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Examen de l’Eswatini au Comité des droits économiques, sociaux et culturels : les experts se penchent sur des questions liées, notamment, au chômage des jeunes, à la pauvreté et à la lutte contre le VIH/sida

Résumés des réunions

 

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a examiné hier après-midi et ce matin le premier rapport présenté par le Royaume d'Eswatini au titre du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. 

Le rapport a été présenté par Mme Dorcas N. Dlamini, Secrétaire principale du Ministère de la justice et des affaires constitutionnelles du Royaume d'Eswatini. Mme Dlamini a notamment précisé que la croissance économique de l’Eswatini était passée de 3,4 % en 2021 à 5,6 % en 2025, ce qui s’est traduit par une amélioration des conditions de vie, avec en particulier un recul du taux de pauvreté de 58,9 % en 2016 à 53,4 % en 2023.

La Secrétaire principale a également mis en avant la priorité accordée par son Gouvernement au droit à l’éducation. Au cours de l’exercice 2026-2027, le secteur de l’éducation a ainsi reçu 16,7 % du budget national et 6,25 % du produit intérieur brut, les autorités s’attachant en particulier à améliorer la qualité de l’enseignement.

S’agissant des questions de santé, Mme Dlamini a fait savoir que le ministère concerné s’était vu allouer 8,8 % du budget national. Elle a aussi mis en avant la volonté de l’Eswatini de parvenir à une couverture sanitaire universelle, de même que la réponse du pays au VIH, précisant que le pays comptait parmi les premiers au monde à avoir introduit le lénacapavir injectable dans son protocole de prévention. 

Conduite par Mme Dlamini, la délégation était également composée de M. Sandile Lelfred Hlatshwayo, chargé d’affaires par intérim à la Mission permanente de l’Eswatini auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que d’autres représentants des Ministères eswatiniens des affaires étrangères, de la justice et des affaires constitutionnelles, du commerce et de l’industrie, de la santé, ainsi que de l’éducation et de la formation.

Pendant le dialogue avec la délégation, une experte a souligné que la pauvreté extrême restait très préoccupante dans le pays, en particulier dans ses régions rurales. Elle a aussi remarqué que des pénuries de médicaments et de personnel soignant empêchaient les personnes vivant dans les zones rurales d'accéder aux soins de santé.

Des experts ont fait part de préoccupations quant au fait que plus d’un tiers des Eswatiniens de 15 à 24 ans ne sont ni en formation, ni en emploi, et que le taux de chômage parmi les jeunes atteint 58 % dans le pays.

Une experte a salué l'engagement de l’Eswatini de parvenir à la couverture sanitaire universelle. Elle a aussi jugé positifs les progrès du pays dans la lutte contre le VIH/sida, mais a estimé que la réduction des financements extérieurs constatée récemment pourrait compromettre cette tendance positive.

Le Comité, s’est inquiété un expert, est informé de représailles et d’actes de violence contre des militants des droits de l’homme, notamment en 2021, où il y aurait eu 46 morts et 240 personnes blessées par des tirs lors de manifestations. 

Les experts ont abordé avec la délégation de nombreuses autres questions en lien avec la discrimination envers les femmes, les droits syndicaux, la situation des travailleurs et travailleuses domestiques, l’accès à l’enseignement scolaire, l’approvisionnement en eau potable, ou encore les incidences négatives des activités des grandes entreprises.

Il a été suggéré que l'État se dote d’un système de mesure de la pauvreté pluridimensionnelle, qui permettrait de disposer d’indicateurs liés à l'accès à la santé, au logement, à l'assainissement et à d'autres droits consacrés par le Pacte.

Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport de l’Eswatini et les rendra publiques à l’issue de sa session, le 13 novembre.

 

Cet après-midi à 15 heures, le Comité entamera l’examen du rapport du Pakistan. 

 

Examen du rapport de l’Eswatini

Le Comité est saisi du rapport initial de l’Eswatini (E/C.12/SWZ/1), ainsi que des réponses du pays à une liste de points à traiter qui avait été soumise par le Comité.

Présentation du rapport

Le rapport a été présenté par MME DORCAS N. DLAMINI, Secrétaire principale du Ministère de la justice et des affaires constitutionnelles du Royaume d'Eswatini. Ce faisant, Mme Dlamini a notamment précisé que la croissance économique de l’Eswatini était passée de 3,4 % en 2021 à 5,6 % en 2025, ce qui s’est traduit par une amélioration des conditions de vie : en particulier, le taux de pauvreté est passé de 58,9 % en 2016 à 53,4 % en 2023, tandis que le chômage a baissé de 35,4 % en 2023 à 33,5 % en 2025.

Mme Dlamini a aussi indiqué que son Gouvernement accordait toujours la priorité au droit à l’éducation. Au cours de l’exercice 2026-2027, le secteur de l’éducation a ainsi reçu 16,7 % du budget national et 6,25 % du produit intérieur brut. La même année, une enveloppe de 194,5 millions d’emalangeni a été allouée aux orphelins et aux enfants vulnérables et un budget de 702,3 millions a été consacré aux bourses d’études par le Ministère du travail et de la sécurité sociale. Cet investissement porte ses fruits, a estimé Mme Dlamini : en 2025, le taux net de scolarisation dans le primaire a atteint 95,3 %, et le taux d’achèvement du primaire est passé à 117,4 %, contre 108 % en 2023–2024 (taux supérieur à 100 % en raison de la présence d’élèves ayant dépassé l’âge normal de scolarisation). 

L’Eswatini s’attache également à améliorer la qualité de l’enseignement, a indiqué Mme Dlamini. En particulier, deux cent quarante-trois enseignants sont passés d’un statut temporaire à un statut permanent, et quatre nouveaux établissements d’enseignement secondaire, à raison d’un par région, sont en cours de construction. 

S’agissant des questions de santé, Mme Dlamini a fait savoir que le ministère concerné s’était vu allouer 8,8 % du budget national (3,16 % du PIB). L’Eswatini entend parvenir à une couverture sanitaire universelle, afin de garantir aux Eswatiniens l’accès à des soins de santé équitables, abordables et de qualité, a dit la Secrétaire principale. Elle a aussi mis en avant la réponse de l’Eswatini au VIH, précisant que le pays comptait parmi les premiers au monde à avoir introduit le lénacapavir injectable (LEN) dans son protocole national de prévention. 

Mme Dlamini a également mis en avant le programme de logement décent destiné aux groupes les plus vulnérables : ce programme, déployé dans l’ensemble des cinquante-neuf circonscriptions, a permis de livrer 1 135 logements depuis 2023 au bénéfice des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap. De plus, un programme d’aide alimentaire a bénéficié à 263 090 personnes dans 58 201 foyers.

Mme Dlamini a aussi précisé que l’Eswatini était en train de mettre en place un Fonds d’allocations de chômage, et a fait état de l’augmentation de 31,8 %, par rapport à 2025, du nombre des contrôles effectués par le service d’inspection du travail, conformément à l’engagement du Gouvernement de renforcer le respect des normes du travail et d’améliorer la protection des travailleurs.

Mme Dlamini a par ailleurs indiqué que son pays avait créé en 2020, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et du Secrétariat du Commonwealth, un mécanisme chargé de préparer les rapports à remettre aux organes de traités et d’en assurer le suivi.

Questions et observations des membres du Comité

Le Comité avait chargé un groupe de travail composé de quatre de ses membres de procéder à l’examen du rapport de l’Eswatini : M. Asraf Ally Caunhye, M. Nadir Adilov, Mme Peijie Chen et M. Santiago Manuel Fiorio Vaesken.

Coordonnateur de ce groupe de travail, M. CAUNHYE a noté avec satisfaction les progrès déjà réalisés par l’Eswatini pour donner effet au Pacte. L’expert a demandé ce qui avait été fait pour que les droits consacrés par le Pacte prévalent sur le droit national. Il a voulu savoir comment les citoyens pouvaient obtenir des recours en cas de violation de ces droits, si l’Eswatini ratifierait le Protocole facultatif se rapportant au Pacte et créant une procédure de plainte devant le Comité, et où en était la création d’une institution nationale de droits de l’homme conforme aux principes de Paris. 

M. Caunhye a fait état d’informations selon lesquelles l'exécutif exercerait des pressions indues sur le pouvoir judiciaire, entravant ainsi son impartialité et son indépendance. Le Comité est aussi informé de représailles et d’actes de violence contre des militants des droits de l’homme, notamment en 2021, où il y aurait eu 46 morts et 240 personnes blessées par des tirs lors de manifestations. 

M. Caunhye a fait observer que l’Eswatini ne disposait pas de loi sur les entreprises et les droits de l’homme. Il a demandé ce qui était fait pour remédier aux incidences négatives des activités des grandes entreprises, en particulier s’agissant de grands projets d'extraction ou d'infrastructure, sur l'environnement et sur la santé. L’expert s’est aussi interrogé sur la protection des lanceurs d’alerte en matière de corruption.

M. Caunhye a par ailleurs relevé que le taux de pauvreté en zone rurale dans l’Eswatini s'élevait à quelque 70 %, le pays connaissant, de plus, la plus forte inégalité des revenus dans le monde. Il a demandé comment le Gouvernement entendait augmenter sa capacité redistributive afin de réaliser au mieux les droits économiques, sociaux et culturels des segments les plus pauvres et vulnérables.

L’expert a demandé quelle était la place de la justice traditionnelle dans le cadre juridique eswatinien et ce qui était fait contre les normes culturelles qui perpétuent les inégalités et la discrimination sexiste dans le pays. Il a voulu savoir si l’Eswatini modifierait son cadre juridique pour y inclure tous les motifs de discrimination interdits prévus par le Pacte, y compris l'orientation sexuelle et l'identité de genre.

M. Caunhye a également demandé comment le Gouvernement luttait contre le taux de chômage parmi les jeunes, qui atteindrait 58 %.

L’expert a aussi voulu savoir comment, en pratique, l’indépendance des syndicats était garantie. Le Comité, a dit l’expert, est informé que des syndicalistes auraient été victimes de violence, voire de meurtre, dans l’exercice de leurs activités syndicales.

Les travailleurs domestiques victimes d’accident au travail ne sont pas couverts par le système social eswatinien, a aussi regretté M. Caunhye.

Pour sa part, MME CHEN a relevé qu’un tiers des enfants eswatiniens ne seraient pas enregistrés à l’état civil. Elle a aussi jugé préoccupantes l’intensification des violences à l'égard des femmes et des filles, de même que la situation en matière de droits des femmes en général.

Mme Chen a aussi voulu savoir dans quelle mesure les personnes âgées avaient accès aux soins de santé. 

Mme Chen a relevé que la pauvreté extrême restait très préoccupante dans le pays, en particulier dans ses régions rurales. Elle a remarqué que des pénuries de médicaments et de personnel soignant empêchaient les personnes vivant dans les zones rurales d'accéder aux soins de santé.

Mme Chen s’est aussi interrogée sur les mesures prises par le Gouvernement eswatinien pour garantir l’approvisionnement en eau potable.

M. FIORIO VAESKEN a suggéré que l'État se dote d’un système de mesure de la pauvreté pluridimensionnelle, qui permettrait non seulement d'identifier la pauvreté liée aux revenus, mais aussi de disposer d’indicateurs liés à l'accès à la santé, au logement, à l'assainissement et à d'autres droits consacrés par le Pacte.

M. Fiorio Vaesken a aussi fait remarquer que l’enseignement primaire n’était pas totalement gratuit en Eswatini. Il a prié la délégation de dire ce qui était fait pour permettre aux jeunes filles enceintes de rester scolarisées ou de reprendre leurs études après l’accouchement. L’expert a par ailleurs jugé nécessaire que l’Eswatini renforce la prévention de la discrimination, des abus sexuels et des demandes de faveurs sexuelles de la part d’enseignants à l’égard des apprenantes.

Le Comité, a ajouté M. Fiorio Vaesken, est informé que le Gouvernement aurait recours à la loi sur la sédition et les activités subversives ainsi qu’à la loi sur la répression du terrorisme pour réprimer les militants étudiants, tel Colani Maseko, président de l’Union nationale des étudiants.

Enfin, l’expert a fait part de préoccupations concernant l’exclusion de certains jeunes eswatiniens de la vie artistique et de la production culturelle, notamment les jeunes qui expriment des avis critiques ou qui participent à des initiatives culturelles indépendantes.

Une experte a salué l'engagement de l’Eswatini de parvenir à la couverture sanitaire universelle. Elle a aussi jugé positifs les progrès du pays dans la lutte contre le VIH/sida, mais a estimé que la réduction des financements extérieurs constatée récemment pourrait compromettre cette tendance positive.

Une autre experte membre du Comité a fait part de sa préoccupation devant le fait que 36,5 % des jeunes de 15 à 24 ans ne sont ni en formation, ni en emploi.

D’autres questions des experts ont porté sur la prise en charge des maladies mentales et la prévention du suicide en Eswatini, le droit au logement ou encore la scolarisation des enfants handicapés.

Réponses de la délégation

La délégation a d’abord précisé que le Pacte n’était pas directement applicable dans l’Eswatini, mais que les tribunaux pouvaient se référer au droit international des droits de l'homme, y compris aux dispositions du Pacte, dans leur interprétation des droits garantis par la Constitution eswatinienne. De plus, de nombreux droits du Pacte sont garantis par la Constitution de 2005 et sont directement applicables, notamment le droit à l'égalité entre hommes et femmes. Le droit coutumier est une source de droit pour l’Eswatini, mais il doit s’appliquer dans le cadre de la Constitution, a précisé la délégation. 

Les acteurs du système judiciaire sont formés aux droits couverts par le Pacte par le biais d’une initiative mise en place avec l’aide des partenaires de développement de l’Eswatini. 

Le Royaume envisage de ratifier le Protocole facultatif se rapportant au Pacte, a aussi indiqué la délégation.

La délégation a ensuite indiqué que l’indépendance du pouvoir judiciaire était garantie par la Constitution. Les tensions entre les trois pouvoirs, quand elles se produisent, sont réglées dans un esprit de coopération et il n’y a aucune tentative de s’ingérer dans les affaires de la justice, a assuré la délégation.

La délégation a par ailleurs indiqué que le Parlement était saisi d’un projet de loi portant création d’une institution nationale de droits de l’homme pleinement indépendante.

S’agissant des entreprises et des droits de l’homme, la délégation a indiqué que l’Eswatini n’avait pas encore adopté de loi sur la diligence raisonnable, mais que le Gouvernement encourageait une conduite responsable de leur part. D’autre part, le cadre juridique existant contient déjà certains des principes relatifs au respect des droits de l’homme par les entreprises.

La délégation a répondu à d’autres questions des experts du Comité relatives à la riposte aux changements climatiques. Elle a notamment mis en avant plusieurs initiatives menées par le Gouvernement pour favoriser l’énergie verte.

Le taux de pauvreté est en baisse et se situait à environ 53 % en 2024-2025, a indiqué la délégation. Le Gouvernement ne ménage aucun effort pour faire chuter encore ce taux, a-t-elle assuré.

Chaque allégation de violence commise lors de manifestations fait l’objet d’une enquête, a poursuivi la délégation. Le Gouvernement a procédé à une évaluation interne au terme de laquelle il est en mesure d’affirmer que la force qui a été utilisée pour soumettre différents éléments lors des émeutes de 2021 était disproportionnée et contraire à l'article 15 de la Constitution qui garantit le droit à la vie. Les policiers ne bénéficient d’aucune impunité, a-t-elle assuré. 

La délégation a aussi fait état d’une réduction modeste des inégalités économiques au sein de la population. Elle a mentionné les subventions versées par les autorités pour soutenir la scolarité des enfants ainsi que les primes sociales versées à certains groupes de la population particulièrement vulnérables. 

L’Eswatini est partie à la convention (n° 111) de l’Organisation internationale du Travail concernant la discrimination dans l’emploi, a précisé la délégation : à ce titre, le Gouvernement agit pour éliminer la discrimination de la part des employeurs en matière de salaire.

La délégation a précisé que si la loi eswatinienne ne contient pas de disposition spécifique relative aux droits des personnes LGBTIQ, celles-ci bénéficient de l’égalité de traitement dans les services de santé et dans l’éducation, entre autres. Les voies de recours régulières leur sont ouvertes si elles estiment que leurs droits ne sont pas respectés.

La délégation a insisté sur la volonté des autorités eswatiniennes de moderniser le cadre législatif relatif à l'emploi, en vue notamment de donner suite aux recommandations de l’Organisation internationale du Travail.

La délégation a donné d’autres informations concernant l’instauration en cours d’un salaire minimal de même que d’un système de sécurité sociale qui, a-t-elle souligné, couvrira aussi les travailleurs du secteur informel. La loi sur l'indemnisation des travailleurs est en cours de révision, afin d'élargir le cercle des travailleurs éligibles, les travailleurs domestiques en étant pour l’instant exclus, a également précisé la délégation.

Face au problème du chômage des jeunes, le Gouvernement applique plusieurs programmes d’autonomisation destinés à aider les jeunes à acquérir des compétences, notamment en matière d’autoentrepreneuriat. Le Gouvernement a par ailleurs débloqué des fonds pour construire davantage d’infrastructures rurales, une démarche qui pourrait créer quelque dix mille emplois pour les jeunes, a aussi indiqué la délégation. 

Le droit de grève est reconnu en Eswatini, a poursuivi la délégation. Aucun dirigeant syndical n’a été assassiné dans le pays, a-t-elle souligné.

La délégation a répondu à d’autres questions des experts portant sur la lutte contre la discrimination envers les personnes handicapées et envers les femmes. 

En matière de lutte contre la discrimination sexiste, la délégation a fait état de progrès dans l’accès des femmes à la propriété foncière, grâce notamment à une révision de la politique foncière ainsi qu’au travail de plaidoyer effectué par les autorités auprès des autorités traditionnelles, du grand public et des familles.

Un autre travail de plaidoyer est destiné à donner aux femmes les compétences pour participer aux processus électoraux, l’objectif du Gouvernement étant de parvenir à un taux plancher de 30 % de femmes dans les instances élues.

La délégation a ensuite indiqué que le Gouvernement applique une stratégie nationale visant à accélérer la mise en place de la couverture sanitaire universelle d’ici à 2030 grâce à la mobilisation de ressources nationales pérennes de même qu’à la création d’un système national d’assurance maladie (NHIS).

En 2024, l’Eswatini disposait de 301 établissements de santé, dont 46 % publics et 23 % détenus par des ONG, les autres relevant du secteur privé. Le Gouvernement veille à ce que 80 % de la population aient accès à un établissement de santé dans un rayon de huit kilomètres ; dans des zones rurales, il investit dans la construction de davantage de cliniques et dispensaires. 

Le système de santé eswatinien est très largement subventionné : la prise en charge dans un établissement public coûte l’équivalent de moins d’un dollar, a aussi précisé la délégation. 

S’agissant du VIH/sida, la délégation a mentionné plusieurs avancées importantes, notamment une réduction de plus de 70 % des nouvelles infections, une baisse de 75 % du taux de mortalité depuis 2001 et un recul de la transmission mère-enfant de 20 % en 2002 à 1,3 % en 2025. La délégation a relevé que le déclin du financement du VIH/sida depuis 2025 avait entraîné des perturbations dans certains traitements, mais que l’État disposait lui-même des moyens financiers nécessaires pour acheter les médicaments pour le VIH/sida et payer les personnels soignants, les lacunes se situant dans les capacités de laboratoire et de diagnostic.

La délégation a aussi fait état d’une augmentation du nombre des personnels soignants disponibles, en particulier des personnels infirmiers, qui sont l’épine dorsale des soins de santé primaires en Eswatini. 

L’Eswatini, a dit la délégation, reste confronté à une pénurie de personnels, laquelle s’explique en particulier par des raisons budgétaires, de même qu’à un manque de médicaments et de fournitures médicales, un problème auquel le Gouvernement entend remédier grâce à une nouvelle agence nationale de gestion des stocks médicaux qui sera opérationnelle en 2027.

La délégation a ensuite décrit les mécanismes mis en place dans la capitale et dans les campagnes pour contrôler la qualité de l’eau, de même que pour aider les communautés à se doter de dispositifs d’assainissement et d’hygiène. Le Gouvernement applique chaque année de nouveaux programmes destinés à étendre l’approvisionnement en eau potable, a insisté la délégation.

Enfin, la délégation a indiqué que le Gouvernement avait adopté une stratégie et un plan d'action en matière de réduction de la pauvreté, avec notamment des programmes de protection sociale ciblant les groupes les plus vulnérables, y compris des subventions pour handicap ou pour enfants vulnérables.

S’agissant de la méthodologie, la délégation a précisé que l’Eswatini avait mené, en 2024, une évaluation à huit dimensions de la pauvreté parmi les enfants, et que le Gouvernement mènerait, en tenant compte des enseignements tirés de cette expérience, une autre analyse multidimensionnelle de la pauvreté qui couvrira cette fois la totalité de la population.

S’agissant des questions d’éducation, la délégation a précisé que dans l’enseignement primaire, les parents ne s'acquittaient que des frais d'inscription, qui servent à payer les enseignants. En revanche, les infrastructures, certains manuels ainsi que l'alimentation sont gratuits. 

Pour des raisons financières, le Gouvernement n’est pas en mesure de rendre la scolarité secondaire gratuite, a ajouté la délégation. 

La délégation a aussi décrit les mesures prises par le Gouvernement pour prévenir les grossesses parmi les adolescentes, ou pour permettre aux jeunes filles enceintes de poursuivre leur scolarité. 

Une ligne téléphonique gratuite a été ouverte pour permettre aux apprenants de signaler tout cas de harcèlement, notamment sexuel. Chaque signalement donne lieu à une enquête confidentielle par le département de l’éducation et de la formation, a assuré la délégation.

S’agissant de la liberté académique, la délégation a assuré qu’aucune poursuite n’était en cours, au titre de la loi antiterroriste ou de la loi contre la sédition, à l’encontre de militants étudiants ou enseignants. Une plainte contre le Gouvernement déposée par M. Maseko devant le tribunal administratif est en cours d’examen, a-t-elle précisé. 

Enfin, la délégation a mis en avant les ateliers que le Gouvernement organise pour promouvoir les principes des droits de l'homme ainsi que les pratiques culturelles, l'histoire et les contributions des différentes communautés qui vivent en Eswatini.

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Ce document produit par le Service de l’information des Nations Unies à Genève est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel.

Les versions anglaise et française de nos communiqués sont différentes car elles sont le produit de deux équipes de couverture distinctes qui travaillent indépendamment.

 

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