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Examen de la Tchéquie au CEDAW: la législation sur la violence sexiste est saluée, mais sont notamment relevées des lacunes dans la lutte contre la discrimination multiple et la persistance de stéréotypes tendant à minimiser la violence à l’égard des femmes

Résumés des réunions

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW, selon l’acronyme en anglais) a examiné aujourd’hui le rapport soumis par la République tchèque au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Au cours du dialogue noué entre les membres du Comité et la délégation tchèque venue soutenir ce rapport, une experte a salué les progrès réalisés par la République tchèque depuis l’examen du précédent rapport, notamment les résultats encourageants du pays, lors des dernières élections, en matière de participation politique des femmes, ou encore l'amélioration de la législation relative à la violence sexiste. Elle a également jugé positif que l'égalité entre les femmes et les hommes soit inscrite dans la Charte [tchèque] des droits et libertés fondamentaux et dans la loi antidiscrimination.  L’experte a toutefois regretté que la loi tchèque ne contienne pas de définition ni d’interdiction explicite de la discrimination multiple. Elle a en outre fait remarquer que, selon les informations parvenues au Comité, on comptait en République tchèque très peu de plaintes pour discrimination fondée sur le sexe déposées par des femmes. 

Une autre experte s’est dite préoccupée par l’existence de stéréotypes qui tendent à justifier ou à minimiser la violence à l'égard des femmes en République tchèque. Elle a reconnu des progrès importants sur le plan normatif, notamment au regard de la législation sur la violence domestique et de l'adoption d'une nouvelle définition du crime de viol en 2025. Cependant, a-t-elle indiqué, le Comité est préoccupé par le fait que les pratiques judiciaires ne sont pas à la hauteur de la gravité de ces crimes, avec un recours élevé aux peines avec sursis ou conditionnelles.  L’experte a d’autre part regretté un manque d'informations permettant d'évaluer l'ampleur de la violence subie par les femmes victimes de discrimination intersectionnelle, telles que les femmes LBT, les femmes réfugiées et les femmes roms.

Tout en constatant certains progrès dans la participation des femmes tchèques à la vie politique, une experte a observé que le pays obtenait des résultats inférieurs à la moyenne de l’Union européenne pour ce qui est de la participation des femmes dans les instances décisionnelles législatives et exécutives de haut niveau, ainsi que dans les services diplomatiques. Le cabinet actuel ne compte que deux femmes sur quinze ministres, a relevé l’experte.

Une experte s’est félicitée des progrès accomplis par la Tchéquie dans le domaine de l’éducation en faveur d’une éducation plus inclusive et non stéréotypée, de même que de l’adoption de programmes visant à accroître la participation des filles et des femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques. Elle a cependant fait part de préoccupations face à la discrimination structurelle dont les filles et les femmes roms semblent toujours faire l'objet dans le domaine de l'éducation.

Il a par ailleurs été constaté que la République tchèque affiche l'un des plus importants écarts salariaux entre les sexes de l'Union européenne.  L’écart salarial entre les sexes est de 19% et l’écart entre les sexes dans le montant des pensions de retraite se situe lui à 11%, tous deux au détriment des femmes, a-t-il été précisé. 

Les femmes roms, les femmes handicapées et les femmes LBTI sont confrontées à des obstacles pour accéder aux services de santé en raison de stéréotypes discriminatoires, de problèmes culturels et d'accessibilité, ainsi que des coûts supplémentaires liés aux services de santé, a fait remarquer une experte. 

Le rapport a été présenté par M. Radan Šafařík, Directeur du Département de l'égalité des genres du Bureau du Gouvernement de la République tchèque, et par Mme Monika Šamová, Cheffe du Secrétariat du Conseil gouvernemental pour l'égalité des genres au sein du Département de l'égalité des genres du même Bureau du Gouvernement.

M. Šafařík a notamment indiqué qu’en vertu de la loi n°198/2009 relative à l’égalité de traitement et aux moyens de protection juridiques contre la discrimination («loi antidiscrimination»), le harcèlement sexuel, la persécution ainsi que le fait d’ordonner des actes discriminatoires et d’inciter à la discrimination sont tous définis comme des formes de discrimination. Parallèlement, a ajouté le chef de délégation, la discrimination liée à la grossesse, à la maternité ou à l’identification de genre est considérée comme une forme de discrimination fondée sur le genre. 

S’agissant de la violence sexiste, M. Šafařík a indiqué que le Code pénal amendé en 2025 donnait une nouvelle définition du crime de viol couvrant explicitement toutes les situations où des rapports sexuels ont lieu contre la volonté de la victime. De plus, a-t-il poursuivi, la loi sur la violence domestique entrée en vigueur en 2025 introduit une définition unifiée de la violence domestique et renforce les droits des victimes dans les procédures civiles et pénales.

Mme Šamová a pour sa part précisé que le Conseil gouvernemental pour l'égalité des genres, créé en 2001 et présidé par le Premier Ministre, jouait un rôle majeur dans la définition du programme du Gouvernement en matière d'égalité des genres. Elle a précisé que le Gouvernement avait adopté sa Stratégie pour l'égalité des genres 2021-2030 [Stratégie 2021+], axée sur huit domaines: travail et soins, prise de décision, sécurité, santé, connaissances, société, relations extérieures et institutions. 

Mme Šamová a ensuite mis en avant la transposition en cours, par son pays, de la directive européenne sur la transparence salariale, qui renforcera le principe de l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale et introduira de nouveaux droits pour les employés et de nouvelles obligations pour les employeurs.  Parallèlement, a ajouté Mme Šamová, le Gouvernement a amendé la loi sur les retraites et élargi l'accès aux services de garde d'enfant, afin de réduire l'écart persistant entre les pensions des hommes et des femmes résultant des interruptions de carrière, principalement chez les femmes, pour s'occuper des enfants. 

Mme Šamová a aussi fait savoir que, lors des élections à la Chambre des députés du Parlement tchèque en 2025, un nombre inégalé de 67 femmes sur 200 parlementaires avaient été élues, représentant 33,5% des députés. 

Mme Šamová a ensuite indiqué que la Stratégie pour l'égalité, l'inclusion et la participation des Roms (2021-2030) visait à réduire l'écart entre les sexes en matière d'emploi en encourageant la scolarisation des enfants, pour que les mères puissent travailler ou étudier.

D’autre part, a été créé un mécanisme permettant aux personnes qui ont été illégalement stérilisées dans un établissement médical en Tchéquie entre 1966 et 2012 de recevoir une somme forfaitaire d’environ 14 500 dollars des États-Unis. En juin 2025, le délai pour introduire une demande d'indemnisation pour stérilisation illégale a été prolongé de trois à cinq ans, a souligné Mme Šamová. 

La délégation tchèque était également composée, entre autres, de plusieurs représentants du Bureau du Gouvernement, ainsi que des Ministères des affaires étrangères, de la justice, du travail et des affaires sociales, et de la santé.

Durant le dialogue, la délégation a notamment indiqué que grâce à des mesures ciblées, telles qu’une indexation plus rapide des pensions les plus faibles ou encore une prime de 500 couronnes par enfant, l’écart entre les sexes dans le montant des pensions de retraite avait été ramené à 11% en 2024, alors qu’il était de 18% en 2014. Cet écart est aujourd’hui moins important que l'écart salarial entre les sexes, a fait remarquer la délégation.

La délégation a d’autre part souligné l’adoption récente d’un plan d’action visant à améliorer les résultats des élèves roms ces prochaines années.

Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport de la République tchèque et les rendra publiques à l’issue de sa session, le 20 février prochain.

 

Demain, à partir de 10 heures, le Comité examinera le rapport d’El Salvador.

Examen du rapport de la République tchèque

Le Comité est saisi du septième rapport périodique de la République tchèque (CEDAW/C/CZE/7), ainsi que des réponses du pays à une liste de points à traiter qui avait été soumise par le Comité. Le rapport couvre la période 2014-2023.

Présentation du rapport

Le rapport a été présenté par M. RADAN ŠAFAŘÍK, Directeur du Département de l'égalité des genres du Bureau du Gouvernement de la République tchèque, et par MME MONIKA ŠAMOVÁ, Cheffe du Secrétariat du Conseil gouvernemental pour l'égalité des genres au sein du Département de l'égalité des genres du même Bureau du Gouvernement.

M. Šafařík a indiqué qu’en vertu de la loi n°198/2009 relative à l’égalité de traitement et aux moyens de protection juridiques contre la discrimination («loi antidiscrimination»), le harcèlement sexuel, la persécution ainsi que le fait d’ordonner des actes discriminatoires et d’inciter à la discrimination sont tous définis comme des formes de discrimination. Parallèlement, a ajouté le chef de délégation, la discrimination liée à la grossesse, à la maternité ou à l’identification de genre est considérée comme une forme de discrimination fondée sur le genre. 

Organisme national chargé de l'égalité, le Défenseur public des droits aide les victimes, mène des recherches et sensibilise le public; ses pouvoirs ont été ajustés afin de permettre son accréditation en tant qu'institution nationale des droits de l'homme conformément aux Principes de Paris, a d’autre part fait savoir M. Šafařík. 

Mme Šamová a ensuite précisé que le Conseil gouvernemental pour l'égalité des genres, créé en 2001 et présidé par le Premier Ministre, jouait un rôle majeur dans la définition du programme du Gouvernement en matière d'égalité des genres. 

Le Gouvernement, a ajouté Mme Šamová, a adopté sa Stratégie pour l'égalité des genres 2021-2030 [Stratégie 2021+], axée sur huit domaines: travail et soins, prise de décision, sécurité, santé, connaissances, société, relations extérieures et institutions. La stratégie contient des indicateurs spécifiques permettant d'évaluer les progrès réalisés, sa réalisation étant contrôlée par le Département de l'égalité des genres au sein du Bureau du Gouvernement. 

Reprenant la parole, M. Šafařík a souligné qu’en 2022, après l'agression russe contre l'Ukraine, sont arrivés en Tchéquie près d'un demi-million de réfugiés, pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette situation a entraîné des défis en matière d'accès à l'emploi, aux soins de santé, à la garde d'enfants, à l'éducation et à la protection, et a mis en évidence la nécessité de mettre en place des politiques sensibles au genre, a-t-il ajouté.

Mme Šamová a ensuite mis en avant la transposition en cours, par son pays, de la directive européenne sur la transparence salariale, qui renforcera le principe de l'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale et introduira de nouveaux droits pour les employés et de nouvelles obligations pour les employeurs. D’autre part, le Code du travail a été amendé afin d’améliorer les conditions de retour au travail des parents en autorisant l'emploi simultané pendant le congé parental et en garantissant le droit de retrouver le même poste en cas de retour anticipé.

Parallèlement, a poursuivi Mme Šamová, le Gouvernement a amendé la loi sur les retraites et élargi l'accès aux services de garde d'enfant, afin de réduire l'écart persistant entre les pensions des hommes et des femmes résultant des interruptions de carrière, principalement chez les femmes, pour s'occuper des enfants. Ces changements sont complétés par le plan d'action pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes (2023-2026) et par des mesures visant à soutenir l'emploi à temps partiel, notamment des réductions des cotisations d'assurance pour les employeurs. 

Mme Šamová a aussi fait savoir que, lors des élections à la Chambre des députés du Parlement tchèque en 2025, un nombre inégalé de 67 femmes sur 200 parlementaires avaient été élues, représentant 33,5% des députés. 

S’agissant de la violence sexiste, M. Šafařík a indiqué que le Code pénal amendé en 2025 donnait une nouvelle définition du crime de viol couvrant explicitement toutes les situations où des rapports sexuels ont lieu contre la volonté de la victime. De plus, a-t-il poursuivi, la loi sur la violence domestique entrée en vigueur en 2025 introduit une définition unifiée de la violence domestique et renforce les droits des victimes dans les procédures civiles et pénales. En particulier, la loi prolonge de 10 à 14 jours la durée d'une ordonnance restrictive à l'encontre d'une personne violente et oblige la police à confisquer toutes les armes de cette personne. 

Mme Šamová a ensuite indiqué que la Stratégie pour l'égalité, l'inclusion et la participation des Roms (2021-2030) visait à réduire l'écart entre les sexes en matière d'emploi en encourageant la scolarisation des enfants, pour que les mères puissent travaille ou étudier. D’autre part, a été créé un mécanisme permettant aux personnes qui ont été illégalement stérilisées dans un établissement médical en Tchéquie entre 1966 et 2012 de recevoir une somme forfaitaire d’environ 14 500 dollars des États-Unis. En juin 2025, le délai pour introduire une demande d'indemnisation pour stérilisation illégale a été prolongé de trois à cinq ans, a souligné Mme Šamová. 

Mme Šamová a en outre évoqué la dimension externe des politiques tchèques en matière d'égalité des sexes, ainsi que le Plan d'action national pour l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. 

Questions et observations des membres du Comité

Une experte a salué les progrès réalisés par la République tchèque depuis l’examen du précédent rapport, notamment les résultats encourageants du pays, lors des dernières élections, en matière de participation politique des femmes, ou encore l'amélioration de la législation relative à la violence sexiste. Elle a également jugé positif que l'égalité entre les femmes et les hommes soit inscrite dans la Charte [tchèque] des droits et libertés fondamentaux et dans la loi antidiscrimination, et que la grossesse, la maternité ou la paternité, ainsi que l'identité sexuelle soient reconnus comme des motifs de discrimination fondée sur le sexe. 

En revanche, l’experte a regretté que la loi tchèque ne contienne pas de définition ni d’interdiction explicite de la discrimination multiple. Elle a fait remarquer que, selon les informations parvenues au Comité, on comptait en République tchèque très peu de plaintes pour discrimination fondée sur le sexe déposées par des femmes. L’experte a demandé si les juges et procureurs suivaient des formations au contenu de la Convention.

Une autre experte a demandé si le programme d’aide au développement de la République tchèque tenait compte des droits des femmes.

La même experte a par ailleurs recommandé que la République tchèque s’inspire de la jurisprudence du Comité pour interpréter la notion de consentement introduite par le Code pénal amendé en 2025.

Une experte s’est dite préoccupée par l’existence de stéréotypes qui tendent à justifier ou à minimiser la violence à l'égard des femmes en République tchèque. Elle a par ailleurs reconnu des progrès importants sur le plan normatif, notamment au regard de la législation sur la violence domestique et de l'adoption d'une nouvelle définition du crime de viol en 2025. Cependant, a-t-elle indiqué, le Comité est préoccupé par le fait que les pratiques judiciaires ne sont pas à la hauteur de la gravité de ces crimes, avec un recours élevé aux peines avec sursis ou conditionnelles.

L’experte a ensuite regretté que le comité chargé de statuer sur les demandes de réparation pour les stérilisations forcées soit exclusivement médical et ne comprenne pas de représentants des communautés concernées, telles que les femmes roms ou les femmes handicapées. De plus, a-t-elle souligné sur le même sujet, le Ministère de la santé applique des critères de preuve très stricts, ce qui entraîne des taux de rejet élevés: ainsi, en 2024, près d'un tiers des demandes ont été rejetées en raison de l'absence de dossiers médicaux.

L’experte a d’autre part regretté un manque d'informations permettant d'évaluer l'ampleur de la violence subie par les femmes victimes de discrimination intersectionnelle, telles que les femmes LBT, les femmes réfugiées et les femmes roms.

Un expert a fait remarquer que les femmes ukrainiennes réfugiées en Tchéquie ne recevaient qu’un soutien minimal et a estimé que les procédures d'octroi de la protection internationale, bien que satisfaisantes, pourraient être améliorées.

Une autre experte, tout en constatant certains progrès dans la participation des femmes tchèques à la vie politique, a observé que le pays obtenait des résultats inférieurs à la moyenne de l’Union européenne pour ce qui est de la participation des femmes dans les instances décisionnelles législatives et exécutives de haut niveau, ainsi que dans les services diplomatiques. En particulier, a relevé l’experte, le nombre de femmes occupant des postes ministériels est faible, le cabinet actuel ne comptant en effet que deux femmes sur quinze ministres.

Une experte s’est félicitée des progrès accomplis par la Tchéquie dans le domaine de l’éducation en faveur d’une éducation plus inclusive et non stéréotypée, de même que de l’adoption de programmes tels que « IT is for Girls » pour accroître la participation des filles et des femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques. L’experte a cependant fait part de préoccupations face à la discrimination structurelle dont les filles et les femmes roms semblent toujours faire l'objet dans le domaine de l'éducation.

Une autre experte a regretté que, malgré les efforts louables déployés récemment, seuls 9% des enfants de moins de trois ans aient une place en crèche, la moyenne dans l’Union européenne étant de 34%. La moitié des pères ne prennent aucun congé parental, a également déploré l’experte.

La même experte a d’autre part constaté que la République tchèque affichait l'un des plus importants écarts salariaux entre les sexes de l'Union européenne.  L’écart salarial entre les sexes est de 19% et l’écart entre les sexes dans le montant des pensions de retraite se situe lui à 11%, tous deux au détriment des femmes, a-t-il été précisé. 

Les femmes roms, les femmes handicapées et les femmes LBTI sont confrontées à des obstacles pour accéder aux services de santé en raison de stéréotypes discriminatoires, de problèmes culturels et d'accessibilité, ainsi que des coûts supplémentaires liés aux services de santé, a fait remarquer une autre experte. 

Réponses de la délégation 

La délégation a d’abord décrit plusieurs initiatives prises en Tchéquie pour mieux faire connaître la Convention et son Protocole facultatif, y compris leur traduction en langue tchèque ainsi que la publication, sur le site web du Ministère de la justice, des observations générales du Comité. 

D’autre part, a poursuivi la délégation, le Ministère de la justice a rendu obligatoire la formation de base et continue des juges en matière de violence envers les femmes, y compris la violence domestique. 

La délégation a fourni d’autres explications concernant la coordination de l’action des autorités en matière d’égalité des sexes.

Il n’existe pas d’obstacle au dépôt de plainte pour discrimination, a par ailleurs assuré la délégation, précisant que les frais de justice en la matière s’élèvent à environ quarante euros – une somme que le Gouvernement s’efforce de réduire encore et dont les justiciables peuvent aussi être exonérés, selon leurs circonstances, en bénéficiant des services d’un avocat commis d’office. Il est en outre envisagé de permettre au Défenseur des droits de déposer plainte au nom d'une personne victime de discrimination, a ajouté la délégation.

En ce qui concerne la lutte contre la violence domestique, la délégation a indiqué que le Gouvernement avait demandé au Parlement, en 2023, de ratifier la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), mais que le Sénat n’a toujours pas donné son feu vert. La Tchéquie a cependant beaucoup avancé dans le cadre de la loi contre la violence domestique, adoptée l'an dernier, a souligné la délégation. 

Par ailleurs, a ajouté la délégation, les tribunaux sont obligés de tenir compte, dans leurs décisions relatives à la garde des enfants au moment du divorce, de l’existence de cas de violence domestique, étant précisé que la loi donne désormais une définition très vaste de la notion de violence domestique.

La délégation a d’autre part indiqué que le Gouvernement avait créé un fonds d’indemnisation des femmes victimes de violences.  Elle a en outre mentionné l’ouverture de dix-sept centres de soutien et d’intervention répartis dans tout le pays. 

La définition du viol donnée par le Code pénal de 2025 est clairement fondée sur le consentement, a par ailleurs souligné la délégation, avant d’ajouter que la loi couvre aussi les situations où la victime n'est pas à même d'exprimer ce qu’il en est de son consentement, la condition «sans défense» étant définie de manière large.

L'égalité de genre est une priorité transversale de la coopération au développement de la République tchèque, la perspective de genre étant systématiquement intégrée dans tout le cycle des projets et dans tous les secteurs, a ensuite indiqué la délégation. Les programmes en la matière encouragent en particulier la participation directe des femmes et des filles à l'éducation et au marché du travail grâce à une éducation inclusive et à la réduction de la mortalité maternelle, a-t-elle précisé.

D’autres questions ayant porté sur le contenu du plan Femmes, paix et sécurité de la Tchéquie, la délégation a notamment précisé que le troisième Plan d'action (2026-2030) répondait à de nouveaux défis, notamment la crise climatique, les risques cybernétiques et les réalités créées par l'agression russe contre l'Ukraine. 

La délégation a d’autre part indiqué que la République tchèque n’appliquait pas les mesures temporaires spéciales prévues par la Convention au secteur privé. Un projet de loi destiné à appliquer la directive de l'Union européenne sur les femmes au sein des conseils de direction, soumis au Parlement, n’a pas été adopté, a-t-elle fait savoir, avant d’ajouter que le Gouvernement mise sur des «mesures douces» pour inciter les entreprises privées à augmenter le nombre de femmes dans leurs instances de direction.

La loi tchèque interdit toute discrimination sexiste dans les messages publicitaires, a en outre indiqué la délégation. Pour lutter contre les stéréotypes, les autorités défendent une conception positive de la masculinité, a-t-elle affirmé.

S’agissant des stérilisations forcées, la délégation a indiqué que le Ministère de la santé aidait dans leurs démarches les personnes souhaitant déposer une demande d’indemnisation. Elle a précisé qu’à la date de janvier 2026, le Ministère avait reçu un total de 2820 demandes, dont 1127 ont été approuvées et ont donné lieu à une indemnité, et 600 ont été rejetées, les autres étant non encore résolues. Deux raisons principales expliquent la plupart des rejets: la plainte n'est pas considérée comme justifiée sur le fond, ou alors elle n’est pas accompagnée de toute la documentation nécessaire, a ajouté la délégation. 

Le féminicide n’est pas incriminé en tant que tel par la loi, mais le Code pénal contient une infraction d’homicide motivé par des relations personnelles, ce qui permet aux autorités de collecter des données, a fait savoir la délégation. Les cas recensés – 86 cas en 2025 – ne relèvent pas tous du féminicide, puisque les femmes sont victimes à hauteur de 50% de ces cas, a indiqué la délégation. La Tchéquie suit de près l’évolution de la définition du féminicide dans d’autres pays européens, a-t-elle ajouté. 

La délégation a ensuite indiqué que le pays appliquait un plan de lutte contre la traite des êtres humains en République tchèque à l’horizon 2027, qui contient un programme de soutien et de protection des victimes. Le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) du Conseil de l’Europe a jugé que la Tchéquie avait pris d'excellentes mesures en la matière, a fait valoir la délégation.

La loi ne contient pas de disposition destinée à améliorer la participation des femmes au sein du pouvoir exécutif, a indiqué la délégation. De même, a-t-elle souligné, plusieurs tentatives d'adopter un système de quotas de 40% pour les listes électorales à la Chambre des députés n’ont pas abouti. Cette situation résulte à la fois d’un compromis politique et d’une perception négative des quotas héritée de l’ère communiste, a expliqué la délégation. 

En décembre 2025, a poursuivi la délégation, les autorités ont lancé une étude sur la manière de faire progresser les femmes dans le système judiciaire. La représentation égale des hommes et des femmes dans les services diplomatiques et consulaires est une priorité pour le Gouvernement, a d’autre part fait savoir la délégation. On constate une augmentation lente mais régulière de la place des femmes dans les postes décisionnaires (43% à l’heure actuelle), des mesures pratiques ayant été prises pour permettre aux employées du Ministère de concilier leur vie privée et vie professionnelle, a-t-elle fait valoir.

L’administration prépare par ailleurs une loi sur la participation des femmes dans les conseils d'administration du secteur privé, une question qui devra être remise sur le métier par le nouveau Gouvernement entré en fonction très récemment, a ajouté la délégation.

En ce qui concerne les discours incitant à la haine, les crimes de haine et la cyberviolence frappant les femmes politiques, le cadre législatif en vigueur permet déjà à la victime de s'adresser à un tribunal ou d’obtenir des indemnisations par une procédure civile, a ensuite fait savoir la délégation. 

Les femmes ukrainiennes en République tchèque sont peu nombreuses à déposer une demande d'asile, la plupart d'entre elles bénéficiant de mesures de protection internationale, une procédure moins lourde que la demande d'asile, a indiqué la délégation. Elles bénéficient d’une aide juridictionnelle gratuite, a-t-elle ajouté. Le nombre de femmes ukrainiennes occupant un emploi en Tchéquie est très élevé, a d’autre part souligné la délégation. 

La délégation a par la suite indiqué que l’un des principaux objectifs du système éducatif tchèque était l’égalité entre les sexes.  Elle a insisté sur la volonté des autorités de lutter contre les stéréotypes sexistes et d’encourager les filles, en collaboration avec les universités, à embrasser les carrières techniques et scientifiques. Pour être validés par le Ministère de l’éducation, les manuels scolaires doivent respecter certains principes, en particulier montrer la diversité des styles de vie et des rôles entre les hommes et les femmes, et montrer également qu’hommes, femmes, garçons et filles sont compétents et importants de la même manière, a ajouté la délégation.

La délégation a d’autre part souligné l’adoption récente d’un plan d’action visant à améliorer les résultats des élèves roms ces prochaines années. Par ailleurs, la loi révisée sur l'éducation prévoit l’attribution de davantage de fonds aux écoles qui s'occupent d'un grand nombre d'enfants en situation de marginalisation ou de vulnérabilité, et le Ministère de l'éducation a lancé un projet pilote contre la ségrégation des jeunes roms, a fait valoir la délégation.

La délégation a également fait état de mesures prises par l’État qui ont permis d’ouvrir quelque trente mille places supplémentaires dans les crèches. Cet effort se poursuit et porte plus particulièrement sur les zones où les services sont les plus lacunaires, a précisé la délégation.  Dans le même temps, les ministères concernés ont instauré un cadre pour évaluer et améliorer la qualité de la prise en charge de la petite enfance.

S’il est vrai que seuls 2% des pères prennent un congé parental, il n’en demeure pas moins que d'après une étude réalisée en 2024, 77% de la population estiment désormais que les deux parents devraient être responsables de l’éducation des enfants, a indiqué la délégation. 

La République tchèque prépare une nouvelle législation afin d’appliquer la directive européenne sur la transparence salariale, a fait savoir la délégation.

S’agissant des questions relatives à la santé, il a notamment été précisé que les femmes roms et les femmes handicapées, ainsi que les femmes migrantes, avaient un accès égal aux services de santé. 

La délégation a par ailleurs expliqué que le système de retraite en République tchèque était un système redistributif, fondé sur la solidarité, et également destiné à combler l'écart dans le montant des pensions de retraite entre les hommes et les femmes – écart imputable principalement à des carrières plus courtes et à des salaires plus faibles pour les femmes. Grâce à des mesures ciblées, telles qu’une indexation plus rapide des pensions les plus faibles ou encore, en 2023, une prime de 500 couronnes par enfant, l’écart entre les sexes [concernant le montant des pensions de retraite] a été ramené à 11% en 2024, alors qu’il était de 18% en 2014, a souligné la délégation. Cet écart est aujourd’hui moins important que l'écart salarial entre les sexes, a-t-elle fait remarquer.

Il a d’autre part été précisé que les tribunaux autorisaient chaque année tout au plus quelques dizaines de mariages de mineurs âgés de 16 à 18 ans. 

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