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La Conférence du désarmement tient une dernière séance publique plénière sous la présidence de Cuba

Comptes rendus de séance

 

Lors de sa dernière séance plénière sous présidence cubaine, la Conférence du désarmement n’est pas parvenue, ce matin, à adopter par consensus le projet de décision CD/WP.640, par lequel elle aurait décidé que « toute référence dans le Règlement intérieur de la Conférence du désarmement à une personne de sexe masculin est également réputée constituer une référence à une personne de sexe féminin ».

De nombreuses délégations* ont pris part à la discussion sur ce projet de modification du Règlement intérieur – présenté par le Président de la Conférence, l’Ambassadeur Juan Antonio Quintanilla Román de Cuba – et sur les questions liées au fonctionnement de la Conférence.

Dans une déclaration de portée générale, le Royaume-Uni a ensuite présenté aux membres de la Conférence sa stratégie de défense spatiale. La Chine a pour sa part exposé l’Initiative pour la sécurité mondiale, présentée par le Président Xi Jinping le 21 avril dernier.

Ce matin, le Président de la Conférence a en outre souhaité la bienvenue au nouveau Représentant permanent de la République démocratique du Congo, M. Paul Empole Losoko Efambe, qui a également fait une déclaration.

Enfin, M. Quintanilla Román, dont le mandat de Président s’achève à la fin de cette semaine, a remercié les délégations qui ont aidé sa présidence à faire avancer les débats à la Conférence dans la mesure du possible et à rechercher le consensus. Du 30 mai au 24 juin, la Conférence sera présidée par l’Ambassadeur Han Tae Song de la République populaire démocratique de Corée, lequel a indiqué ce matin qu’il informerait les membres de la Conférence, la semaine prochaine, des activités que la République populaire démocratique de Corée entend mener pour faire avancer les travaux de la Conférence.

En fin de séance, plusieurs délégations sont intervenues pour remercier la présidence sortante cubaine.

 

La date de la prochaine réunion publique de la Conférence sera communiquée ultérieurement.

 

Aperçu des débats

Déclaration du nouveau Représentant permanent de la République démocratique du Congo

M. PAUL EMPOLE LOSOKO EFAMBE, Représentant permanent de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies à Genève, a affirmé que son pays menait une politique très engagée pour le désarmement et la non-prolifération. La République démocratique du Congo travaille actuellement à l’harmonisation de son cadre juridique interne avec les instruments internationaux qu’elle a ratifiés, s’agissant en particulier du contrôle et de la traçabilité des armes, ou encore de la sécurisation des stocks nationaux d’armes classiques. Concrètement, le Gouvernement a procédé à la destruction de munitions et bombes obsolètes, et s’est attaché à appliquer la Convention sur les mines antipersonnel, entre autres mesures.

Quant à la parité entre les sexes, elle est sacrée pour la République démocratique du Congo, qui l’a inscrite dans sa Constitution, a ajouté M. Empole Losoko Efambe.

Le Représentant permanent a ensuite fait part de l’inquiétude de son pays face à la situation de guerre en Europe, qui pousse les États vers le réarmement, contrairement au but de la Conférence du désarmement. Il a insisté sur l’importance de trouver des voies et moyens pour retourner sur la voie de la sagesse et du dialogue.

La République démocratique du Congo, qui assumera bientôt la présidence de la Conférence, sollicite l’appui de tous les États membres et observateurs. La présidence [congolaise] entend organiser, en particulier, des discussions sur la cyberguerre et les cyberarmes, y compris les drones, afin de mieux les réglementer et protéger l’humanité contre ces menaces, a conclu le Représentant permanent.

Aperçu de la discussion autour du projet de décision CD/WP.640 et du fonctionnement de la Conférence

Ce matin, la Conférence n’est pas parvenue à adopter par consensus le projet de décision CD/WP.640, par lequel elle aurait décidé que « toute référence dans le Règlement intérieur de la Conférence du désarmement à une personne de sexe masculin est également réputée constituer une référence à une personne de sexe féminin ». Ce projet était présenté par le Président de la Conférence, l’Ambassadeur Juan Antonio Quintanilla Román de Cuba (voir notre communiqué du mardi 24 mai). Ce matin, le Président a d’abord rappelé qu’il avait, pour élaborer sa proposition, étudié soigneusement tous les précédents, y compris l'expérience des présidences antérieures de la Conférence, et mené des consultations bilatérales intensives avec les délégations.

Dans un premier temps, M. Quintanilla Román a demandé aux délégations si elles étaient d'accord pour intégrer, dans le document CD/WP.640, des modifications proposées par l’Australie lors de la séance de mardi dernier (24 mai). Le Royaume-Uni a indiqué n’être pas prêt à donner son aval au projet CD/WP.640 sans ces amendements, et a estimé qu’il fallait continuer à travailler sur cette question. Les États-Unis, l’Australie, le Canada, la République de Corée, le Chili, l’Espagne, l’Italie, le Japon, le Mexique, la France (au nom de l’Union européenne), la Suisse, la Colombie, l’Argentine, la Norvège, Israël et l’Autriche ont soutenu la position du Royaume-Uni.

Le Président a alors constaté que plusieurs délégations s’étaient opposées à l’adoption par consensus de sa proposition. Il a regretté que le consensus n’ait pas été atteint et a indiqué que les prochaines présidences de la Conférence devraient décider de la suite à donner à cette question. La Conférence a ensuite abordé des aspects relatifs à l'accès aux comptes rendus des séances privées, ainsi qu’à la convocation des séances plénières et des organes subsidiaires de la Conférence, pour donner suite à des questions posées par la Fédération de Russie mardi dernier également.

*Liste des délégations ayant pris part à la discussion sur le [projet de modification du] Règlement intérieur et le fonctionnement de la Conférence : Australie, Fédération de Russie, Argentine, Iran, États-Unis, Royaume-Uni, Canada, République de Corée, Chili, Espagne, Italie, Japon, Mexique, France, Suisse, Équateur, Colombie, Syrie, Venezuela, Norvège, Israël, Autriche, Indonésie, Nigéria, Chine, République populaire démocratique de Corée, Inde, Bulgarie, Algérie, Brésil et Pakistan.

Déclarations de portée générale

Le Royaume-Uni a informé les membres de la Conférence de sa stratégie de défense spatiale, expliquant qu’elle tenait compte des besoins de la vie civile, de la défense nationale et aussi d’activités telles que le déminage ou l’aide humanitaire. Selon cette stratégie, le Royaume-Uni contribuera aux efforts internationaux pour prévenir les conflits dans l’espace. La stratégie expose qu’une concurrence agressive oblige le Royaume-Uni à faire un effort de déploiement contre des attaques directes et ou indirectes. Elle reconnaît aussi l’importance des initiatives diplomatiques pour prévenir la course aux armements dans l’espace.

Le Royaume-Uni a précisé qu’il présentait sa stratégie de défense spatiale dans l'intérêt de la transparence, de la coopération et de l'instauration de la confiance entre toutes les nations. Grâce à la mise en œuvre de cette stratégie, grâce à son engagement dans les efforts internationaux tels que le Groupe de travail à composition non limitée sur la réduction des menaces spatiales au moyen de normes, de règles et de principes de comportement responsable, et grâce aux discussions au sein de la Conférence, le Royaume-Uni continuera à faire en sorte que l'espace reste un domaine sûr et prospère pour tous.

La Chine a exposé l’Initiative pour la sécurité mondiale présentée par le Président Xi Jinping le 21 avril, initiative fondée sur le constat que la mentalité de guerre froide et la confrontation entre les blocs risquent de recréer les mêmes problèmes qu’au XXème siècle.

L’initiative est fondée sur le multilatéralisme, sur l’esprit de de la Charte des Nations Unies et sur la solidarité, a précisé la délégation chinoise. Elle compte plusieurs objectifs : la collaboration pour la sécurité et la paix internationales ; le respect de la souveraineté des États et le refus des ingérences dans leurs affaires intérieures ; l’application des principes de la Charte des Nations Unies ; le choix du multilatéralisme pour aller de l’avant ; et le fait que la sécurité d’un pays ne peut se faire au détriment de celle d’autres États.

Ni la guerre ni les sanctions n’ont jamais résolu les différends, a ajouté la Chine. Les pays belligérants doivent être aidés à dialoguer. Dans un contexte où les économies sont de plus en plus imbriquées, il faut résoudre ensemble les problèmes qui se posent à tous, a souligné la délégation chinoise.

La Chine n’a jamais formé de bloc politique ni envahi d’autres États, et s’est engagée à ne jamais utiliser d’armes nucléaires la première, a rappelé la délégation ; mais la Chine est aussi prête à défendre son intégrité territoriale et sa souveraineté, a-t-elle ajouté.

Enfin, la Chine a condamné le « groupe de pays qui entraînent le monde dans une nouvelle guerre froide sous de fallacieux prétextes » de même que la « stratégie indopacifique » qui aboutirait à la création d’un équivalent de l’OTAN et susciterait des divisions.

Remarques de conclusion

M. QUINTANILLA ROMÁN a remercié les délégations qui ont aidé sa présidence à faire avancer les débats à la Conférence dans la mesure du possible et à rechercher le consensus. Il a cédé la parole au prochain Président de la Conférence.

En tant que prochain Président de la Conférence [à compter de la semaine prochaine], M. TAE SONG HAN, Représentant permanent de la République populaire démocratique de Corée, a exprimé la reconnaissance de son pays envers la présidence cubaine dont il a regretté que la proposition de modification du Règlement intérieur n’ait pas été acceptée. Il a indiqué qu’il informerait les membres la semaine prochaine, en séance plénière, des activités que la République populaire démocratique de Corée entend mener pour faire avancer les travaux de la Conférence.

Enfin, l’Iran, l’Argentine, l’Algérie, la Fédération de Russie et le Venezuela ont remercié la présidence sortante cubaine.

 

 

Ce document produit par le Service de l’information des Nations Unies à Genève est destiné à l'information ; il ne constitue pas un document officiel.

Les versions anglaise et française de nos communiqués sont différentes car elles sont le produit de deux équipes de couverture distinctes qui travaillent indépendamment.

 

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