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Connue comme le "prédécesseur des Nations unies", la Société des Nations (1920 - 1946) était une organisation intergouvernementale dont le but était de "promouvoir la coopération internationale et de réaliser la paix et la sécurité internationales".

La création de la Société des Nations a marqué une nouvelle ère dans les relations internationales : des gouvernements de toutes les parties du monde se sont assis à une même table pour trouver des solutions pacifiques aux problèmes et différends politiques. Cela contrastait fortement avec la manière dont les relations intergouvernementales étaient gérées auparavant : dans un réseau d'alliances (parfois cachées, parfois fragiles) et assez souvent par l'application de la simple force. 

Mais le monde sortait tout juste d'une guerre dévastatrice qui avait fait des millions de victimes, détruit des villes et laissé des gens partout lutter pour leur survie. Une approche différente était nécessaire.  

Fondation de la Société des Nations

Après qu'une série d'armistices bilatéraux ait mis fin aux hostilités, les puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale se sont réunies à la Conférence de Paris en 1919 pour négocier des accords de paix complets. Elles ont rédigé et signé le traité de Versailles qui mettait officiellement fin à l'état de guerre entre l'Allemagne et les puissances alliées et associées. La première partie du traité était le Pacte de la Société des Nations, le document qui constituait la Société des Nations et définissait son objectif et ses activités. 

Le Pacte couvre de nombreux aspects de l'organisation, notamment les conditions d'adhésion, la nomination d'un secrétaire général, l'établissement du secrétariat de la Société des Nations à Genève et son budget. D'autres articles du Pacte traitent du sujet de la Société, notamment le désarmement, les mandats politiques et sociaux, et clarifient les obligations et les droits des États membres afin de promouvoir la coopération internationale.

La Société des Nations n'a pu commencer à fonctionner, formellement et officiellement, que lorsque le traité de Versailles est entré en vigueur après sa ratification par toutes les parties. Ainsi, la Société des Nations a officiellement commencé ses activités le 10 janvier 1920.

L'organisation était ouverte à tous les États, à condition qu'ils remplissent certaines conditions et qu'ils obtiennent une majorité de 2/3 des voix en faveur de leur admission. En janvier 1920, 42 nations étaient membres de la Société.
 

La Société au travail

Comme indiqué dans le Pacte, la Société des Nations était composée de trois organes principaux : L'Assemblée, où tous les États membres étaient représentés sur un pied d'égalité ; le Conseil, qui était composé de membres permanents et non permanents ; et le Secrétariat, qui effectuait le travail quotidien au siège de la Société à Genève, en Suisse.  

En outre, une Cour internationale a été créée à La Haye, aux Pays-Bas, pour résoudre les différends entre les nations de manière pacifique. Enfin, l'Organisation internationale du travail (OIT) a été créée dans le but d'améliorer les conditions de travail des personnes dans le monde.  Bien que leurs débuts soient directement liés à la création de la Société des Nations, les deux organisations ont travaillé indépendamment de cette dernière. 

La Société des Nations a résolu plusieurs désaccords internationaux de manière pacifique, notamment dans ses premières années : Les différends entre la Suède et la Finlande, et entre la Grèce et la Bulgarie ont été réglés. L'admission de l'Allemagne à la Société en 1926, suite à l'amélioration des relations entre son gouvernement et les Alliés de la Première Guerre mondiale, a suscité un grand optimisme en Europe.  

La Société des Nations a également remporté des succès remarquables dans le domaine de la coopération internationale. Des conférences, des comités intergouvernementaux et des réunions d'experts se sont tenus à Genève, dans des domaines aussi divers que la santé et les affaires sociales, les transports et les communications, les affaires économiques et financières et la coopération intellectuelle. Ce travail fructueux a été validé par la ratification de plus de cent conventions par les États membres. 

This black and white image from 1927 depicts a conference room full of delegates who are attending an international economic conference

La transition vers les Nations unies

Dans les années 1930, l'esprit de coopération cède progressivement le pas à la montée du nationalisme. Des membres importants comme l'Allemagne, l'Italie et le Japon quittent l'organisation et, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, beaucoup ont abandonné la Société des Nations pour revenir au système traditionnel d'alliances défensives et de blocs de pouvoir. Pour la deuxième fois en moins de trois décennies, des villes, des paysages et des populations entières ont été rasés. 

À la fin de la guerre, 43 États étaient encore membres de la Société des Nations, même si, à toutes fins utiles, l'organisation avait cessé d'exister. Ce qui a prévalu, c'est la compréhension entre les nations qu'un partenariat mondial serait crucial pour protéger leurs peuples d'une autre guerre destructrice. 

En 1945, 50 gouvernements se sont réunis pour former les Nations unies : une organisation présentant des similitudes remarquables avec la Société des Nations, mais reposant sur une structure plus solide, avec des membres engagés, et dotée d'outils plus efficaces pour prévenir ou contenir les conflits.

Lorsque la Société des Nations a officiellement cessé d'exister en 1946, tous ses biens et documents ont été transférés aux Nations unies, y compris ses bâtiments et terrains, sa bibliothèque et, enfin et surtout, ses archives et collections historiques. L'héritage de la Société des Nations est toujours présent aujourd'hui : Le personnel de l'ONU basé à Genève continue de travailler dans le Palais des Nations historique, où les documents de la Société des Nations sont conservés jusqu'à aujourd'hui. Conscients de la valeur des documents de la Société des Nations, tous les dossiers sont actuellement en cours de numérisation afin de permettre un accès total à l'histoire du multilatéralisme (en anglais).