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Examen du Timor-Leste au Comité des droits de l’enfant : les experts saluent la loi de 2023 sur la protection des enfants, mais expriment notamment des préoccupations au sujet de l’enregistrement des naissances

Résumés des réunions

 

Le Comité des droits de l’enfant a examiné hier après-midi et ce matin le rapport présenté par le Timor-Leste au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant

Présentant le rapport, M. António da Conceição, Représentant permanent du Timor-Leste auprès des Nations Unies à Genève, a indiqué que, ces dernières années, son pays avait réalisé d’importants progrès dans le renforcement de son cadre juridique et institutionnel en faveur des enfants. Il a ainsi fait état de l’adoption de la loi de 2023 sur la protection des enfants et des jeunes en danger, et de la création de l’Institut pour la défense des droits des enfants en 2021, chargé notamment de renforcer la coordination entre les institutions gouvernementales et la société civile dans la promotion et la protection des droits de l’enfant.

M. da Conceição a aussi indiqué que le Gouvernement timorais préparait un plan d’action national en faveur des enfants pour la période 2026-2030, après des consultations menées auprès de 702 enfants. Ce plan comprend dix-sept stratégies portant sur la survie, le développement, la protection et la participation des enfants.

Le Représentant permanent a précisé que le Timor-Leste s’employait à surmonter les obstacles à l’enregistrement des naissances, de même qu’à prévenir les séparations familiales inutiles et à favoriser la réunification familiale dans des conditions sûres. Il a donné d’autres informations concernant les mesures prises par le Gouvernement en matière de santé, de nutrition et de protection sociale des enfants.

Complétant cette présentation, Mme Dinorah Granadeiro, présidente de l’Institut pour la défense des droits de l’enfant, a précisé que l’Institut, membre permanent de la Commission d’examen du budget, supervisait à ce titre la préparation du budget national afin que des dotations destinées à promouvoir les droits de l’enfant soient prévues dans les budgets des différents ministères. À cet égard, le Gouvernement a adopté en 2021 un « marqueur enfant » qui permet de suivre les dotations budgétaires consacrées aux enfants, a indiqué Mme Granadeiro.

Outre M. da Conceição et Mme Granadeiro, la délégation timoraise venue soutenir ce rapport était composée de plusieurs représentants du Ministère des affaires étrangères, du Ministère de la solidarité et de l’inclusion sociales, et de l’Institut pour la défense des droits des enfants (INDDICA).

Au cours du dialogue noué entre les experts membres du Comité et la délégation, une experte du Comité a félicité le Timor-Leste d’avoir adopté en 2023 la loi sur la protection des enfants et des jeunes en danger, d’avoir adhéré à l’Alliance mondiale Pathfinding destinée à mettre fin à la violence à l’encontre des enfants, et d’avoir renforcé les capacités du personnel des services sociaux.

Le Comité, a ajouté l’experte, reste cependant préoccupé par l’accès des enfants timorais à la justice et aux voies de recours et par la situation des enfants demandeurs d’asile, réfugiés ou migrants. Un autre expert a fait part de la vive préoccupation du Comité devant le fait que le taux réel d’enregistrement des naissances restait très faible au Timor-Leste, l’Enquête démographique et sanitaire de 2026 ayant en effet montré que seuls 34,5 % des enfants de moins de 5 ans dans le pays détiennent un acte de naissance.

D’autres questions ou préoccupations des experts ont porté sur la vulnérabilité des enfants qui grandissent en milieu rural et dans les zones montagneuses, la stagnation de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, ou encore le sort de quelque 300 enfants ayant disparu pendant le conflit de 1975 à 1999 au Timor-Leste.

Le Comité adoptera ultérieurement, à huis clos, ses observations finales sur le rapport du Timor-Leste et les rendra publiques à l’issue de sa session le 28 septembre.

 

Le Comité entamera l’examen du rapport de la République-Unie de Tanzanie cet après-midi à 15 heures. 

 

Examen du rapport du Timor-Leste

Le Comité est saisi du quatrième rapport périodique du Timor-Leste (CRC/C/TLS/4), ainsi que des réponses du pays à une liste de points à traiter qui avait été soumise par le Comité.

Présentation

Présentant le rapport, M. ANTÓNIO DA CONCEIÇÃO, Représentant permanent du Timor-Leste auprès des Nations Unies à Genève, a indiqué que, ces dernières années, le Timor-Leste avait réalisé d’importants progrès dans le renforcement de son cadre juridique et institutionnel en faveur des enfants. Dans le même temps, a relevé le Représentant permanent, le Gouvernement est conscient que les lois et politiques ne constituent qu’un premier pas : le principal défi consiste à garantir que les droits soient effectivement respectés pour chaque enfant, y compris les enfants vivant dans des zones rurales et isolées, les enfants en situation de handicap, les enfants touchés par la pauvreté ou la violence, ainsi que les enfants en contact avec la justice. 

En matière de gouvernance et de protection de l’enfance, a poursuivi le Représentant permanent, l’adoption de la loi de 2023 sur la protection des enfants et des jeunes en danger a constitué une avancée majeure : elle renforce la prévention et les mesures de lutte contre la violence, les maltraitances, la négligence et l’exploitation. D’autre part, la création de l’Institut pour la défense des droits des enfants (INDDICA) en 2021, en tant qu’institution publique placée sous l’administration indirecte du Gouvernement, a renforcé la coordination entre les institutions gouvernementales et la société civile dans la promotion et la protection des droits de l’enfant.

Le Gouvernement a par ailleurs élaboré un projet de plan d’action national en faveur des enfants pour la période 2026-2030, après des consultations menées auprès de 702 enfants. Ce plan comprend dix-sept stratégies portant sur la survie, le développement, la protection et la participation. 

M. da Conceição a ensuite relevé que le nombre de cas signalés de violence à l’encontre des enfants était passé de 435 en 2023 à 759 en 2026 : cette évolution est préoccupante, mais l’augmentation peut aussi refléter une plus grande sensibilisation, une amélioration du signalement et une plus grande disposition à solliciter de l’aide, a fait remarquer le Représentant permanent. Cela souligne l’importance de renforcer les mécanismes de prévention, de signalement et d’intervention, a-t-il relevé. À ce titre, une ligne d’assistance téléphonique solidaire, gratuite et accessible 24 heures sur 24, est en cours de mise en place afin d’apporter une assistance aux personnes qui en ont besoin.

L’enregistrement des naissances constitue une autre priorité, a poursuivi le Représentant permanent. Le Timor-Leste s’efforce à cet égard de surmonter les obstacles géographiques, techniques et liés à la sensibilisation, notamment par le biais d’une campagne nationale en faveur de l’enregistrement obligatoire et gratuit des naissances. 

Le Timor-Leste s’efforce également de prévenir les séparations familiales inutiles et de favoriser la réunification familiale dans des conditions sûres. Entre 2023 et 2025, 645 enfants ont été pris en charge dans des dispositifs de prise en charge alternative après avoir subi des maltraitances, des violences domestiques et l’abandon. 

M. da Conceição a donné d’autres informations concernant les mesures prises par le Gouvernement en matière de santé et de nutrition, de même qu’en matière de protection sociale, laquelle a été développée grâce à des programmes tels que l’allocation maternelle (Bolsa da Mãe), qui comprend aussi un soutien renforcé aux enfants en situation de handicap. 

Dans le même temps, le Gouvernement développe les infrastructures scolaires, la formation des enseignants et les services préscolaires communautaires, tout en encourageant l’enseignement dans la langue maternelle et l’éducation multilingue dans plusieurs régions, ceci afin de respecter les origines linguistiques et culturelles des enfants.

Complétant cette présentation, MME DINORAH GRANADEIRO, présidente de l’Institut pour la défense des droits de l’enfant, a notamment précisé que l’Institut (ancienne Commission nationale des droits de l’enfant) était membre permanent de la Commission d’examen du budget et que, à ce titre, il supervisait la préparation du budget national afin de veiller à ce que des dotations destinées à promouvoir les droits de l’enfant soient prévues dans les budgets des différents ministères. À cet égard, le Gouvernement a adopté en 2021 un « marqueur enfant » qui permet de suivre les dotations budgétaires consacrées aux enfants. 

De plus, depuis 2018, le Centre national Chega! (CNC) œuvre à retrouver les enfants victimes des conflits et des violations des droits de l’homme survenus entre 1974 et 1999. Le Centre promeut la réconciliation et la consolidation de la paix. Il a retrouvé 150 enfants disparus et a organisé des retrouvailles avec leurs familles.

Mme Granadeiro a également fait savoir que le Ministère de la solidarité sociale et de l’inclusion avait lancé Primero CPIMS+, une application en ligne destinée à coordonner la prise en charge des dossiers et le suivi des enfants vulnérables ; et que, en vertu de la loi fondamentale de 2026 sur l’éducation préscolaire, l’éducation non formelle et la formation professionnelle, les élèves avaient droit à un environnement scolaire sûr, sain et favorable, exempt de toute forme de discrimination.

Questions et observations des membres du Comité

Le Comité avait chargé une équipe spéciale (ou groupe de travail) composée de plusieurs de ses membres de procéder à l’examen du rapport du Timor-Leste : Mme Hynd Ayoubi Idrissi, M. Rinchen Chophel, M. Benyam Dawit Mezmur et Mme Juliana Scerri Ferrante. 

Coordonnatrice de cette équipe, MME SCERRI FERRANTE a d’abord félicité le Timor-Leste pour son Plan d’action national contre la violence fondée sur le genre 2022–2032, de même que pour la loi de 2023 sur la protection des enfants et des jeunes en danger, pour le renforcement des capacités du personnel des services sociaux, et pour l’adhésion du Timor-Leste en mars 2025 à l’Alliance mondiale Pathfinding destinée à mettre fin à la violence à l’encontre des enfants.

Le Comité, a dit l’experte, reste cependant préoccupé par l’accès des enfants à la justice et aux voies de recours, notamment s’agissant des réparations insuffisantes ou incomplètes accordées aux victimes de violations passées des droits de l’homme ; par l’enregistrement des naissances ; et par la situation des enfants demandeurs d’asile, réfugiés ou migrants.

Mme Scerri Ferrante a ensuite demandé quand seraient adoptées des réglementations relatives au placement en famille d’accueil et à la prise en charge par la famille élargie, et si le Timor-Leste avait adopté un plan de désinstitutionnalisation ou de réinsertion. L’experte a voulu savoir si la prise en charge alternative faisait l’objet d’un suivi afin de garantir la sécurité de l’enfant et de s’assurer que le placement continuait de servir son intérêt supérieur. Mme Scerri Ferrante s’est aussi interrogée sur les mesures prises pour réglementer le cadre de l’adoption afin d’assurer sa pleine conformité avec la Convention, y compris s’agissant du contrôle des placements au sein des familles élargies. 

L’experte a relevé que la loi timoraise sur la migration et l’asile de 2017 imposait un délai de 72 heures pour le dépôt des demandes d’asile et qu’un recours contre le rejet d’une demande d’asile n’avait pas d’effet suspensif automatique. Elle a voulu savoir si le Timor-Leste envisageait d’adhérer aux Conventions de 1954 et 1961 sur l’apatridie afin de protéger les enfants transfrontaliers dépourvus d’enregistrement légal ; et s’il avait conclu, avec les pays voisins, des accords destinés à faciliter le retour en toute sécurité d’enfants ayant été illicitement retirés à leurs parents ou retenus.

L’experte a par ailleurs demandé de quelle protection bénéficiaient les enfants lorsque les adultes qui s’occupent d’eux sont confrontés à la justice.

Mme Scerri Ferrante a prié la délégation de décrire l’assistance dont bénéficient les enfants migrants dont la demande d’asile au Timor-Leste est rejetée.

L’experte a constaté avec inquiétude que, selon l'Inspection générale du travail au Timor-Leste, il n’existait en 2022 aucune donnée sur les infractions liées au travail des enfants, ni sur les sanctions ou condamnations prononcées pour ces faits. Elle a demandé si le Gouvernement adopterait un plan d’action en faveur des enfants vivant ou travaillant dans les rues. 

Enfin, Mme Scerri Ferrante a voulu savoir quels progrès avaient été faits pour identifier et retrouver les enfants ayant disparu pendant le conflit de 1975 à 1999. D'après le rapport, a relevé l’experte, quelque 300 enfants auraient été portés disparus au cours de cette période.

MME AYOUBI IDRISSI a jugé positif que la loi sur la protection des enfants ait été adoptée en 2023. Elle a demandé quelles mesures seraient prises – en matière de décrets d'application et de ressources humaines, financières et autres – pour permettre l’application de cette loi. L’experte a aussi demandé si le nouveau plan d’action pour l’enfance avait été précédé d’une évaluation des points forts et des points faibles du précédent plan (2016-2020). 

L’experte a salué le projet de base de données centralisée qui est en cours de développement avec l’UNICEF pour mieux suivre l’application de la Convention. Elle a voulu savoir ce qui serait mis en place, dans l’attente de l’aboutissement de ce projet, pour améliorer la collecte des données relatives à l'ensemble des domaines et à toutes les catégories d’enfants.

Mme Ayoubi Idrissi a prié la délégation de dire quel avait été l’impact du marqueur budgétaire consacré aux enfants, indicateur mentionné par Mme Granadeiro dans son allocution d’ouverture. Mme Ayoubi Idrissi a aussi voulu savoir si le Timor-Leste ratifierait le Protocole facultatif à la Convention instaurant une procédure de plainte devant le Comité.

Mme Ayoubi Idrissi a demandé si le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, ratifié par le Timor-Leste en 2003, était connu dans le pays. 

Il a été regretté que le Gouvernement n’ait pas adopté de loi destinée à faire appliquer ce Protocole facultatif. 

L’experte a suggéré au Timor-Leste, qui est en train de réviser son code civil, de relever l’âge de la majorité afin de l’aligner sur la définition de l’enfant donnée par la Convention. En l’état, a-t-elle relevé, l’âge minimum du mariage est fixé à 17 ans et il n’est pas clair si un jeune de moins de 18 ans peut ou ne peut pas être enrôlé dans l’armée.

D’autres questions de Mme Ayoubi Idrissi ont porté sur les modalités d’audition des enfants de moins de 12 ans dans les procédures judiciaires, et sur l’harmonisation de l’âge de la majorité au Timor-Leste avec la définition de l’enfant donnée par la Convention.

M. CHOPHEL a fait part de la vive préoccupation du Comité devant le fait que le taux réel d’enregistrement des naissances restait très faible au Timor-Leste, l’Enquête démographique et sanitaire (TLDHS) de 2026 ayant en effet montré que seuls 34,5 % des enfants de moins de 5 ans dans le pays détiennent un acte de naissance.

M. Chophel a par ailleurs relevé qu’il semblait subsister de sérieux obstacles à la mise en œuvre du droit des enfants à la vie privée au Timor-Leste, notamment la conception culturelle selon laquelle la vie familiale relève strictement de la sphère privée.

L’expert a demandé si le programme de bourses familiales mentionné par le Représentant permanent timorais fournissait des services de protection sociale adéquats pour les enfants vivant dans la pauvreté, en particulier en milieu rural. 

M. Chophel a souligné la grande vulnérabilité des enfants qui grandissent en milieu rural et dans les zones montagneuses, qui sont sujets à des glissements de terrain, des sécheresses, des inondations et des pénuries d’eau, autant de phénomènes qui menacent leur vie quotidienne. La moitié des enfants timorais âgés de moins de 5 ans sont exposés à un risque majeur face aux effets d’El Niño, a ajouté l’expert. 

Pour sa part, M. MEZMUR a demandé si le Gouvernement avait déjà dressé un bilan de l’application du plan de lutte contre les retards de croissance lancé en 2024. L’expert a fait état, par ailleurs, de progrès en matière de vaccination depuis 2016, même si, a-t-il relevé, des progrès restent nécessaires, le taux de couverture atteignant seulement 52 %. M. Mezmur a aussi fait remarquer que la mortalité des enfants de moins de 5 ans stagnait, sans reculer.

Enfin, M. Mezmur a relevé que de nombreux enfants commençaient l'école sans bien maîtriser la langue officielle de leur établissement, dans un contexte où une vingtaine de langues sont parlées au Timor-Leste. Il a demandé combien d'enfants étaient pris en charge dans l’enseignement préprimaire.

Des experts ont demandé comment les autorités luttaient contre le tabagisme (y compris les cigarettes électroniques) parmi les adolescents. 

Réponses de la délégation

La délégation a d’abord indiqué que la loi sur la protection de l’enfance avait été élaborée en tenant compte des contributions d’enfants appartenant à quelque 7 000 communautés. Le Gouvernement a établi un réseau de protection de l'enfance au niveau municipal. Il organise en outre des formations sur la protection des jeunes en danger à l’intention des représentants des autorités judiciaires, des policiers et des travailleurs sociaux qui sont en contact avec les mineurs, afin que ces fonctionnaires connaissent les procédures juridiques ainsi que les aides offertes aux enfants victimes d'abus. De même, le Gouvernement, en collaboration avec l’UNICEF, a mis en place une procédure de gestion des cas pour permettre aux services sociaux d'intervenir rapidement en cas de signalement.

Les autorités ont par ailleurs lancé des programmes pour aider les parents à assumer au mieux leurs responsabilités, l’accent portant sur le rôle accru que devraient jouer les pères dans l'éducation des enfants et sur la discipline positive et non violente.

L’État entend accélérer la désinstitutionnalisation grâce à un meilleur soutien au niveau communautaire. Il prend des mesures de réintégration des enfants dans leur famille lorsque les conditions y sont propices, et veille à ce que les enfants qui restent en institution ou font l’objet d’une prise en charge alternative soient mieux supervisés.

Le système d’enregistrement des naissances rencontre des problèmes résultant de la géographie et des capacités techniques limitées du pays, et aussi parce que les parents et les communautés comprennent mal l'importance de cette démarche, a indiqué la délégation.

Cependant, les mentalités évoluent, notamment parce que certaines écoles exigent désormais un extrait de naissance pour inscrire les élèves et que ce document est aussi de plus en plus souvent demandé pour le baptême des enfants, qui est une étape importante dans un pays catholique comme le Timor-Leste, a expliqué la délégation.

La loi sur l'immigration et l'asile établit un régime spécial pour l'entrée ou la sortie de mineurs non accompagnés au Timor-Leste, a poursuivi la délégation. La loi garantit en particulier le droit d'asile aux ressortissants étrangers et aux personnes apatrides persécutés. La Commission de lutte contre la traite des personnes met en place des activités dont l'objectif est de prévenir la traite d'enfants ; elle a touché, par ses campagnes, quelque 3 500 enfants entre 2023 et 2025.

Le nouveau plan d’action national en faveur des enfants est élaboré sur la base des résultats du précédent plan – qui courait de 2016 à 2020 et n’a pas été renouvelé en raison de la pandémie – et sur des consultations au niveau national et municipal associant également les enfants et les familles, a-t-il été précisé. 

Le Gouvernement mène des activités de sensibilisation aux dispositions du Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, a indiqué la délégation. 

Le Gouvernement collabore avec une organisation non gouvernementale pour protéger les enfants en situation de rue, a poursuivi la délégation. Lorsque les autorités constatent qu’un enfant ne va pas à l'école, le Ministère de l'éducation prend des mesures pour le ramener sur le chemin de l'école. Le Ministère de la solidarité apporte, pour sa part, une aide aux familles concernées, pour qu'elles puissent ouvrir une petite activité génératrice de revenus, par exemple.

Le Gouvernement a adopté des politiques et a instauré une coopération avec la société civile pour remédier au problème du retard de croissance, a indiqué la délégation. Elle a aussi mentionné l’organisation de campagnes de vaccination régulières sur le terrain.

Le programme de bourses familiales (Bolsa da Mãe) a démarré il y a plusieurs années et a fait l’objet d’une évaluation en 2026 : quelque 35 366 familles pauvres ont été couvertes jusqu’ici, avec un budget de quelque 7 millions de dollars des États-Unis. 

Les autorités ont introduit un programme de repas gratuits pour inciter les familles à envoyer leurs enfants à l’école tous les jours, en particulier les enfants qui vivent dans les régions reculées.

La situation économique du Timor-Leste, qui s’est assombrie, laisse peu de marge de manœuvre dans le domaine social, a fait remarquer la délégation. De plus, le Timor-Leste est un pays de montagnes, où les déplacements ne sont pas aisés. Cependant, l'éducation y est gratuite, tout comme la santé, a mis en avant la délégation.

Les autorités gèrent plusieurs numéros d'urgence, dont l’un est destiné aux enfants victimes de violences fondées sur le genre.

De nombreuses personnes parlent indonésien et ne maîtrisent pas le portugais, qui est l’une des langues officielles au Timor-Leste ; de plus, nombre d’enseignants ont suivi leur formation à l’époque indonésienne et doivent maintenant apprendre le portugais pour pouvoir l’enseigner, a indiqué la délégation. 

La délégation a présenté le cadre juridique adopté par le Timor-Leste pour protéger les enfants contre toute forme de discrimination, notamment l’article 18 de la Constitution, qui prévoit que chaque enfant doit bénéficier des mêmes droits et de la même protection sociale, qu'il soit né dans le mariage ou hors mariage ; ou encore la loi de 2023 déjà mentionnée, qui protège explicitement les jeunes contre toute forme de discrimination, y compris le handicap physique ou mental.

Le mariage d’enfants de moins de 17 ans est interdit par la loi timoraise, a indiqué la délégation. Le Gouvernement mène des campagnes de sensibilisation dans tout le pays, en collaboration avec la société civile, pour informer les enfants, les jeunes, les parents et les chefs communautaires des problèmes liés au mariage d’enfants.

Des amendements à la loi entreront en vigueur en janvier prochain pour officialiser et encadrer l'adoption, a poursuivi la délégation. La loi établira alors des règles relatives au processus d'adoption, conformément à la Convention et dans le plein respect des normes internationales en vigueur. En particulier, toutes les décisions prises pendant le processus d'adoption tiendront compte de l'intérêt supérieur de l'enfant. La loi instaurera en outre des critères d'éligibilité concernant les adoptants. Les enfants de plus de 12 ans auront le droit d'être entendus avant toute décision les concernant et, à partir de 15 ans, de connaître leur origine.

La loi sur l'immigration et l'asile de 2017 prévoit un régime spécial pour l'entrée ou la sortie de mineurs non accompagnés au Timor-Leste. Conformément à la Convention, les jeunes de moins de 18 ans sont considérés comme des enfants, a dit la délégation.

De manière générale, a indiqué la délégation, le Gouvernement entend améliorer la qualité de l'éducation. Il met, ce faisant, l'accent sur l'équité au profit des enfants vivant dans les zones rurales et reculées, pour qu’eux aussi bénéficient d'un bon système scolaire. D’autres priorités sont le renforcement des compétences des enseignants, l’accès aux nouvelles technologies dans les salles de classe et l’enseignement dans les langues maternelles des élèves, au moins pendant les premières années de scolarité.

Dans le même contexte, le Ministère de l'éducation s’efforce de mettre en place un environnement favorable aux enfants handicapés, compte tenu des obstacles qu’ils rencontrent. Les enseignants sont formés aux exigences de l'éducation inclusive.

S’agissant de questions relatives à la santé des enfants, il a été précisé, entre autres, que le Gouvernement s’efforçait d’élargir l’accès aux services sanitaires dans les zones reculées, encourageait l'allaitement exclusif durant les six premiers mois et menait des activités intégrées pour lutter contre la malnutrition chronique. De plus, les services publics compétents renforcent les mesures visant les écoles, les familles et les communautés en vue de prévenir le tabagisme et la consommation d'alcool par les adolescents. 

Concernant la justice pour mineurs, la délégation a fait savoir que le Ministère de la justice avait pour objectif de passer d'un modèle répressif à un modèle axé sur la réinsertion sociale. En l’état, la loi dispose notamment que les jeunes en conflit avec la loi âgés de 16 à 20 ans doivent, dans le cadre de la détention préventive, être séparés des adultes, et qu’ils ont le droit de rester en contact avec leurs parents et d'avoir accès à l'éducation et à la santé.

Le Gouvernement applique, d’autre part, un programme de préservation de la mémoire historique du conflit survenu au Timor-Leste entre 1974 et 1999, et œuvre en même temps à la réconciliation et à la consolidation de la paix. De plus, quelque 150 enfants portés disparus pendant le conflit ont été localisés par un groupe de travail chargé de cette question et ont retrouvé leurs familles.

La délégation a ensuite expliqué que son armée ne comptait que 1 500 militaires actifs, la plupart enrôlés pendant la guerre d’indépendance. Le processus de recrutement strict actuellement appliqué impose notamment aux recrues d’avoir terminé l’école secondaire et donc d’avoir atteint ou dépassé l’âge de 18 ans. Le problème du recrutement de mineurs appartient au passé, a assuré la délégation.

Le service public et une organisation non gouvernementale assurent une prise en charge en santé mentale des jeunes ayant perdu leurs parents pendant le conflit, a aussi indiqué la délégation. 

Remarques de conclusion

MME SCERRI FERRANTE a salué les progrès importants réalisés par le Timor-Leste pour renforcer la protection et la promotion des droits des enfants, y compris ses initiatives en faveur de l’inclusion des enfants handicapés. Elle a relevé que le dialogue avait mis en lumière plusieurs domaines où des difficultés subsistent, tels que la protection contre les maltraitances, la négligence, l’exploitation et les pratiques préjudiciables, ou encore l'enregistrement des naissances et la santé des adolescents.

M. DA CONCEIÇÃO a assuré que son Gouvernement donnerait des suites concrètes au dialogue, et qu’il continuerait d’œuvrer pour que les enfants timorais puissent grandir dans un environnement sain et inclusif.

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