l’interdiction des armes nucléaires car il faut lutter contre tout usage ou menace d’utilisation de ce type d’armes. L’entrée en vigueur de ce traité constituera une avancée majeure dans le domaine du désarmement nucléaire, a souligné le Brésil.

La Chine a indiqué qu’elle s’opposait de manière très claire aux accusations de l’Ambassadeur américain qui – a-t-elle déploré – s’arroge le droit de critiquer le Parti communiste chinois (PCC) tant adoré par le peuple chinois. Cela fait un moment que les États-Unis attaquent le PCC afin de semer le chaos dans le pays, a ajouté la délégation chinoise. Cette mentalité de la guerre froide est la plus grande menace pesant sur la lutte contre les armements, a déclaré la Chine, avant de préciser que pour sa part, elle œuvre de manière raisonnable et n’a pas l’intention de devenir un nouvel État semblable aux États-Unis.

La Chine a ensuite indiqué qu’elle espérait que la Conférence allait adopter un programme de travail complet pour l’année prochaine. La Chine, en tant que puissance nucléaire, est attachée à respecter ses obligations au titre du TNP.

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